À l’heure où notre système de santé est confronté à des défis sans précédent, vieillissement de la population, pénurie de professionnels, innovation technologique, ou encore pression économique, la question de son organisation devient aussi importante que celle des progrès médicaux eux-mêmes. La qualité des soins ne dépend plus uniquement des compétences des professionnels ou des performances des technologies ; elle repose également sur la capacité à faire travailler ensemble les équipes, à fluidifier les parcours des patients et à intégrer l’innovation au service de l’efficience.
Cette évolution a profondément transformé les entreprises du secteur de la santé. Longtemps perçues comme de simples fournisseurs de technologies ou de prestations, elles sont aujourd’hui appelées à devenir de véritables partenaires des établissements de santé, en contribuant à améliorer l’organisation des soins, la qualité des diagnostics et l’expérience des patients.
Pour mieux comprendre ces mutations, nous avons rencontré Philippe Durand, Président du groupe imaGen, acteur majeur de la radiologie en France. À travers son parcours d’entrepreneur et sa vision du management, il revient sur les transformations du secteur, les enjeux de l’innovation, l’essor de l’intelligence artificielle, mais aussi sur un sujet souvent sous-estimé : l’importance de l’organisation dans la qualité des soins.
Au fil de cet entretien, Philippe Durand partage une conviction forte : dans un système de santé de plus en plus complexe, la création de valeur ne repose pas uniquement sur les technologies, mais sur la capacité à mettre celles-ci au service des patients, des professionnels et des territoires.
Son parcours : de l’entrepreneur au bâtisseur d’un projet médical
Quel a été votre parcours avant la création ou le développement d’imaGen ?
Diplômé d’une école de commerce (EM Lyon), j’ai démarré mon parcours professionnel en cabinet d’audit chez Arthur Andersen. Cela m’a permis de découvrir de nombreux modèles d’entreprises, petites et grandes, dans l’industrie comme dans les services. Cela m’a permis très vite de rencontrer des cadres et dirigeants d’entreprises, de différents profils, qui m’ont beaucoup appris et inspiré pour la suite.
Je suis rentré dans le secteur de la santé au début des années 2000 avec l’envie d’apporter mes expériences à un secteur en pleine mutation face aux enjeux de qualité des soins et d’efficacité organisationnelle. J’ai eu la chance de pouvoir exercer au sein de Capio, groupe suédois spécialiste dans la gestion d’établissements de santé, qui apportait en France une vision scandinave qui s’est avérée fort utile à la transformation de nos organisations, en particulier par la réduction des séjours hospitaliers grâce à un meilleur accompagnement des patients.
Y a-t-il eu un moment ou une rencontre qui a déclenché votre ambition entrepreneuriale ?
Les différents entrepreneurs et dirigeants que j’ai côtoyés m’ont inspiré et donné envie. Après 25 ans de parcours comme salarié, j’ai voulu porter un projet de référence en imagerie médicale, pour lequel j’avais une véritable conviction, fort de mes expériences précédentes.
Pourquoi avoir choisi le secteur de la radiologie plutôt qu’un autre domaine de la santé ?
Parce que c’est un secteur qui est un véritable pivot du système de santé, dont le rôle ne cesse de grandir au fil des ans, par sa place essentielle dans la détection précoce, la prévention et le suivi des maladies. En plus de la dimension humaine toujours forte dans une entreprise de santé, la dimension technologique de l’imagerie présentait aussi un intérêt pour moi, car je suis convaincu que l’innovation technologique doit être au cœur des solutions d’efficience de notre système de santé.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées lors des premières années ?
La principale difficulté pour une start-up, c’est de trouver ces clients. Dans les services à la santé, la problématique est différente. Les « clients » ne manquent pas. Il s’agit surtout de trouver les meilleurs médecins, qui ont à cœur de prodiguer la meilleure qualité pour leurs patients tout en partageant une vision de modernisation au service des patients mais aussi du système de santé. Cela permet de bien se comprendre et de constituer une base solide de valeurs d’entreprise, gage d’un bon fonctionnement de l’entreprise dans la durée.
Quel conseil donneriez-vous aujourd’hui à un entrepreneur souhaitant se lancer dans la santé ?
