Auteur : L'équipe du Lab'

La voix de la jeunesse : quels défis et quelle responsabilité pour la protection de l’environnement ?

par L'équipe du Lab' le 5 juin 2024 journée internationale de l'environnement SITE
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le Laboratoire de la République interroge certains de ses membres les plus jeunes. Babette, Foucauld et Thomas partagent avec nous leurs opinions et leurs perspectives sur les enjeux environnementaux actuels. Cette année, la campagne de la Journée mondiale de l'environnement se concentre sur la restauration des terres, la désertification et la résilience à la sécheresse.
Le Laboratoire de la République : Quelles sont les principales menaces environnementales auxquelles notre planète fait face aujourd’hui ? Babette : En premier lieu, je mettrais en avant la crise climatique et le réchauffement global. J'envisage cette situation de manière alarmiste. Pour moi, la crise climatique est la principale menace, car le climat est le préalable indispensable à toute vie, humaine, végétale, animale. Mais il ne faut pas oublier la crise de la biodiversité et la crise de l'eau, dont l’ampleur et l’impact sont aussi inquiétants. L’ensemble de ces crises rend nécessaire la transition écologique. En parallèle, il est crucial d'agir sur la pollution de l'air, cause et conséquence du réchauffement climatique, car ses conséquences sanitaires sont déjà visibles à très court terme. La pollution de l'air est un problème sérieux, particulièrement en région parisienne, mais aussi dans le reste de la France. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'air est pollué même dans des zones qui semblent préservées : il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique. Personnellement, j'ai développé de l'asthme à cause de la qualité de l'air. En France, la pollution de l'air cause 40 000 décès par an et rien que pour ça, il est crucial d’agir à l’échelle nationale même si la France n’est pas le pays le plus émetteur. Foucauld : Oui, je suis d'accord avec Babette, et j'adjoindrai également la perte de biodiversité. L'eau est, bien entendu, un autre enjeu majeur. J’ajouterai que l'homme est aussi une grande menace pour la planète. Thomas : Il y a d'abord l'activité agricole, car le modèle agricole dominant actuel constitue une menace indéniable pour l'environnement. À cela s'ajoutent plusieurs autres facteurs. L'expansion urbaine, par exemple, est problématique. Le modèle actuel d'expansion des villes et de développement pavillonnaire contribue à l'artificialisation des sols, perturbant les cycles de l'eau, du carbone et de l'azote. En résumé, les pratiques agricoles, l'urbanisation, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre liées aux industries et aux activités humaines, y compris la déforestation, posent de sérieux problèmes environnementaux. Le Laboratoire de la République : Pensez-vous que les politiques nationales et européennes actuelles sur l'environnement sont suffisantes pour répondre aux défis écologiques ? Babette : Je pense qu'on ne fait pas assez, bien que je sois pleinement consciente de l'ampleur de la tâche. Changer de modèles politique, économique, social, commercial, technologique, et industriel ne se fait pas en un claquement de doigts. Cela prend du temps, et nous sommes vraiment à un tournant crucial. Nous commençons peut-être à comprendre qu'il faut réformer certains aspects de notre modèle actuel. Cependant, en regardant ce que disent les scientifiques, il est clair que nous ne faisons pas assez et que nous risquons d’excéder les limites définies par l’accord de Paris. Cela dit, je reconnais que des efforts sont faits, et la France joue un rôle de leader au niveau international. J'essaie de me concentrer sur les faits concrets plutôt que sur les grandes idées, car même si elles sont inspirantes, leur mise en œuvre pratique est souvent difficile. Je suis pragmatique et préfère observer les progrès réalisés plutôt que de me focaliser uniquement sur ce qui devrait être fait, bien que ce cadre soit important à garder en tête. À l'échelle européenne, la France est également un moteur dans cette dynamique. Nous verdissons considérablement nos stratégies diplomatiques, ce qui est à mon avis très positif. Foucauld : Il y a un élément essentiel à considérer : une politique nationale seule ne peut pas suffire à lutter contre le réchauffement climatique. Des politiques à grande échelle, que ce soit au niveau européen ou international, sont indispensables. Ensuite, il est incontournable d'adopter des mesures politiques pour gérer la raréfaction de l'eau, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le modèle agricole global, et la perte de biodiversité. Il est donc nécessaire de passer par des actions politiques globales pour agir efficacement contre le réchauffement climatique. Le problème est que plus il y a d'acteurs impliqués, plus il est difficile de parvenir à un consensus, car chaque pays a ses propres intérêts à préserver et ses propres activités à maintenir. La France, par exemple, étant un pays largement développé, peut se permettre de se poser ces questions, contrairement à des pays en voie de développement qui ont des priorités différentes, comme leur propre croissance économique avant les considérations écologiques. C'est une dynamique souvent observée lors des COP et c'est également le principal obstacle des accords de Paris : certains pays respectent ces accords, tandis que d'autres ne le font pas, chacun ayant ses propres intérêts à défendre. Thomas : Il est essentiel d'avoir une approche globale pour lutter contre le réchauffement climatique, car chaque pays n'avance pas au même rythme. En France, de nombreuses actions sont mises en place, comme la loi Climat