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Retour sur la conférence « Qui défendra le droit international ? »

par L'équipe du Lab' le 29 septembre 2026
Le 23 septembre 2026, Sciences Po accueillait l’événement « Who will stand up for international law ? », organisé par la Paris School of International Affairs et ¡Aguanta Ucrania!, en partenariat avec le Laboratoire de la République. Diplomates, universitaires et experts ont croisé leurs regards sur les défis qui pèsent aujourd’hui sur le droit international et sur le rôle que peuvent jouer l’Europe, l’Ukraine et l’Amérique latine pour le défendre. An English version of this event report is available at the bottom of the page.
Le 23 septembre 2026, la Paris School of International Affairs (PSIA) de Sciences Po et ¡Aguanta Ucrania!, en partenariat avec le Laboratoire de la République, ont organisé à Sciences Po l’événement « Who will stand up for international law ? ». Depuis quatre ans, ¡Aguanta Ucrania! mobilise la solidarité latino-américaine autour de l’Ukraine. Cette rencontre s’inscrivait dans cette dynamique, avec un objectif : réfléchir aux moyens de renforcer les liens entre l’Europe, l’Ukraine et l’Amérique latine pour défendre le droit international. Modérée par Sergio Jaramillo, ancien Haut-Commissaire pour la paix de Colombie, la discussion a réuni Jean-Michel Blanquer, ancien ministre français de l’Éducation nationale, Pavlo Klimkin, ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, Norton Rapesta, ancien ambassadeur du Brésil en Ukraine, Rosemary Ann Byrne, professeure de droit international à la Paris School of International Affairs (PSIA), et Michael Reid, auteur et ancien responsable de la rubrique Amériques de The Economist. Leurs échanges ont permis de croiser les regards sur un même constat : le droit international est aujourd’hui soumis à une pression croissante, alors que les rapports de force reprennent une place centrale dans les relations entre États. Retrouvez le replay de cette conférence sur le site de Sciences Po. Un droit international sous pression Le constat posé au début de la rencontre est celui d’un changement profond des relations internationales. Là où les États pouvaient compter sur des accords et des engagements relativement stables, les relations entre puissances deviennent plus transactionnelles. Les règles sont toujours là, mais leur respect est moins évident. Les nouvelles formes de conflit, à commencer par les cyberattaques, compliquent encore la situation : à partir de quel moment une attaque informatique devient-elle un acte d’agression ou un acte de guerre ? Pour Jean-Michel Blanquer, il serait toutefois erroné d’en conclure à la disparition du droit international. Il a préféré parler d’une « lutte entre le droit international et les ennemis du droit international ». Une manière de rappeler que les règles internationales continuent de jouer un rôle essentiel, mais que leur défense exige une mobilisation constante. L’ancien ministre a notamment pris l’exemple de la Colombie. Les efforts engagés en faveur de la paix ont demandé des années avant d’aboutir. Ce précédent montre, selon lui, l’importance de construire dans la durée des réseaux réunissant responsables politiques, universitaires, étudiants et acteurs de la société civile. Les initiatives qui semblent modestes aujourd’hui peuvent produire des résultats plusieurs années plus tard. L’Ukraine, bien au-delà d’un conflit européen La guerre en Ukraine a naturellement occupé une place centrale dans les échanges. Pour Pavlo Klimkin, elle pose une question qui dépasse largement les frontières de son pays : celle de la souveraineté des États et de leur capacité à décider librement de leur avenir. L’ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères a également insisté sur la difficulté de négocier lorsqu’un adversaire remet en cause l’existence même de l’autre partie. Le dialogue reste nécessaire, mais une négociation ne peut être crédible, selon lui, que si elle ne se fait pas depuis une position de faiblesse. Norton Rapesta a, de son côté, raconté la guerre à travers son expérience personnelle d’ambassadeur du Brésil en Ukraine. Présent dans le pays au début de l’invasion à grande échelle, il a évoqué le réveil au son des explosions, puis le quotidien rythmé par les alertes aériennes, les drones et les missiles. Il a également raconté comment, bien après ces événements, entendre le son d’une alarme dans un documentaire consacré à Kharkiv avait provoqué chez lui une réaction physique immédiate. Ce témoignage a permis de mettre en lumière l’une des difficultés rencontrées pour mobiliser en Amérique latine : la distance. Pour une partie de la population, la guerre en Ukraine reste un conflit lointain, alors que les pays de la région sont confrontés à leurs propres difficultés économiques, sociales et sécuritaires. Pour Norton Rapesta, il est donc essentiel de mieux expliquer la réalité ukrainienne et de s’adresser davantage aux sociétés