Toujours penser médical, qualité de services aux patients et réponse aux besoins du système de santé. L’entreprise de santé existe par la valeur qu’elle apporte aux principales parties prenantes : en premier lieu les patients et les autorités organisatrices, mais aussi les médecins et les personnels soignants.
La vision d’imaGen
imaGen affirme que « le projet médical est avant tout ». Que signifie concrètement cette formule ?
Cette formule réaffirme la vision et les valeurs médicales de l’entreprise, sa raison d’être. Les dirigeants de chacune de nos plateformes sont des médecins radiologues exerçant dans leur structure, pleinement engagés et responsables.
Comment concilier exigences médicales, croissance économique et attractivité pour les investisseurs ?
Très simplement : un exercice médical de qualité, c’est-à-dire bien organisée par des équipes bien formées, c’est attractif pour les patients, c’est donc bon pour l’entreprise et son économie. Ceux qui ne visent pas cette exigence de qualité médicale et d’efficacité prennent des risques pour la pérennité de leur investissement.
Quelle est votre ambition pour imaGen à horizon 5 ou 10 ans ?
Notre perspective est de faire grandir le groupe dans le respect des valeurs fortes que nous avons posées avec les premières plateformes qui nous ont rejoint. Le potentiel en France est important car le secteur fait face à des enjeux d’attractivité et d’investissement auxquels seuls les acteurs bien préparés pourront faire face. Il y a aussi une opportunité pour nous de grandir dans d’autres pays européens, à la fois parce que notre modèle français est de grande qualité, mais aussi parce que nous pouvons apprendre des modèles étrangers.
Comment mesurez-vous aujourd’hui l’impact réel d’imaGen sur le parcours des patients ?
Nous travaillons en permanence à améliorer l’accueil des patients et la fluidité de leur parcours. Nous suivons régulièrement les taux de satisfaction qui nous permettent de repérer nos points de faiblesse et de nous adapter en conséquence.
L’innovation en santé : sa définition et sa pratique
Beaucoup d’acteurs parlent d’innovation. Quelle est votre propre définition de l’innovation en santé ?
J’ai la même boussole depuis longtemps sur ce sujet : l’innovation doit être évaluée au regard des bénéfices qu’elle apporte au patient et à l’efficacité de notre système de santé. Dans le bénéfice pour les patients j’inclus toutes les formes de prédiction, prévention, détection précoce, traitement et suivi au long cours des maladies, ainsi que l’accompagnement des patients qui va de pair pour que celui-ci soit pleinement engagé. Dans l’efficacité du système j’inclus en premier lieu tout qui facilite l’exercice des médecins et des équipes soignantes : nous avons un devoir de trouver des solutions pour soulager la pression exercée sur eux par la demande croissante de soins du fait du vieillissement de la population.
Selon vous, une innovation doit-elle être technologique ou peut-elle être organisationnelle ?
Ces 2 piliers d’innovation doivent être mis en œuvre au service de la qualité et l’efficacité. D’une façon générale, la technologie permet de gagner du temps pour les patients comme pour les soignants (réservations en ligne, bornes d’accueil, résultats en ligne, suivi dynamique post-intervention), d’éviter les erreurs, les doublons, … Elle n’exclut pas l’humain qui reste indispensable en particulier pour les populations vulnérables. Cela rejoint l’innovation organisationnelle qui consiste, dans un marché de ressources tendu comme le nôtre, de mettre les bonnes qualifications au bon endroit au bon moment. Par exemple, un radiologue peut aujourd’hui prendre en charge les diagnostics sur plusieurs machines « en parallèle » car les tâches non médicales sont désormais largement déléguées grâce à des modèles organisationnels mieux définis.
Quelle innovation mise en place chez imaGen a eu le plus d’impact sur les patients ou les professionnels ?
Une des innovations les plus marquantes pour moi a été la mise en place d’un logiciel d’IA permettant de détecter les nodules pulmonaires et de calculer un score calcique lorsque vous venez passer certains types de scanner chez imaGen. Vous ressortez avec un diagnostic supplémentaire de votre état de santé.
Comment identifiez-vous les innovations qui méritent réellement d’être déployées ?
Pour le médical, le médecin radiologue est en première ligne. Il est sollicité pour des tests. Chez imaGen les médecins ont constitué des groupes de spécialités qui partagent leurs avis sur ces tests et décident des mises en œuvre au regard de la performance de ces nouveaux outils. Les équipes supports interviennent plus en aval, plutôt sur les aspects contractuels. Pour tout ce qui n’est pas strictement médical, l’identification et l’évaluation des innovations est plus partagée entre les médecins radiologues et les équipes supports.
