Municipales 2026 – Vers un pacte communal de cohésion et de défense

par Guy Lavocat , Loïc Hervé , Thomas Gassilloud le 10 mars 2026
Face aux crises climatiques, sécuritaires ou informationnelles, la résilience nationale ne se joue pas seulement au sommet de l’État. Elle s’ancre aussi dans les territoires, là où se tissent les solidarités concrètes et où s’organise la première réponse aux situations d’urgence. Dans cette treizième et dernière note de notre série consacrée aux municipales, Guy Lavocat, Loïc Hervé et Thomas Gassilloud plaident pour un renforcement du rôle des communes dans la cohésion et la défense du pays, en faisant du niveau municipal un pilier de la résilience démocratique et civique.
Guy Lavocat, Loïc Hervé et Thomas Gassilloud défendent l’idée que les communes constituent le premier cercle de protection de la Nation. Loin de transformer les municipalités en structures militarisées, il s’agit de reconnaître leur rôle central dans la préparation et la gestion des crises, ainsi que dans le maintien de la cohésion sociale. La note rappelle que le maire occupe déjà une position stratégique dans la gestion des situations d’urgence. En tant qu’autorité de police et directeur des opérations de secours, il coordonne la réponse locale face aux crises. Les auteurs encouragent ainsi les communes à renforcer leurs capacités de préparation et d’anticipation, notamment à travers le Plan communal de sauvegarde et la création ou le développement de réserves communales de sécurité civile mobilisant des citoyens volontaires. Au-delà de la gestion des crises, les auteurs appellent à réhabiliter une culture de l’engagement et de l’esprit de défense à l’échelle locale. Les communes peuvent jouer un rôle actif dans le renforcement du lien Armée-Nation, dans l’accompagnement de la jeunesse après les dispositifs nationaux de sensibilisation à la défense, et dans la promotion des formes d’engagement civique telles que les réserves, la sécurité civile ou le service civique. Enfin, la note insiste sur la dimension quotidienne de la cohésion nationale. La tranquillité publique, la protection des agents et des élus, le soutien aux associations et la prévention des violences constituent autant de conditions nécessaires pour préserver la confiance civique. En proposant une boussole en trois verbes (protéger, relier, rassembler), les auteurs invitent les communes à assumer pleinement leur rôle dans la résilience démocratique et sociale du pays à l’approche des élections municipales de 2026. Guy Lavocat est ancien député européen, colonel en retraite et expert sur les questions de service national. Loïc Hervé est sénateur de la Haute-Savoie, responsable de la commission Défense du Laboratoire de la République. Thomas Gassilloud est député du Rhône, président de la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale de 2022 à 2024. Municipales 2026 - Vers un pacte communal de cohésion et de défenseTélécharger

Municipales 2026 – Désinformation, IA et territoires : la nouvelle vulnérabilité démocratique

par Thierry Taboy le 9 mars 2026
À l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle générative, la désinformation change d’échelle et de nature. Longtemps associée aux grandes campagnes électorales nationales, elle touche désormais aussi les territoires, où les moyens de veille sont plus limités et les débats publics plus vulnérables aux manipulations. Dans cette douzième note de notre série consacrée aux municipales, Thierry Taboy, responsable de la commission Technologie du Laboratoire de la République, analyse l’émergence d’une nouvelle fragilité démocratique locale face à la désinformation amplifiée par l’intelligence artificielle.
Dans cette note, Thierry Taboy montre comment l’écosystème informationnel contemporain fragilise l’une des conditions fondamentales de la démocratie : l’existence d’une réalité partagée permettant le débat public. La combinaison des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle générative et d’opérations d’influence étatiques a profondément transformé les stratégies de manipulation de l’information, désormais organisées à grande échelle. L’auteur revient notamment sur les campagnes d’ingérence documentées par VIGINUM, comme l’opération « Doppelgänger », qui consiste à imiter l’apparence de médias reconnus pour diffuser de faux contenus crédibles. L’objectif n’est pas toujours de convaincre, mais souvent de saturer l’espace informationnel et d’installer un doute généralisé quant à la fiabilité des informations disponibles. Thierry Taboy souligne que ces stratégies ne visent plus seulement les grandes élections nationales. Les territoires deviennent un terrain d’expérimentation privilégié : les débats locaux sont moins médiatisés, les dispositifs de veille plus faibles et les sujets (urbanisme, environnement, sécurité) particulièrement sensibles. Dans ce contexte, les réseaux sociaux jouent un rôle d’amplificateur, leurs algorithmes favorisant les contenus émotionnels qui circulent plus rapidement que les informations vérifiées. Enfin, l’auteur met en garde contre une réponse exclusivement technologique. Si les outils de détection et la régulation des plateformes sont nécessaires, la résilience démocratique repose aussi sur des facteurs sociaux : l’éducation aux médias, la vitalité de la presse locale et l’existence d’espaces de discussion dans les territoires. À l’heure où l’intelligence artificielle facilite la production massive de contenus trompeurs, le véritable enjeu consiste à préserver les conditions mêmes d’un débat démocratique fondé sur des faits partagés. Thierry Taboy est responsable de la commission Technologie du Laboratoire de la République, membre du conseil d’administration du think tank Impact AI. Municipales 2026 - Désinformation, IA et territoiresTélécharger