civiles, et pas seulement aux gouvernements et aux diplomates. L’Amérique latine, une tradition à réaffirmer Cette distance contraste avec la longue tradition latino-américaine de défense du multilatéralisme, des droits humains et du principe de non-intervention. Plusieurs intervenants ont rappelé le rôle joué par les pays de la région dans la construction de l’ordre international après la Seconde Guerre mondiale. L’affaire du Nicaragua contre les États-Unis devant la Cour internationale de Justice a notamment été citée : elle avait montré qu’un État moins puissant pouvait utiliser le droit international pour faire valoir ses droits face à une grande puissance. Mais cette tradition ne se traduit pas toujours par une mobilisation concrète sur l’Ukraine. Rosemary Ann Byrne a rappelé que 33 États avaient déposé des déclarations d’intervention dans la procédure engagée par l’Ukraine contre la Russie devant la Cour internationale de Justice, sans qu’aucun État latino-américain, africain ou asiatique ne le fasse. Sur les 43 États ayant saisi le procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Ukraine, seuls trois venaient d’Amérique latine. Ces chiffres ont alimenté une discussion plus large sur la cohérence de la défense du droit international. Les échanges ont notamment porté sur les différences de mobilisation face aux guerres en Ukraine et à Gaza. Selon plusieurs intervenants, défendre des règles communes suppose de les appliquer avec la même exigence, quel que soit le pays concerné. Rosemary Ann Byrne a ainsi insisté sur la nécessité de repartir de principes simples et partagés, comme la protection des civils, les règles encadrant le recours à la force ou encore la responsabilité des États. Une bataille qui se joue aussi dans l’opinion La question de l’opinion publique a occupé une autre partie importante de la discussion. Michael Reid a souligné l’activité de la propagande russe en Amérique latine et cité une enquête, qui n’avait pas encore été publiée au moment de la rencontre. Selon ces données, 39 % des personnes interrogées avaient une opinion favorable de la Russie, contre 34 % en 2023. Dans le même temps, les opinions favorables à l’Ukraine étaient passées de 42 % à 35 %. Pour Michael Reid, ces évolutions s’inscrivent dans un contexte plus large : l’Amérique latine peine aujourd’hui à faire émerger une vision commune en matière de politique étrangère. Entre des gouvernements aux orientations très différentes et des opinions publiques davantage préoccupées par les enjeux nationaux, construire une position commune sur des crises internationales éloignées reste difficile. La réponse passe donc aussi par la communication. Les participants ont insisté sur la nécessité de mieux expliquer ce que les principes défendus en Ukraine peuvent signifier pour d’autres régions du monde. La souveraineté, la non-intervention ou le respect des frontières ne sont pas seulement des préoccupations européennes : ils concernent tous les États, et en particulier ceux qui ne disposent pas de la puissance nécessaire pour imposer seuls leurs intérêts. Renforcer les liens entre l’Europe et l’Amérique latine Comment agir dans ce contexte ? Une piste évoquée pendant la rencontre est celle d’une coopération renforcée entre les « puissances intermédiaires », capables de défendre ensemble le multilatéralisme sans dépendre entièrement des grandes puissances. Les relations entre l’Europe et l’Amérique latine pourraient jouer un rôle important dans cette dynamique, les deux régions partageant une histoire et de nombreux principes communs en matière de droit international. Mais cette coopération ne peut pas se limiter aux États. Les intervenants ont souligné le rôle des universités, des étudiants, des chercheurs, des médias et des organisations de la société civile. C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit l’action menée depuis quatre ans par ¡Aguanta Ucrania! : créer des liens entre l’Ukraine et l’Amérique latine et faire mieux connaître les enjeux de la guerre auprès des sociétés latino-américaines. Au terme de la rencontre, une idée s’est ainsi dégagée : le droit international n’a pas disparu, mais sa défense ne peut plus être considérée comme acquise. Elle suppose de construire des alliances, de mieux faire connaître les réalités des conflits et de défendre les mêmes principes d’une crise à l’autre. À la question posée par le titre de l’événement (« Who will stand up for international law ? »), les échanges de Sciences Po ont apporté une réponse collective : États et institutions ont leur rôle à jouer, mais universitaires, étudiants, médias et sociétés civiles ont, eux aussi, une part de responsabilité dans la défense d’un ordre international fondé sur des règles. English version On 23 September 2026, Sciences Po’s Paris School of International Affairs (PSIA) and ¡Aguanta Ucrania!, in partnership with the Laboratoire de la République, organised the event “Who will stand up for international law?” at Sciences