Quels freins réglementaires ou culturels ralentissent encore l’innovation en imagerie médicale ?
Le fléchage des financements est le frein majeur. L’introduction de l’IA en imagerie diagnostique d’opportunité, citée plus haut, n’est pas financé par l’Assurance Maladie. Certes c’est le rôle des opérateurs les plus avancés de la mettre en place car il considère que c’est une amélioration qualitative pour les patients. Mais des financements fléchés, temporaires, sur la base de cahier des charges précis, permettraient d’élargir et d’accélérer la mise en œuvre de ces innovations… tout en incluant la mesure de leurs effets positifs.
Intelligence artificielle et radiologie
L’IA est souvent présentée comme une révolution pour la radiologie. Où en sommes-nous réellement ?
Aujourd’hui l’IA assiste le radiologue dans son diagnostic, elle lui permet de l’alerter sur des points particuliers, elle permet d’éviter des erreurs.
Quelles applications de l’IA utilisez-vous déjà ou envisagez-vous d’utiliser ?
Les principaux usages diagnostics sont dans le domaine de l’ostéo articulaire (détections de fractures), en oncologie et en cardio-vasculaire (détection de lésions). On commence à tester des solutions d’assistance à l’élaboration des comptes-rendus. Dans le domaine administratif, la prise de rendez-vous va évoluer rapidement grâce aux assistants vocaux.
L’IA va-t-elle transformer le métier du radiologue ou simplement l’augmenter ?
Elle le transforme en continu. On peut tout à fait parler d’un radiologue augmenté. Elle ne remplace par le radiologue qui a la responsabilité du diagnostic et de la communication avec son patient.
Comment garantir que ces technologies améliorent la qualité des soins sans déshumaniser la relation médicale ?
Je pense gérer le système à iso-organisation est impossible à court/moyen terme. Cela ne ferait qu’accentuer les tensions sur nos ressources soignantes, donc les dysfonctionnements. Je suis convaincu que l’usage des technologies modernes est la clé essentielle permettant de concentrer nos ressources soignantes aux bons endroits aux bons moments auprès des personnes qui en ont le plus besoin. Le service patient sera meilleur, la pression sur les soignants sera allégée.
Organisation des soins et accès aux patients
La France fait face à des tensions croissantes sur l’accès aux soins. Quel rôle l’imagerie peut-elle jouer pour améliorer cette situation ?
Un rôle crucial. En effet, un accès rapide à l’imagerie est indispensable à la détection précoce des maladies et permet d’éviter des surcoûts (séjours hospitaliers coûteux, arrêts maladie prolongés, …). Le rapport de l’Institut Sapiens publié en février 2026 montre, exemples et modélisation économique à l’appui, qu’un euro raboté dans les dépenses d’imagerie entraîne deux euros de dépenses supplémentaires !
Comment réduire les délais d’accès aux examens tout en maintenant un haut niveau de qualité ?
C’est toujours pareil : il faut avoir le bon niveau de financement afin que les investissements soient réalisés et les ressources qualifiées soient mises en place.
Quels modèles organisationnels innovants avez-vous développés pour répondre aux besoins des territoires ?
Sur nos plateformes de Bourgogne-Franche-Comté, les équipes médicales ont développé 5 partenariats avec des hôpitaux locaux dans le Jura, la Haute-Saône et la Côte-d’Or. L’attractivité de notre projet médical permet d’attirer de nombreux jeunes médecins, ce qui nous permet d’intervenir physiquement de manière permanente auprès de ces établissements publics et de leur apporter des expertises médicales étendues.
Comment voyez-vous évoluer la coopération entre hôpital public, médecine de ville et groupes d’imagerie ?
Je pense que les coopérations tels que celle que nous menons chez imaGen continueront à se développer. Elles répondent à des besoins forts des hôpitaux et les groupes de radiologues libéraux sont bien organisés pour y répondre. Une très grande partie de l’activité d’imagerie est d’ailleurs purement ambulatoire et peut être réalisée en dehors de l’hôpital.
Management et entrepreneuriat
Comment attire-t-on et fidélise-t-on aujourd’hui des radiologues et des manipulateurs ?