Municipales 2026 – Investir dans l’intelligence artificielle et dans les citoyens

par David Lacombled le 6 mars 2026
L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un nouvel outil de l’action publique locale. Des services administratifs à la gestion urbaine, en passant par la sécurité ou l’information des citoyens, elle promet des gains d’efficacité mais soulève aussi des questions démocratiques et sociales. Dans cette onzième note de notre série consacrée aux municipales, David Lacombled, président de La villa numeris, analyse la place croissante de l’IA dans les programmes municipaux et plaide pour une approche équilibrée : investir dans les technologies, mais surtout dans les citoyens qui devront les comprendre, les utiliser et en encadrer les usages.
David Lacombled montre que l’intelligence artificielle est désormais au cœur des stratégies d’attractivité et de modernisation des communes. Les élections municipales reflètent cette évolution : comme hier les sites web, les réseaux sociaux ou la visioconférence, l’IA devient un marqueur de modernité politique. Pour les collectivités, ne pas s’approprier ces technologies comporte un risque de déclassement économique et territorial, alors que les habitants et les entreprises y recourent déjà massivement. La note passe en revue les principaux usages envisagés par les candidats : vidéosurveillance algorithmique, mairies « augmentées » grâce aux outils génératifs, agents conversationnels capables de répondre aux questions des administrés, ou encore optimisation de la gestion publique par l’analyse automatisée des données. Ces promesses technologiques s’inscrivent toutefois dans un débat politique plus large, notamment autour des questions de sécurité, de protection des libertés et de qualité du service public. David Lacombled souligne également un paradoxe : alors que les citoyens utilisent de plus en plus les outils numériques, beaucoup perçoivent une dégradation du lien avec les services publics. L’IA ne doit donc pas devenir un facteur supplémentaire de distance administrative. Elle doit au contraire améliorer l’accès aux services tout en maintenant la possibilité d’un contact humain, ce qui implique de former les agents publics et d’accompagner les usages. Enfin, la note insiste sur la dimension sociale et éducative de la transition numérique. Dans un pays où une part importante de la population demeure en difficulté face au numérique, les communes ont un rôle essentiel à jouer pour éviter l’exclusion. Développement de tiers-lieux, initiatives locales de sensibilisation, émergence future de « Maisons de l’IA » : l’enjeu n’est pas seulement technologique. Il est démocratique. Pour les élus locaux, investir dans l’intelligence artificielle n’a de sens que s’ils investissent d’abord dans les citoyens. David Lacombled est président de La villa numeris. Municipales 2026 - Investir dans l'IA et dans les citoyensTélécharger