Po. For the past four years, ¡Aguanta Ucrania! has been mobilising Latin American solidarity around Ukraine. The event built on this momentum, with one objective: to explore ways of strengthening ties between Europe, Ukraine and Latin America in defence of international law. Moderated by Sergio Jaramillo, former High Commissioner for Peace of Colombia, the discussion brought together Jean-Michel Blanquer, former French Minister of National Education, Pavlo Klimkin, former Minister of Foreign Affairs of Ukraine, Norton Rapesta, former Ambassador of Brazil to Ukraine, Rosemary Ann Byrne, Professor of International Law at the Paris School of International Affairs (PSIA), and Michael Reid, author and former Americas Editor at The Economist. Their contributions brought together different perspectives around a shared observation: international law is under growing pressure at a time when power politics are once again playing a central role in relations between states. International law under pressure The discussion began with the observation that international relations are undergoing a profound shift. Where states could once rely on relatively stable agreements and commitments, relations between powers are becoming increasingly transactional. The rules remain, but compliance with them can no longer be taken for granted. New forms of conflict, starting with cyberattacks, are making the situation even more complex: at what point does a cyberattack become an act of aggression or an act of war? For Jean-Michel Blanquer, however, it would be wrong to conclude that international law is disappearing. Instead, he described the current situation as a “struggle between international law and the enemies of international law”. It was a way of stressing that international rules continue to play an essential role, but that defending them requires sustained mobilisation. The former minister pointed in particular to the example of Colombia. Efforts to build peace took years before producing results. In his view, this experience demonstrates the importance of building long-term networks bringing together political leaders, academics, students and civil society. Initiatives that may appear modest today can produce results many years later. Ukraine, far beyond a European conflict The war in Ukraine naturally occupied a central place in the discussion. For Pavlo Klimkin, it raises a question that extends far beyond his country’s borders: the sovereignty of states and their ability to freely determine their own future. The former Ukrainian Foreign Minister also stressed the difficulty of negotiating when an adversary challenges the very existence of the other party. Dialogue remains necessary, but in his view negotiations can only be credible if they are not conducted from a position of weakness. Norton Rapesta, for his part, described the war through his personal experience as Brazil’s Ambassador to Ukraine. Present in the country at the beginning of the full-scale invasion, he recalled waking to the sound of explosions and then living with the daily reality of air-raid warnings, drones and missiles. He also described how, long after those events, hearing the sound of an air-raid siren in a documentary about Kharkiv triggered an immediate physical reaction. His testimony highlighted one of the main challenges in mobilising support in Latin America: distance. For part of the population, the war in Ukraine remains a distant conflict, while countries across the region are dealing with their own economic, social and security challenges. For Norton Rapesta, it is therefore essential to better explain the reality of the war in Ukraine and to engage more directly with civil society, rather than focusing solely on governments and diplomatic channels. Latin America : a tradition to reaffirm This sense of distance contrasts with Latin America’s longstanding tradition of supporting multilateralism, human rights and the principle of non-intervention. Several speakers recalled the role played by countries in the region in building the international order after the Second World War. Nicaragua’s case against the United States before the International Court of Justice was cited in particular: it demonstrated that a less powerful state could use international law to assert its rights against a major power. Yet this tradition has not always translated into concrete mobilisation over Ukraine. Rosemary Ann Byrne noted that 33 states had submitted declarations of intervention in Ukraine’s proceedings against Russia before the International Court of Justice, without a single Latin American, African or Asian state doing so. Of the 43 states that referred the situation in Ukraine to the prosecutor of the International Criminal Court, only three were from Latin America. These figures prompted a broader discussion about consistency in the defence of international law. The conversation notably addressed differences in international mobilisation over the