et Résilience visant la zéro artificialisation nette des sols. Cependant, cette loi ne résout pas entièrement les problèmes liés à l'expansion urbaine et aux maisons individuelles. En Europe, de nombreuses normes environnementales sont établies avec le Pacte Vert. La PAC, bien qu'initialement non axée sur l'environnement, inclut désormais des objectifs de verdissement. Cependant, ces derniers sont insuffisants pour encourager une transition ambitieuse des pratiques agricoles. À l'échelle mondiale, il est difficile de parvenir à un consensus global, mais des progrès notables sont réalisés. Par exemple, les pays du Moyen-Orient, autrefois réticents, s'engagent désormais dans des accords internationaux. À la COP28, les signataires ont promis de tripler la capacité d'énergie renouvelable d’ici 2030, un engagement significatif. Ces accords permettent également aux ONG d'attaquer les États qui ne respectent pas leurs engagements. Il est crucial de reconnaître ces avancées et de voir le verre à moitié plein, car les progrès, bien que lents, sont exponentiels et donneront des résultats positifs à long terme. Le Laboratoire de la République : Avez-vous déjà participé à des initiatives ou des projets visant à protéger l'environnement, et quels gestes écologiques pratiquez-vous au quotidien pour réduire votre empreinte carbone ? Babette : Je ne suis pas engagée dans des associations, mais j'ai entrepris des démarches personnelles, petit à petit. Il existe de nombreux leviers pour réduire son empreinte carbone, et je suis persuadée que chacun peut identifier les comportements durables qui sont le moins coûteux (en temps, en argent, en efforts) pour lui. Mes efforts personnels se concentrent sur la réduction des déchets. Beaucoup d’alternatives durables aux objets à usage unique peuvent être utilisées rapidement et facilement : souvent, elles sont moins chères et similaires sur le plan pratique. Je ne calcule pas mon empreinte carbone précisément, mais j'essaie d'adopter un mode de vie plus durable, de faire des petites choses à mon échelle. Par exemple, j'ai réduit ma consommation de viande sans l'éliminer totalement, je fais attention à ma consommation d’eau. J'essaie aussi de convaincre mes proches d'adopter des gestes faciles à mettre en place. Je pense que nous avons besoin de politiques publiques et de mesures facilitatrices. Je suis vraiment contre l'idée de faire peser toute la responsabilité écologique sur le citoyen lambda. Quand on nous dit qu'il faudrait limiter nos voyages en avion, je dis non, car l'ouverture au monde est cruciale. Et il est exclu d’imposer cette contrainte aux individus et pas aux énormes industries dont on ne compte pas les bateaux et avions en transit. Il faut une réforme des modèles industriels et économiques, peut-être grâce à un marché des quotas carbone plus ambitieux. Foucauld : Je n'ai jamais participé à une manifestation pour le climat non plus. Il y a une différence générationnelle : ceux qui participent à ces manifestations sont souvent plus jeunes. Moi, j'étais déjà en études supérieures quand cela a commencé, et ce n'était pas une activité courante, surtout en école de management. C'est un effet générationnel. Thomas : Je n'ai jamais participé aux marches pour le climat, mais fais des efforts pour trier mes déchets par exemple. Je continue à manger de la viande, mais de moins en moins, conformément aux recommandations sanitaires. Je trouve toujours aberrant d'utiliser des bouteilles d'eau en plastique. Je minimise ma consommation d'eau lorsque je prends une douche et cuisine, c’est un sujet très important. Pour mes déplacements, je maximise le train. Il est important de savoir que lors de la crise de la COVID-19, les émissions de CO2 mondiales ont fortement diminué, induisant une baisse de 7% des émissions en 2020. Cela signifie que la plupart des émissions de CO2 sont liées à un défi plus grand, et que nous devons prendre de plus forts engagements pour être à la hauteur. Foucauld : Je te rejoins sur ce point. Je perçois une réelle attente de progrès de la part de cette génération, combinée à une incompréhension de la complexité du fonctionnement du monde. C'est un schéma commun à toutes les générations plus jeunes, où il y a souvent une lutte initiale suivie par la réalisation que le monde est bien plus complexe qu'on ne le pensait. En ce qui concerne les négociations climatiques internationales, je pense qu'il est important de ne pas considérer le verre comme à moitié vide. Les négociations climatiques ont leur importance, même si elles ne progressent pas aussi vite que certains le souhaiteraient. Nous ne pouvons pas ignorer des pays comme les Émirats arabes unis ou l'Arabie saoudite, même s'ils sont des gros émetteurs de CO2, car ce sont aussi des acteurs importants dans la transition vers les énergies renouvelables. Une incompréhension fondamentale réside dans le fossé entre la volonté politique écologique et la réalité vécue par les citoyens. La crise des Gilets jaunes en est un exemple frappant. Certaines mesures écologiques ont un impact disproportionné sur des populations qui utilisent leur voiture par nécessité pour se rendre au travail. Il y a aussi une résistance à la densification urbaine, même si cela pourrait être une solution pour réduire l'artificialisation des sols. En somme, il existe un écart entre les aspirations écologiques et la réalité quotidienne des gens, qui souvent privilégient leur confort immédiat sans toujours considérer les implications à long terme sur l'environnement. Babette Depanian est étudiante en Master 2 Affaires publiques à Science Po Paris. Foucauld Kneuss est chargé de mission dans l’enseignement supérieur. Thomas Jay est étudiant en 1ère année de cursus ingénieur à AgroParisTech.