Municipales 2026 – Gouverner les réseaux : un impératif de démocratie locale

par Nicolas Burblis le 5 mars 2026
Longtemps considérés comme de simples infrastructures techniques, les réseaux d’eau, d’énergie, de mobilité ou de télécommunications sont devenus des objets éminemment politiques. Ils conditionnent la résilience des territoires, leur attractivité et la continuité des services essentiels face aux crises climatiques et aux tensions économiques. Dans cette dixième note de notre série consacrée aux municipales, Nicolas Burblis défend une conviction : gouverner les réseaux est désormais un impératif de démocratie locale.
Les infrastructures en réseau structurent le quotidien des habitants et engagent le temps long. À ce titre, elles ne peuvent plus être laissées à une approche exclusivement technicienne. Les choix d’investissement, d’entretien et de modernisation relèvent pleinement de la responsabilité politique des élus, devant les citoyens. Nicolas Burblis, responsable de la commission Territoire du Laboratoire de la République, met en lumière une exigence centrale : la lisibilité démocratique. Face à des réseaux vulnérables et à des investissements massifs à engager pour renforcer leur résilience, les citoyens attendent des décisions claires, expliquées et assumées. Gouverner les réseaux suppose donc un effort pédagogique, une transparence accrue et une capacité à inscrire les arbitrages techniques dans un projet territorial cohérent. Dans cette note, il met également en garde contre la tentation récurrente de rechercher un « bon échelon » institutionnel en déplaçant les compétences vers des niveaux plus éloignés. Il défend au contraire le rôle du bloc communal et de l’intercommunalité, soulignant que la mutualisation des moyens ne doit pas conduire à un affaiblissement de la responsabilité politique locale, mais en être le prolongement. Enfin, il appelle l’État à stabiliser le cadre normatif et institutionnel. Dans un domaine où les décisions engagent plusieurs décennies, l’instabilité législative et l’inflation normative fragilisent l’action publique. Stabiliser, réguler avec cohérence et laisser aux élus locaux les moyens d’assumer leurs compétences : telle est la condition d’une gouvernance des réseaux à la fois efficace et pleinement démocratique. Nicolas Burblis est responsable de la commission Territoire du Laboratoire de la République. Municipales 2026 - Gouverner les réseauxTélécharger

Municipales 2026 – Un mandat décisif pour préparer nos communes au choc climatique

par Agnès Pannier-Runacher , Marine de Bazelaire le 4 mars 2026
À l’approche des élections municipales de 2026, le climat ne constitue plus un thème parmi d’autres : il devient le cadre dans lequel s’inscrira l’ensemble de l’action locale. Canicules à répétition, inondations, tensions sur l’eau et l’énergie : le dérèglement climatique façonne déjà le quotidien des communes et redéfinit les priorités des exécutifs municipaux. Dans cette neuvième note de notre série consacrée aux municipales, Marine de Bazelaire et Agnès Pannier-Runacher signent un texte de référence pour penser ce tournant, au nom de la commission Environnement-Agriculture du Laboratoire de la République. Elles y proposent une feuille de route opérationnelle pour faire du mandat 2026–2032 un temps d’anticipation stratégique et de transformation durable des territoires.
À l’approche des élections municipales de 2026, une certitude s’impose : le climat structurera l’ensemble des politiques locales du prochain mandat. Canicules, inondations, tensions sur l’eau, pression sur les ressources et les finances publiques placent déjà les communes en première ligne. Le mandat 2026–2032 ne sera pas un mandat ordinaire ; il sera jugé sur la capacité des équipes municipales à anticiper, protéger et transformer leur territoire. La commission Environnement-Agriculture du Laboratoire de la République défend dans cette note une conviction forte : l’adaptation ne se décrète pas depuis Paris, elle se construit localement. Le maire dispose de leviers déterminants (urbanisme, rénovation des bâtiments publics, mobilités, gestion de l’eau et des déchets, restauration collective...) mais doit les inscrire dans une stratégie cohérente, articulant atténuation et adaptation face à une trajectoire climatique pouvant atteindre +4 °C en France à horizon 2100. La note propose une méthode claire pour les premiers mois du mandat : établir un diagnostic précis des vulnérabilités, hiérarchiser les priorités, engager rapidement les actions consensuelles, planifier à l’échelle intercommunale et sécuriser des montages financiers adaptés. Elle montre que la transition écologique locale n’est ni un catalogue de mesures ni un mur budgétaire, mais un projet politique structurant, à condition d’être anticipé, piloté et expliqué aux citoyens. Les autrices Marine de Bazelaire et Agnès Pannier-Runacher, avec la participation de Swann Riché, appellent ainsi les futurs exécutifs municipaux à assumer pleinement leur responsabilité historique : faire du choc climatique non pas une fatalité subie, mais le point de départ d’un projet de territoire résilient, attractif et durable. Marine de Bazelaire est CEO Regain Nature, ancienne Directrice Capital Naturel du Groupe HSBC. Agnès Pannier-Runacher est ancienne ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt et de la Pêche, députée de la 2ème circonscription du Pas-de-Calais. Avec la participation de Swann Riché, sherpa de la commission Environnement-Agriculture du Laboratoire de la République et étudiant en master 2 de droit international et comparé de l’environnement. La commission Environnement-Agriculture du Laboratoire de la République tient à remercier Guillaume Sainteny ainsi qu’Éric Hazan, co-fondateur d’Ardabelle Capital, enseignant à HEC et à Sciences Po, expert de l’impact de la technologie et de l’IA sur la société et l’économie, auteur avec Frédéric Salat-Baroux de « Révolution par les territoires » (Éditions de l’Observatoire) et, avec Olivier Sibony, de « Faut-il encore décider ? La décision humaine à l’ère de l’intelligence artificielle » (Flammarion), pour leur contributions à la rédaction de cette note. Municipales 2026 - Préparer nos communes au choc climatiqueTélécharger