wars in Ukraine and Gaza. Several speakers argued that defending common rules requires applying them with the same level of commitment regardless of the country concerned. Rosemary Ann Byrne stressed the need to return to simple, shared principles, including the protection of civilians, the rules governing the use of force and state responsibility. A battle also being fought in public opinion Public opinion was another important part of the discussion. Michael Reid highlighted the activity of Russian propaganda in Latin America and cited a survey that had not yet been published at the time of the event. According to the figures he presented, 39% of respondents had a favourable view of Russia, compared with 34% in 2023. Over the same period, favourable views of Ukraine had fallen from 42% to 35%. For Michael Reid, these trends are part of a broader context: Latin America is currently struggling to develop a common vision on foreign policy. With governments pursuing very different political agendas and public opinion more focused on domestic concerns, building a shared position on distant international crises remains difficult. Part of the response therefore lies in communication. Participants stressed the need to better explain what the principles at stake in Ukraine mean for other regions of the world. Sovereignty, non-intervention and respect for borders are not exclusively European concerns: they matter to all states, particularly those that do not have the power to impose their interests on their own. Strengthening ties between Europe and Latin America What can be done in this context? One avenue discussed during the event was greater cooperation between “middle powers” capable of defending multilateralism together without being entirely dependent on major powers. Relations between Europe and Latin America could play an important role in this effort, given the two regions’ shared history and many common principles regarding international law. But this cooperation cannot be limited to states. Speakers highlighted the role of universities, students, researchers, the media and civil society organisations. This is precisely where the work carried out by ¡Aguanta Ucrania! over the past four years comes in: building connections between Ukraine and Latin America and raising awareness of the war and its implications among Latin American societies. By the end of the discussion, one idea had clearly emerged: international law has not disappeared, but its defence can no longer be taken for granted. It requires building alliances, improving understanding of the realities of conflicts and defending the same principles from one crisis to another. To the question posed by the title of the event (“Who will stand up for international law?”), the discussion at Sciences Po offered a collective answer: states and institutions have a role to play, but academics, students, the media and civil society also share responsibility for defending an international order based on rules.

28/09 : Conversation éclairée avec David Smadja

par L'équipe du Lab' le 21 septembre 2026
Comment passer d’un système de santé qui soigne à une société qui sait aussi prévenir ? À l’occasion des « Conversations éclairées » du Laboratoire de la République, Brice Couturier et Chloé Morin reçoivent David Smadja, auteur de La République de la prévention, pour penser les grands défis sanitaires de notre temps et les contours d’un nouveau pacte entre prévention, démocratie et solidarité.
Dans le cadre des « Conversations éclairées » du Laboratoire de la République, Brice Couturier & Chloé Morin recevront David Smadja pour un échange autour de son ouvrage « La République de la prévention » publié aux Éditions LEH. En s’appuyant sur son expérience de chercheur, de biologiste hospitalier et d'observateur engagé des mutations du système de santé, David Smadja dresse le constat d'une société bâtie pour soigner, mais pas pour prévenir. En interrogeant la santé mentale des jeunes, les déserts médicaux, la désinformation sanitaire ou encore la révolution de l'intelligence artificielle, il confronte les grands défis sanitaires contemporains à l'absence d'une véritable culture de l'anticipation. Lors de cette rencontre, il décryptera comment un nouveau pacte entre prévention, démocratie et solidarité pourrait transformer notre système de santé, en France et en Europe. L’échange sera suivi d’un moment de convivialité, avec un cocktail et une séance de dédicaces. Informations pratiques :🗓️ Lundi 28 septembre 2026🕖 19h00📍 Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris. S'inscrire

Université d’été 3ème édition – Faire sens ensemble

par L'équipe du Lab' le 1 juillet 2026
À Sens, les 27, 28 et 29 août, le Laboratoire de la République organise sa troisième Université d’été. Un rendez-vous structurant de la rentrée politique et intellectuelle, conçu pour confronter les visions et faire émerger des propositions concrètes au service d’un projet républicain.
