Auteur : Jean-Michel Blanquer

Hommage à Edgar Morin, l’homme du siècle

par Jean-Michel Blanquer le 3 juin 2026
Edgar Morin, philosophe et sociologue, s’est éteint vendredi 29 mai. Dans La Tribune Dimanche, le président du Laboratoire de la République Jean-Michel Blanquer a retracé le parcours de ce passionné de la connaissance.
Edgar Morin est mort. Cette phrase sonne comme un oxymore que j’ai peine à écrire tant il a incarné le principe de vie. Il y a quelques jours encore, il me tendait sa main comme pour boxer la mienne, accompagnant le geste d’une petite blague qui voulait dire « j’ai encore un peu de force et j’ai envie de vie, d’amitié et de rire ». Cette vitalité l’a amené jusqu’à sa cent cinquième année et elle habite son existence comme son œuvre. Elle était peut-être le fruit d’une résistance farouche initiale contre les forces du néant. Donné pour mort à sa naissance – le 8 juillet 1921 –, il finit quand même par pousser des cris grâce à l’acharnement du médecin. Il était déjà le survivant d’une tentative d’avortement de sa mère. Cette mère adorée décèdera lorsqu’il avait dix ans et cet événement « atomique » qu’il a narré dans plusieurs livres créera un vide insondable qu’il cherchera à combler durant toute son existence. Il le fera par la pensée et l’action. Il est, dans les années 1930, un gamin de Paris, fils d’un commerçant du Sentier issu d’une lignée de juifs de Salonique (histoire familiale et paternelle qu’il raconte magnifiquement dans Vidal et les siens). Il arpente Paname, avec toujours des journaux ou des livres sous le bras, en amoureux de ses rues, de ses chansons et de tous ses charmes. C’est dans ces années adolescentes qu’il découvre le cinéma et, déjà grand lecteur, il devient dévoreur de films. Je me souviens, un jour où je regardais Marius avec lui, de son introduction lumineuse pour exalter le génie de Pagnol, le lien avec la tragédie grecque, les déchirements des personnages. Il nous emportait. Questionner Edgar Morin, c’était ouvrir une fenêtre sur le XXe siècle Je le regardais et c’était le petit garçon de dix ans, encore émerveillé par la lanterne magique, que je voyais parler. N’était-il pas lui-même Marius, cet orphelin de mère attiré par le grand large ? De cet enfant avait surgi au cours des décennies suivantes un intellectuel dont la générosité de l’être donnait des analyses originales qui transcendait les disciplines et les chapelles. Il n’était pas qu’un interprète éclairé des enjeux inconscients et cachés de l’art cinématographique. Il alla jusqu’à se faire cinéaste, présentant avec Jean Rouche, à Cannes Chronique d’un été, splendide documentaire sociologique qui touche au but par sa façon bien morinienne de relier le simple et l’essentiel. « Comment vis-tu ? » était la question récurrente posée aux gens. Et le résultat était à son image : un moment doux et puissant de « cinéma-vérité » qui n’a pas vieilli. Entre l’adolescent pacifiste des années 1930 et le jeune homme des années 1950, l’épreuve fondamentale de la guerre avait forgé l’adulte par le bain de fer de la Résistance. Edgar était passé du patronyme de Nahoum à celui de Morin. Et cette métamorphose n’était pas que nominale. Il disait souvent que l’occupation l’avait façonné : « Nous avions à peine 20 ans et nous mettions nos vies dans la balance. » L’étudiant s’était prouvé son courage, son sens de l’organisation, sa capacité à créer du compagnonnage. Parfaitement décrit par Emmanuel Lemieux (« Le Réseau », Cerf, 2023), le réseau Charette – pseudonyme de Michel Cailliau, neveu de De Gaulle - fut une école de la vie où des amitiés et un amour essentiels se constituèrent. Je n’aimais rien tant que l’interroger à brûle-pourpoint sur les personnages de l’époque, Philippe Dechartre, Marguerite Duras, François Mitterrand… Questionner Edgar Morin, c’était ouvrir une fenêtre sur le XXe siècle. Personne n’illustrait mieux que lui que les divergences politiques ne devraient pas séparer les hommes C’était voir Sartre dans le désordre de son bureau, entendre Camus dans la clarté de son jugement, écouter Jankélévitch dans une leçon clandestine à Toulouse, sentir l’amitié de Breton, se promener avec Duras et Mascolo rue Saint-Benoît, mieux comprendre les ambiguïtés de Mitterrand… La politique, la littérature, les théories, les sentiments s’entremêlaient comme des fils formant un tissu de vie. L’aventure de la Résistance se continua par sa participation épique à la campagne d’Allemagne jusqu’à pénétrer dans le bureau