Sortie de l’ouvrage collectif « Europe, maîtriser notre avenir. Les voies du renouveau »

par L'équipe du Lab' le 3 mai 2024 Presentation_ouvrage
Jeudi 2 mai, le Laboratoire de la République réunissait tous les auteurs de son ouvrage collectif "Europe, maîtriser notre avenir. Les voies du renouveau".
Dans le cadre des élections européennes du 9 juin prochain, Le Laboratoire de la République a réuni un ensemble de personnalités et de membres de ses commissions pour offrir une perspective diversifiée sur les enjeux européens contemporains. Télécharger l'ouvrage en format numérique Se procurer l'ouvrage en format broché sur Amazon L'ouvrage « Europe, maîtriser notre avenir. Les voies du renouveau » explore neuf thèmes essentiels, reflétant les préoccupations majeures de la société européenne actuelle. Parmi ces thèmes figurent la défense européenne, la position de l'Europe sur la scène internationale, la lutte contre les risques de fragmentation des États de l'Union, la promotion d'une Europe offensive face à l'intolérance, la question migratoire, l'impact de l'intelligence artificielle sur l'économie, notre destinée numérique face au développement de l'IA, le renforcement de l'Europe sociale, et enfin, les enjeux du changement climatique à l'échelle globale et européenne.