Université d'été 3ème édition Faire sens ensemble  Rendez-vous les 27, 28 et 29 août à Sens ! Du 27 au 29 août 2026, le Laboratoire de la République vous donne rendez-vous à Sens, dans l’Yonne. Cette troisième édition s’ouvrira le 27 août en soirée par une projection-débat, avant deux journées d'échanges et de réflexion, les 28 et 29 août, autour d’une question fondamentale : « Quel projet de société pour la France au 21ème siècle ? » À quelques mois d'échéances politiques décisives pour notre pays, cette Université d'été sera l'occasion de prendre du recul sur les transformations en cours et de réfléchir collectivement aux réponses à apporter aux défis économiques, sociaux, éducatifs, démocratiques et environnementaux qui se présentent à la France. Durant deux jours, responsables politiques, experts, universitaires, acteurs de la société civile, élus locaux et citoyens engagés se retrouveront pour confronter leurs analyses, partager leurs expériences et nourrir le débat public. Car face à la complexité de notre époque et au risque de fragmentation, la confrontation des idées ne suffit plus : il nous faut bâtir une vision commune. C’est tout l’enjeu de cette édition : "Faire sens ensemble" pour redonner une direction claire et partagée à notre avenir collectif. Au programme :- Une soirée d'ouverture dès le 27 août au soir placée sous le signe de la culture- Tables rondes et débats avec des personnalités issues du monde politique, intellectuel, économique et associatif- Échanges et rencontres conviviales avec les membres et partenaires du Laboratoire- Village républicain : salon du livre et dédicaces, stands d'associations partenaires Informations pratiques :📅 Vendredi 28 et samedi 29 août 2026 (avec soirée d'ouverture le jeudi 27 août à 20h30)📍 Sens (Yonne)⚠️ Inscription obligatoire - COMPLET Programme de l'Université d'été Pour préparer votre venue, retrouvez le programme de l’Université d’été en consultant la page dédiée : Je consulte le programme Le guide du participant de l'Université d'été Retrouvez dans ce guide toutes les informations pratiques pour préparer au mieux votre venue à la troisième Université d’été du Laboratoire de la République à Sens. Déplacements vers/depuis Sens, horaires des navettes pour vous déplacer à Sens, restauration, salon du livre et village républicain... Tout y est réuni pour vous accompagner tout au long de l’événement. Le programme ci-dessous a été mis à jour le 27 août 2026.Il est communiqué à titre indicatif et demeure susceptible d’évoluer d’ici à l’Université d’été. Guide du participant - 27 aoûtTélécharger Où aura lieu l'Université d'été ? Se déplacer à Sens Le jeudi 27 et le vendredi 28 août, les tables rondes auront lieu dans les salles suivantes : Théâtre de Sens (n°1 sur la carte) : 21 Boulevard des Garibaldi, 89100 Sens Hôtel de Ville de Sens (n°2 sur la carte) : 100 rue de la République, 89100 Sens Salle Poterne (n°3 sur la carte) : 21 boulevard du 14 juillet, 89100 Sens Salle Europe (n°4 sur la carte) : 14 boulevard du 14 juillet, 89100 Sens La répartition des tables rondes dans les quatre salles est précisée dans le programme. Les salles Théâtre, Hôtel de Ville, Poterne et Europe sont situées à proximité les unes des autres et sont facilement accessibles à pied via la rue de la République et le boulevard du 14 Juillet. Le samedi 29 août, toutes les tables rondes auront lieu à la Salle des fêtes de Sens (n°5 sur la carte), 58 rue René Binet, 89100 Sens. Des navettes gratuites seront mises à disposition pendant toute la durée de l’événement afin de faciliter vos déplacements entre : La gare de Sens (avec des rotations adaptées aux principaux trains en provenance et à destination de Paris) Le centre-ville (Théâtre, Hôtel de Ville, Poterne, Europe et hôtel Epona) Les hôtels situés en périphérie (Ibis, Ibis Budget et Kyriad) La Salle des Fêtes (le samedi uniquement). Le service est adapté aux horaires d’arrivée et de départ des trains, ainsi qu’au début et à la fin des tables rondes, afin de faciliter les correspondances des participants entre les différents lieux de la manifestation. Les horaires détaillés des navettes sont indiqués dans le guide du participant (ci-dessus). Venir et se loger à Sens Pour vos déplacements, pensez au covoiturage ! Rejoignez notre boucle WhatsApp dédiée : Je veux covoiturer Espace Presse Pour toute demande relative à la couverture médiatique de l’événement ou aux accréditations presse, retrouvez les informations sur l'espace dédié.