Par la qualité de la pratique que nous leur proposons. Ces professionnels ont besoin d’un environnement stable, qui leur permet d’exercer sereinement avec les moyens les plus modernes et efficaces pour eux et pour les patients.
Quelle culture d’entreprise cherchez-vous à développer chez imaGen ?
Une culture basée sur ces valeurs d’innovation et d’esprit d’équipe autour des projets de l’équipe médicale. C’est le moteur qualitatif du service aux patients.
Regard sur l’avenir de la santé
Quelle innovation transformera le plus profondément la santé dans les dix prochaines années ?
Je rêve d’une application connectée au DMP qui pousse régulièrement des recommandations santé, propose des rendez-vous de prévention et de suivi. Cette application, et surtout l’éducation à la santé, pourraient être initiées dès le collège. Cela permettrait une prise de conscience aux enjeux de santé dès le plus jeune âge. Cela permettrait de toucher tous les publics, y compris les plus vulnérables, qui doivent être au cœur d’une stratégie de santé pro-active.
Le Laboratoire de la République propose actuellement une réforme de la santé scolaire visant notamment à renforcer la prévention en faisant intervenir des étudiants en santé (externes et internes en médecine et pharmacie, étudiants en soins infirmiers etc…) directement dans les collèges et les lycées. Quel rôle pourraient jouer les outils numériques pour accompagner cette nouvelle politique de prévention auprès des jeunes ?
Je crois que nous devons changer complètement notre manière de parler de santé aux jeunes. Aujourd’hui, la prévention est souvent vécue comme une succession de messages descendants, parfois culpabilisants. Il faut au contraire qu’elle devienne ludique, personnalisée et positive.
Nous vivons dans une génération où le smartphone est devenu, d’une certaine manière, un troisième bras. Il serait paradoxal de vouloir faire de la prévention sans utiliser l’outil que les adolescents consultent plusieurs dizaines de fois par jour. Chaque action de prévention devrait désormais être accompagnée d’un outil numérique simple, interactif et utile : conseils personnalisés, rappels, questionnaires, vidéos, défis collectifs, suivi de ses progrès ou encore orientation vers un professionnel de santé si nécessaire.
Je suis également très favorable à la création d’un Dossier Médical Partagé « Jeunes », ouvert symboliquement à l’entrée en classe de sixième. Il ne s’agirait pas simplement d’un dossier médical, mais d’un véritable compagnon numérique de prévention. Les vaccinations, les bilans de santé, les actions de prévention réalisées au collège, les conseils personnalisés, les rendez-vous de suivi ou les campagnes nationales pourraient y être intégrés progressivement. Ce serait un outil d’autonomisation plutôt qu’un simple espace documentaire.
Naturellement, un tel dispositif ne pourrait fonctionner qu’en étant accompagné d’une véritable éducation à la santé. Les jeunes professionnels de santé auraient toute leur place dans cette démarche. Leur proximité générationnelle facilite le dialogue sur des sujets parfois difficiles : santé mentale, alimentation, sommeil, addictions, sexualité, vaccination ou encore désinformation sur les réseaux sociaux.
Au fond, nous devons faire de la santé et notamment de la santé des jeunes un véritable projet de société, au même titre que l’éducation ou la transition écologique. Investir dans la prévention dès le collège, associer les jeunes professionnels de santé et utiliser intelligemment les outils numériques, c’est donner à chaque adolescent les moyens de devenir acteur de sa propre santé. La prévention ne doit plus être un rendez-vous ponctuel ; elle doit devenir un réflexe quotidien, intégré dans le parcours de vie de chacun.
Quel changement réglementaire souhaiteriez-vous voir émerger pour accélérer l’innovation ?
Je devrais pouvoir déposer un seul dossier d’innovation à l’ARS ou à la CNAM qui a la maitrise de la donnée en plus de la responsabilité de la « caisse ». Sous 60 jours, je devrais recevoir une réponse positive ou négative, avec le cas échéant un accord de financement sur une durée déterminée, de l’ordre de 3 à 5 ans.
En fait, ce que vous proposez, c’est surtout l’idée d’un guichet unique de l’innovation en santé ?