Forte mobilisation pour une géopolitique de la démocratie en Orient

par L'équipe du Lab' le 1 mai 2024
Mardi 30 avril, l'Assemblée nationale a été le lieu d'une forte mobilisation pour la promotion et le combat des valeurs démocratiques dans la région du Moyen-Orient et du Caucase.
« Défendre nos valeurs, c’est aussi défendre nos intérêts » Le mardi 30 avril 2024, la conférence ayant eu lieu à l’Assemblée nationale avait pour objectif de débattre des défis auxquels sont confrontées les forces démocratiques au Moyen-Orient et dans le Caucase, en mettant notamment en lumière les situations de l'Arménie, d'Israël et du Kurdistan. La conférence a offert une tribune d'échange et de réflexion autour des enjeux cruciaux pour la démocratie dans cette région complexe du monde. Parmi les intervenants, on comptait des personnalités de renom telles qu'Eric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël, Frédéric Encel, géopolitologue et essayiste, Patrice Franceschi, écrivain spécialiste de la région, Anne-Laurence Petel, députée et présidente du groupe d’amitié France-Arménie, Hasmik Tolmajian, Ambassadrice d’Arménie en France, et Tigrane Yegavian, journaliste et chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement. Les débats ont abordé plusieurs thématiques majeures, notamment les perspectives d'élargissement des alliances pour les forces démocratiques, les relations avec les pays prônant une logique de paix et le soutien aux oppositions dans les régimes hostiles au modèle démocratique. Les intervenants ont souligné l'importance de renforcer les liens entre les nations partageant des valeurs démocratiques et de soutenir activement les mouvements en faveur de la démocratie dans les régions où elle est menacée. On a noté que certaines alliances paradoxales et contradictoires aux intérêts démocratiques de la région devraient être remises en cause. Merci aux députés Sarah Tanzilli, Benjamin Haddad et Mathieu Lefèvre pour leur intervention. https://youtu.be/3fZNTwTsYas Crédits photos : Lydia Kasparian

Retour sur la conversation éclairée de Nicolas Tenzer

par L'équipe du Lab' le 26 avril 2024 CE_Nicolas_Tenzer
Mercredi 24 avril, Brice Couturier et Chloé Morin ont reçu Nicolas Tenzer pour parler de son dernier ouvrage "Notre guerre : Le crime et l’oubli : pour une pensée stratégique", publié par les éditions de l'Observatoire
Lors de notre conversation éclairée mensuelle, Brice Couturier et Chloé Morin ont accueilli Nicolas Tenzer pour discuter de son dernier ouvrage, « Notre guerre : Le crime et l’oubli : pour une pensée stratégique », publié par les éditions de l'Observatoire. N. Tenzer a exposé la nécessité d'une stratégie lucide dans un monde où les certitudes passées obscurcissent les dangers futurs. Il a souligné l'urgence d'une nouvelle diplomatie face à la dégradation du droit international et à l'affaiblissement des démocraties confrontées à des régimes prêts à tout pour préserver leur pouvoir. En analysant les crises contemporaines telles que la guerre russo-ukrainienne et les ambitions chinoises, N. Tenzer a proposé un plan d'action rigoureux pour éviter les erreurs du passé et naviguer dans un monde où la guerre est devenue omniprésente. Son livre, bien plus qu'un ouvrage de géopolitique, est un appel à la lucidité et un avertissement contre les illusions qui nous rendent vulnérables. https://youtu.be/OXO87nS_vd8

La voix de la jeunesse : quels défis et quelles représentations de l’Union européenne ?