Occidents, enquête sur nos ennemis : Frédéric Martel aux Conversations éclairées

par L'équipe du Lab' le 18 mai 2026
Le mercredi 13 mai, le Laboratoire de la République recevait l'essayiste et journaliste Frédéric Martel à la Maison de l'Amérique latine, dans le cadre de ses « Conversations Éclairées ». Animée par Brice Couturier et Chloé Morin, la soirée a été l'occasion d'un échange exigeant et sans détours autour de son dernier ouvrage Occidents, Enquête sur nos ennemis, paru aux éditions Plon.
Une enquête de terrain contre le pessimisme de salonFrédéric Martel a d'emblée posé le cadre de sa démarche : plutôt que de produire un essai introspectif, il a choisi d'aller au contact direct de ceux qui critiquent, rejettent ou combattent les valeurs occidentales. « Face à un monde devenu incompréhensible, je prends le parti d'aller sur le terrain, au contact de nos ennemis, de nos détracteurs, plus ou moins méchants », a-t-il expliqué.Ce choix méthodologique n'est pas anodin. Il procède d'une conviction profonde : écouter ses adversaires est la meilleure façon de comprendre ce à quoi l'on tient. « À partir du moment où l'on écoute ce qui est dit par nos détracteurs, on arrive à comprendre à quoi on tient », a-t-il affirmé. Une posture intellectuelle rare, à rebours des débats où chacun se contente de parler à ses propres convictions.Le résultat est sans appel : ce voyage au cœur des discours hostiles à l'Occident l'a renvoyé plus convaincu que jamais. « J'en suis revenu encore plus convaincu par l'Union européenne et ses valeurs que quand je suis parti. »Décolonialisme, gauche anti-totalitaire et lucidité historiqueFrédéric Martel revendique une formation intellectuelle ancrée dans la gauche anti-totalitaire. Cette filiation le conduit à une lecture lucide et sans complaisance des décolonisations du XXe siècle. Si le mouvement décolonial mérite d'être pris au sérieux, il ne saurait faire l'économie d'un regard critique sur ses propres échecs. « On est obligé de prendre en compte le fait que certaines décolonisations ont échoué dans leur émancipation des peuples, l'Algérie avec le FLN, ou encore la Chine », a-t-il rappelé.Il souligne également la contradiction fondamentale de l'époque de Bandung : au moment même où l'Afrique et l'Asie s'émancipaient du joug colonial, l'URSS étendait son emprise sur de nouveaux territoires. Une tension que la pensée décoloniale contemporaine peine souvent à intégrer.Les sphères de justice : une grille de lecture pour notre époqueAu cœur de l'ouvrage se trouve une notion philosophique empruntée au penseur Michael Walzer : les sphères de justice. Pour Frédéric Martel, la démocratie ne se réduit pas au seul suffrage universel. Elle repose sur l'autonomie de sphères distinctes : politique, économique, intellectuelle, religieuse, culturelle, qui doivent rester indépendantes les unes des autres et ne pas être soumises à une domination unique.C'est à l'aune de ce critère qu'il évalue les régimes contemporains. « En Chine, toutes ces sphères sont dominées. En Iran aussi. Et c'est également ce qu'essaye de faire Donald Trump. » Un constat qui refuse toute forme de double standard et s'applique avec la même rigueur, qu'il s'agisse d'adversaires déclarés ou d'alliés encombrants.L'universalisme comme pari assuméLà où beaucoup hésitent, Frédéric Martel assume pleinement une position universaliste. « Je crois profondément, jusqu'à ce que les Chinois me prouvent le contraire, que les valeurs dont je parle sont universelles. » Liberté, démocratie, économie de marché honnête et non confisquée par les oligarchies ou les kleptocraties : autant d'aspirations qu'il croit communes à tous les peuples, par-delà les frontières culturelles.Cette conviction ne relève pas d'un impérialisme naïf, mais d'un pari intellectuel et politique : refuser de concéder aux régimes autoritaires le monopole de la définition de leur propre peuple.La guerre idéologique et nos divisions comme forceLa soirée s'est conclue sur une note à la fois lucide et résolument optimiste. Frédéric Martel n'esquive pas la réalité d'une guerre idéologique en cours, ni l'existence de ce qu'il appelle des « chevaux de Troie à domicile », des acteurs intérieurs qui relaient, consciemment ou non, les narratifs de nos adversaires.Mais il refuse d'en faire un motif de désespoir. Nos démocraties se distinguent précisément par leur capacité à se déchirer en débats, à critiquer leurs propres fondements. « En France, en Europe, nous nous battons tout le temps entre nous et c'est aussi ça la démocratie. Ces débats n'existent pas en Chine, à Cuba, en Russie. Au fond, c'est très bien que nous soyons divisés, tant que nous ne sommes pas dans la violence. »Quant aux propagandistes étrangers, il relativise leur puissance réelle : « Je ne crois pas qu'ils aient plus d'idées que nous. » Et de rappeler que les vrais intellectuels — ceux capables de critiquer les leurs se trouvent rarement au sein des régimes autoritaires, mais bien souvent en exil ou à l'international. https://youtu.be/h8qz7LMYGHQ

09/04 à Orléans : « L’émancipation par le travail : une promesse républicaine à réinventer »

par L'antenne du Loiret le 3 avril 2026
Dans un contexte de recomposition du rapport au travail, le Laboratoire de la République organise une table ronde consacrée à l’émancipation par le travail. Un échange entre experts pour interroger une promesse républicaine aujourd’hui fragilisée et envisager ses conditions de réinvention.