Oui tout à fait. Aujourd’hui, lorsqu’un acteur développe une innovation qui améliore réellement la prise en charge des patients, il ne sait pas à quelle porte frapper. Faut-il s’adresser à la HAS pour l’évaluation ? À la DGOS pour l’organisation des soins ? À la DGS pour la stratégie de santé publique ? À la DSS ou à la CNAM pour le financement ? Cette fragmentation ralentit considérablement l’accès à l’innovation.
Je souhaiterais la création d’un guichet national unique de l’innovation en santé, réunissant dès l’origine l’ensemble des acteurs concernés : HAS, DGS, DGOS, DSS et Assurance Maladie (CNAM). Un innovateur déposerait un dossier unique présentant les bénéfices attendus pour les patients, l’organisation des soins, les indicateurs d’évaluation, les modalités de financement et les données en vie réelle à produire.
Ce guichet national unique de l’innovation en santé pourrait instruire ce dossier selon un calendrier partagé, avec un engagement de réponse sous soixante jours. Si le projet est retenu, il bénéficierait d’un financement temporaire, de trois à cinq ans, permettant de produire les données médico-économiques et cliniques nécessaires avant une intégration éventuelle dans le droit commun.
Nous devons passer d’une logique de guichets successifs à une logique de parcours unique de l’innovation. Ce changement simplifierait considérablement les démarches des entreprises, des établissements de santé et des professionnels tout en accélérant l’accès des patients aux innovations utiles.
Quels sont les signaux faibles que vous observez aujourd’hui et qui pourraient devenir majeurs demain ?
L’usure et le découragement des équipes me semblent être le risque majeur. Le système tient car les professionnels sont attachés à leur métier et se dévouent au service des patients. Mais la corde est très tendue, la pression est très forte, la reconnaissance est plutôt faible… Il faut alléger cette pression en transformant les modes de fonctionnement pour de meilleurs résultats.
Comment imaginez-vous le parcours d’un patient en imagerie médicale en 2035 ?
Robert vient d’avoir 65 ans et de prendre sa retraite. Son Appli DMP vient de lui envoyer une suggestion de check-up incluant une prise de sang et un scanner à basse dose, corps entier, assisté par l’IA, pour valider l’absence de pathologies détectables, après validation par un médecin radiologue. Ce check-up lui sera 100% remboursé par l’Assurance Maladie, qui s’assure ainsi de l’état de santé de Robert mais aussi de ses finances futures !
Si vous aviez un message à adresser aux décideurs publics, quel serait-il ?
Pour faire face aux enjeux démographiques de santé, il nous faut passer d’un modèle essentiellement curatif à un modèle d’accompagnement tout au long de la vie, en particulier pour gérer au mieux les maladies chroniques. Seul un fléchage massif des financements vers des pratiques de prévention, de détection précoce, de suivi des populations, soutenu par la mise en œuvre de l’IA et accompagné d’indicateurs de mesures de résultats permettra une véritable transformation afin de faire face à ce challenge. En pratique, il faudra aussi régionaliser ces financements et la mise en œuvre opérationnelle pour que les résultats soient constatés au plus vite « sur le dernier kilomètre » par la population.
Conclusion
Si nous nous retrouvons dans dix ans, qu’aimeriez-vous que l’on retienne de l’aventure imaGen et de votre contribution à l’innovation en santé ?
Que notre organisation a contribué à fortifier le secteur de l’imagerie et renforcé ses impacts positifs pour les patients et le système de santé.
Les grandes innovations naissent souvent de rencontres, mais aussi de lectures. Existe-t-il un livre qui a changé votre regard sur la santé, l’innovation ou l’action collective ? En quoi a-t-il influencé votre manière de penser et d’agir aujourd’hui ?
Mes 2 lectures récentes, Agnès Buzyn « Demain notre santé » et Nicolas Dufourcq « La dette sociale de la France » ont encore renforcé ma détermination à agir : c’est un véritable enjeu sociétal auxquels nous devons répondre, et nos entreprises de santé sont porteuses de solutions transformantes. Il faut faire bouger les lignes !
Rendez-vous mardi 14 juillet pour la prochaine note
« Les mardis de l’innovation en santé »
David Smadja est professeur d’hématologie à l’AP-HP et à l’Université Paris Cité, responsable de la Commission Santé du Laboratoire de la République.
Léa Behr est CEO de RespublicIA et membre de la commission Santé du Laboratoire de la République.