par L'équipe du Lab' le 23 avril 2024 trois jeunes du Laboratoire de la République pour des questions européennes
Dans le cadre des élections européennes, le Laboratoire de la République interroge certains de ses membres les plus jeunes pour recueillir leur vision de l'Union européenne (UE), les défis qu'elle doit relever et leurs attentes vis-à-vis des prochaines élections. Dans cet entretien croisé, Emma, Carla et Théo partagent avec nous leurs opinions et leurs perspectives sur l'avenir de l'Union européenne.
Le Laboratoire de la République : Que représente l’Union européenne, pour vous, en tant que jeunes citoyens européens ? Théo : Lorsque l'on évoque l'Europe, il est impossible de ne pas mentionner Erasmus pour les étudiants. Ce programme, parmi d'autres initiatives de l'Union européenne, se révèle particulièrement intéressant. Je pense aussi aux subventions accordées pour de multiples projets publics ou associatifs. Cela démontre que l'Union européenne constitue une ressource précieuse pour les États membres. Cependant, il est essentiel de reconnaître la montée de l'extrême droite, symbolisée par des figures telles que Viktor Orbán, qui suscite des inquiétudes quant à l'avenir de l'Union européenne. Carla : À la rentrée prochaine, je participerai à un programme Erasmus, et j'envisage la Suède comme destination. Je suis très enthousiaste à l'idée de perfectionner mon anglais tout en découvrant une nouvelle culture. C'est une opportunité unique qui pourrait ne pas se représenter. En discutant avec d'autres jeunes, même ceux qui ne sont pas dans le domaine des sciences politiques, je constate un manque d'informations sur les avantages concrets de l'Union européenne en dehors du programme Erasmus. Bien sûr, nous savons qu'elle favorise le progrès économique et social à l'échelle nationale, ainsi que les alliances et le libre-échange. Cependant, en tant que jeunes, nous ne sommes pas suffisamment informés sur les bénéfices tangibles de l'UE, ce qui peut nous décourager de nous impliquer, par exemple, dans le processus électoral. Nous percevons surtout l'Union européenne comme une grande entité technocratique, sans réellement saisir ses bienfaits au quotidien. L'accès à la connaissance de l'Union européenne est limité aux parcours académiques spécifiques tels que la science politique, le droit, les relations internationales, voire les cursus universitaires spécialisés dans le domaine. Cependant, au niveau du collège, du lycée et dans d'autres filières, il n'existe pas de cours ou de formations sur le fonctionnement de l'Union européenne. Dans les cours d'éducation morale et civique, il faut renforcer l'enseignement sur ce sujet, en particulier en expliquant le fonctionnement des institutions européennes, leur utilité et ce qu'elles ont déjà accompli. Cela aiderait les élèves à envisager leur potentiel futur rôle. En outre, à court terme, je pense qu'il serait bénéfique de trouver des personnalités, telles que des porte-parole, influenceurs ou youtubeurs, auxquelles les jeunes pourraient s'identifier. Emma : Pour moi, l'Union européenne représente une plateforme de coopération politique, économique, et géopolitique, avec un accent particulier sur la garantie de sécurité et la coopération dans divers domaines, tels que le changement climatique. Bien que l'UE puisse parfois imposer des lois uniformes sans tenir compte des spécificités nationales, je considère que ses impacts sont généralement positifs, favorisant le changement collectif. En ce qui concerne la résolution de conflits et le changement climatique, je crois fermement que ces problèmes doivent être traités collectivement au niveau européen, étant donné leur nature mondiale. L'UE peut jouer un rôle crucial dans des domaines tels que la défense et la diplomatie, renforçant ainsi son influence sur la scène mondiale. Concernant le changement climatique, je soutiens l'idée que l'UE devrait prendre des mesures préventives, en encourageant également les pays moins développés à s'engager dans des initiatives collectives. Cependant, il est essentiel de maintenir l'identité propre à chaque gouvernement au sein d'une Europe des nations, où les décisions partagées n'exercent pas de domination, mais ont tout de même un impact significatif sur la vie quotidienne et la gouvernance nationale. Le Laboratoire de la République : Quels défis doit-elle surmonter aujourd’hui ? Carla : Selon moi, le principal défi actuel est le coût de la vie. En tant qu'étudiante, je pense que nous sommes particulièrement concernés par cette question. C'est un défi crucial que l'Union européenne doit sérieusement considérer, comme cela a été récemment mis en évidence, notamment par les manifestations des agriculteurs. Théo : Effectivement, l'Union européenne exerce un rôle de régulateur sur le marché agricole. Cependant, je crois que certains enjeux restent méconnus, car il est essentiel de se rappeler que l'Union européenne repose avant tout sur ses institutions, notamment la Cour de justice. Cette institution est chargée d'interpréter et d'appliquer les traités, mais nous