Municipales 2026 – École, territoires et politiques éducatives locales

par la commission Éducation le 3 mars 2026
À l’approche des élections municipales de 2026, l’école s’impose comme un enjeu territorial majeur. Baisse rapide de la démographie scolaire, tensions autour des fermetures de classes, qualité du périscolaire, organisation des temps éducatifs : les communes se trouvent au cœur de mutations profondes. Dans cette huitième note de notre série consacrée aux élections municipales, la commission Éducation du Laboratoire de la République propose des orientations concrètes pour faire de la politique éducative locale un levier stratégique des prochaines municipales.
Dans un contexte marqué par une diminution inédite du nombre d’élèves (avec une baisse projetée d’un million d’ici 2029 par rapport à 2019), cette note de la commission Éducation du Laboratoire de la République analyse les conséquences territoriales de la transition démographique et appelle à repenser la gouvernance éducative locale. Si l’État conserve des compétences centrales, l’école constitue une responsabilité partagée avec les communes, dont l’action dépasse largement le seul cadre des obligations légales. La commission Éducation plaide pour une continuité éducative fondée sur une gouvernance plus étroitement concertée entre services académiques et élus locaux. S’agissant des territoires ruraux, la note dresse un bilan contrasté des conventions de ruralité mises en place depuis 2014 et des Observatoires des Dynamiques Rurales et Territoriales généralisés depuis 2023. Si ces dispositifs ont amélioré le dialogue et la visibilité, ils demeurent insuffisants pour garantir des engagements pluriannuels sur les moyens. La commission Éducation propose de relancer des conventions intercommunales adossées aux Territoires Éducatifs Ruraux, permettant de conditionner le maintien des postes à des efforts de restructuration, tout en soutenant la modernisation du bâti scolaire et l’amélioration des transports adaptés aux réalités locales. La note aborde également la question des temps scolaires, à la lumière des propositions formulées par la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant réunie au CESE. Elle invite les maires à adapter les horaires aux besoins des territoires et à renforcer l’articulation entre temps scolaire et périscolaire. Une attention particulière est portée à la qualité et à la sécurité des activités périscolaires, à l’inclusion des enfants en situation de handicap, ainsi qu’à la nécessité de structurer une véritable politique de ressources humaines et d’évaluation des contenus proposés. Enfin, la commission Éducation insiste sur la mobilisation des instances locales existantes (conseils municipaux de jeunes, maisons de la jeunesse, conseils locaux associant Éducation nationale et collectivités) afin de renforcer la concertation et l’implication des familles et des jeunes. La condition centrale d’une politique éducative territoriale cohérente et durable demeure un dialogue structuré et exigeant entre l’État et les élus locaux, seul à même de répondre aux défis démographiques et sociaux à venir. Municipales 2026 - École, territoires et politiques éducatives localesTélécharger

Pour rester informé
inscrivez-vous à la newsletter

S'inscrire