Le Laboratoire de la République vous convie à une table ronde intitulée « L’émancipation par le travail : une promesse républicaine à réinventer », qui se tiendra le jeudi 9 avril à 18h30 à Orléans. À l’heure où les mutations du monde du travail redéfinissent les trajectoires professionnelles et les attentes individuelles, cette rencontre propose de revenir sur une question centrale du modèle républicain français : le travail est-il encore un vecteur d’émancipation sociale, économique et citoyenne ? Trois intervenants aux parcours complémentaires croiseront leurs analyses : Franck Morel, avocat en droit du travail et ancien conseiller social, apportera un éclairage sur les évolutions normatives et les transformations du droit du travail. Déborah Sciou, fondatrice d’un groupe spécialisé en stratégie et engagée dans les instances économiques régionales, partagera une lecture ancrée dans les réalités entrepreneuriales et territoriales. Louis-Charles Viossat, expert en politiques sociales, proposera une réflexion plus globale sur les mécanismes de solidarité et les recompositions de la protection sociale. Les échanges permettront d’aborder plusieurs enjeux structurants : la place du travail dans la construction des individus, les nouvelles formes d’emploi, les attentes des jeunes générations, ainsi que les tensions entre performance économique et justice sociale. En réunissant des profils issus du monde juridique, économique et institutionnel, cette table ronde vise à nourrir une réflexion collective sur les conditions d’une réactualisation de la promesse républicaine d’émancipation par le travail. La rencontre se déroulera à AFTEC Formation, à Orléans. Elle sera suivie d’un moment d’échange convivial. S'inscrire

07/04 : Conférence dans les coulisses de la diplomatie française

par L'équipe du Lab' le 2 avril 2026
À l’occasion de la parution de son ouvrage "Le sherpa : Mémoires d’un diplomate aux avant-postes de l’Histoire", Philippe Étienne partagera son expérience au cœur des grandes négociations internationales. Cette conférence, organisée par le Laboratoire de la République, propose un éclairage direct sur les mécanismes de la diplomatie française et les recompositions du contexte international contemporain.
Le Laboratoire de la République organise une conférence consacrée aux coulisses de la diplomatie française et aux grands enjeux de l’actualité internationale. Le mardi 7 avril 2026 à 19h, Philippe Étienne, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et ancien conseiller diplomatique du Président de la République, interviendra pour partager son expérience au plus haut niveau de l’État et des relations internationales. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la parution de son ouvrage Le sherpa : Mémoires d’un diplomate aux avant-postes de l’Histoire, publié aux éditions Tallandier. À travers ce témoignage, il revient sur les grandes négociations auxquelles il a pris part, offrant un éclairage direct sur les mécanismes de décision, les rapports de force internationaux et le rôle spécifique du « sherpa » dans la conduite des affaires diplomatiques. L’échange sera animé par Christian Lequesne et Jean-François Cervel, qui accompagneront la réflexion autour des transformations contemporaines de la diplomatie, dans un contexte international marqué par des tensions accrues et des recompositions stratégiques. La conférence se tiendra à la Maison de l’Amérique Latine, salle Salvador. Informations pratiquesMardi 7 avril 202619hMaison de l’Amérique Latine, salle Salvador S'inscrire

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