observons parfois un non-respect de ces traités de la part de certains États, entraînant des sanctions. Cela soulève des questions sur la santé démocratique de ces États, une problématique à laquelle l'Union européenne doit s'atteler. Carla : Je partage également cette opinion, et je viens de réaliser qu'il existe un enjeu crucial en matière de désinformation et d'intelligence artificielle, auquel l'Union européenne doit absolument s'attaquer. Emma : L’Union européenne doit maintenir une cohésion face à la montée des grandes puissances. Je pense qu’en forgeant une identité européenne solide, les défis géopolitiques allant des guerres au changement climatique peuvent être surmontés. Particulièrement étant donné que je vis en Angleterre, je sens que le fait de manifester contre le Brexit a renforcé l’identité européenne des jeunes. Récemment, j’ai également pris part à une discussion sur la jeunesse européenne, où plusieurs d’entre nous, Anglais, avons exprimé un certain déni face au Brexit. Nous avons souligné que notre identité européenne dépasse les décisions politiques prises par nos dirigeants, et que, peu importe le contexte politique et les orientations de nos gouvernements, nous sommes unis par des valeurs communes et des objectifs pour l’avenir. Le Laboratoire de la République : Quelle est votre opinion sur le sens des élections européennes pour l'avenir de l'Union européenne ? Considérez-vous qu'il est crucial de participer à ces élections ? Emma : Oui, je prévois d’aller voter, c’est certain. Même en tant qu’expatriée en Angleterre, je demeure française et donc européenne. Je pense qu’il est crucial de comprendre l’importance de cet enjeu. Pour être franche, les prévisions indiquent que le parti d’extrême droite français remportera ces élections, ce qui rend d’autant plus essentiel de se rendre aux urnes. Ce qui m’inquiète également, c’est la présidence du Conseil par le gouvernement hongrois, à partir de juillet 2024, reconnu pour son recul démocratique. Cela renforce l’urgence de voter et de soutenir des candidats partageant nos valeurs, ceux qui promouvront les résolutions économiques, sociales et écologiques que nous aspirons à voir mises en œuvre, plutôt que de laisser les partis extrémistes freiner notre progrès dans ces domaines. Il est nécessaire de créer une opposition afin que nos opinions soient représentées au Parlement européen, et que ces partis extrémistes ne dominent pas le paysage politique. Avec la possibilité que Trump soit réélu dans l’année à venir, il est crucial que nos représentants continuent à soutenir l’Ukraine en fournissant une aide militaire, économique et diplomatique. Il est donc primordial pour moi de m’assurer que les personnes pour lesquelles je vote maintiendrons cette position, d’autant plus que l’Union Européenne sera le seul véritable fournisseur d’aide à l'Ukraine dans le cas de la réélection de Trump. Théo : Il serait pertinent d'effectuer un sondage pour évaluer le niveau de connaissance des jeunes sur le fonctionnement de l'Union européenne, notamment en identifiant quelles institutions sont associées aux élections européennes. Il est clair qu'il existe une confusion, comme l'exemple récent où Emmanuel Macron a présidé le Conseil européen, qui n'est pas le Parlement européen. Il est donc crucial de clarifier les rôles de chaque acteur au sein de l'Union européenne. Étant donné que le Parlement européen prend des décisions, il est essentiel de voter. Il est préoccupant de constater que de nombreux populistes accèdent à des sièges au Parlement, ce qui est incohérent avec leurs discours et les attentes qui leur sont fixées en tant qu'élus. Il est nécessaire de rendre les connaissances sur l'UE plus accessibles, tout en veillant à ce que cette démarche ne se réduise pas à des confrontations politiques superficielles, mais englobe également des débats de fond. Carla : C'est la première fois que je voterai. Il est important de participer aux élections européennes, car le résultat de ces élections influencera également la politique nationale en France. Si nous laissons l'extrême droite remporter ces élections, cela ouvrirait la voie à leur victoire à la prochaine élection présidentielle. C'est une raison majeure pour laquelle il est primordial de voter, en plus des actions que peut entreprendre l'Union européenne. Emma Vidal de Saintignon est étudiante en Science politique et en relations internationales à l'University College de Londres. Elle est impliquée dans des associations diplomatiques et de relations internationales. Carla Diaz est inscrite en première année de licence de science politique et est également membre du journal Lill’bertin de l’Université de Lille. Théo Fouquer travaille pour la Fondation de la Catho de Lille, où il se charge de récolter des fonds (mécénat). Il a obtenu sa licence en sciences, technologie et santé, et il vient de commencer un master en sociologie, spécialisé en Économie Sociale et Solidaire, à l’Université Catholique de l’Ouest qui se situe à Angers, en parallèle d’un double cursus en école de commerce (ESSCA)

Jeudi 2 mai : Lancement de l’ouvrage collectif « Europe : maîtriser notre avenir. Les voies du renouveau »

par L'équipe du Lab' le 16 avril 2024 Ouvrage-collectif-europe 2 mai
Le 2 mai, le Laboratoire de la République présentera un ouvrage collectif, fruit des travaux des différentes commissions, d’experts et de personnalités. Celui-ci se propose de nourrir les débats en amont du scrutin sur neuf thèmes qui apparaissent fondamentaux pour l’avenir de la France et du projet européen.
À l'approche des élections européennes du 9 juin 2024, il est essentiel de nourrir nos réflexions sur les enjeux qui façonneront l'avenir de la France et du projet européen. C'est avec plaisir que nous vous convions au lancement de notre ouvrage collectif, fruit du travail collaboratif de plusieurs personnalités et auteurs issus des différentes commissions du Laboratoire de la République : « Europe, maîtriser notre avenir. Les voies du renouveau » Cet ouvrage aborde neuf thèmes essentiels qui sont au cœur des débats actuels : 1️⃣ Défense européenne 2️⃣ Position de l'Europe sur la scène internationale 3️⃣ Lutte contre les risques de fragmentation des États de l'Union 4️⃣ Pour une Europe offensive face à l’intolérance 5️⃣ Question migratoire 6️⃣ Impact de l'intelligence artificielle sur l'économie 7️⃣ Notre destinée numérique face au développement de l'IA 8️⃣ Renforcement de l'Europe sociale 9️⃣ Changement climatique et ses enjeux globaux et européens Nous aurons le privilège d'accueillir plusieurs auteurs lors de cet événement, qui sera l'occasion de partager les idées et propositions de cet ouvrage pour un avenir européen maitrisé. Les auteurs ayant participé à la rédaction (par ordre des chapitres) : Jean-Michel Blanquer, Loïc Finaz, Jean-Francois Cervel, Christian Lequesne, Benjamin Morel, Manuel Valls, Théa Augoula, Fatiha Chikhr Saïdi, Renée Fregosi, Véronique Grandpierre, Nathalie Krikorian-Duronsoy, Michel Lalande, Tarik Yildiz, Didier Leschi, Philippe Aghion, Simon Bunel, Nicolas Marescaux, Marin de Nebehay, Thierry Taboy, Louis-Charles Viossat et Jean-Michel Valantin. Quand ? Jeudi 2 mai, à 15h30 Où ? Maison de l’Amérique latine 217, Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris Participation libre, inscription obligatoire S'inscrire

Pour rester informé
inscrivez-vous à la newsletter

S'inscrire