de Hitler peu après la chute de Berlin. Buriné par la guerre Dans la vie intellectuelle et artistique des années 1950, Morin est ami de beaucoup par son esprit empathique et fâché avec certains par son indépendance d’esprit. C’est l’heure de la séparation du Parti communiste, qu’il analysera dans l’un de ses plus grands livres, Autocritique. C’était sa boucle de rétroaction à lui, sa manière de tirer une leçon de ses propres erreurs pour être utile aux autres et à lui-même. Ses engagements n’étaient pas toujours dépourvus de naïveté. C’était le plus souvent le corollaire de sa générosité. Nous eûmes bien des vues différentes. Au moins pouvait-on en discuter en toute fraternité. Personne n’illustrait mieux que lui que les divergences politiques ne devraient pas séparer les hommes. Morin est définitivement un franc-tireur, un explorateur. Son entrée au CNRS après-guerre, possible à cette époque pour l’autodidacte touche-à-tout buriné par la guerre qu’il était, lui avait donné le cadre permettant d’exercer toutes ses curiosités. Son livre sur la mort avait été un premier exemple extraordinaire de sa capacité à approfondir les questions les plus cruciales par de nouvelles approches permises par l’interdisciplinarité. Pas de conformisme, pas d’inhibition, pas de snobisme chez Morin. Plutôt une curiosité d’enfant qu’il revendiquait comme telle. « On n’est pleinement humain que si, adulte, on a gardé de l’enfance les tendresses, les curiosités, les jeux et de l’adolescence les aspirations » disait-il. Autant de vaccins contre la stérilité de l’académisme et contre la tentation du mépris venue des nouveaux sociologues installés, faux rebelles prompts à la vraie domination et dont il eut à souffrir parfois des réflexes d’excommunication. Morin est définitivement un franc-tireur, un explorateur Morin s’internationalise aussi dans ces années-là, notamment par le continent américain. Long séjour au Chili, voyages dans de nombreux pays d’Amérique latine puis moment Californien. Il fait au cours des années 1960 et 1970 des rencontres décisives, par exemple celle du brésilien Candido Mendes dans le cadre de l’Unesco. C’est autant de graines qui donneront des arbres. Morin sera ainsi très actif dans l’Académie de la latinité créée par Mendes pour le dialogue des cultures de socle méditerranéen, avec ses amis Alain Touraine, Mario Soares, Federico Mayor et bien d’autres. Nous y renforçâmes notre amitié. La fréquentation des scientifiques américains le conduit à des approches analogiques. Curieux de tout, il veut être à l’avant-garde des enjeux scientifiques et technologiques nouveaux et de ce qu’ils permettent de mieux comprendre pour les sciences de l’homme. Cette volonté de construire des ponts entre les savoirs le conduit à écrire dans les années 1970 son œuvre centrale, La Méthode, qui, en six volumes, cherche à fonder une nouvelle épistémologie. De là vint ma première rencontre, livresque, avec lui lorsque je travaillais à ma thèse sur Les méthodes du juge constitutionnel. Lire Morin sous cet angle, c’est frotter sans arrêt sa cervelle à des perspectives jusque-là inenvisagées. Morin a créé là non une encyclopédie nouvelle mais une grille de lecture inédite et perpétuellement utile, traduite par la notion de complexité qui devint son fétiche. Il tenait à ce que l’on forme l’enfant à une pensée critique, consciente que des prismes différents pouvaient s’appliquer à une même réalité Sa passion pour la connaissance et surtout pour la « connaissance de la connaissance » devait le mener inévitablement à se pencher sur les questions éducatives. Ce fut, avec l’Amérique latine, notre autre point de rencontre. Avec Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, publié sous l’égide de l’Unesco en 2000, Morin présente une vision de l’homme car une société saine est une société qui calque sa vision de l’éducation sur l’idée qu’elle se fait d’elle-même en tant que civilisation. C’est pourquoi il insiste tant sur la notion d’erreur. Il tenait à ce que l’on forme l’enfant à une pensée critique, consciente que des prismes différents pouvaient s’appliquer à une même réalité. Anticipant les enjeux cruciaux de nos temps actuels au regard des problèmes posés par la post-vérité, il voulait prémunir l’élève contre les certitudes mortifères, les passions anti-démocratiques, les manipulations multiples. Bref, il visait ce que doit chercher toute philosophie de l’éducation : la liberté. Un jour, tandis que je visitais Montpellier, je lui fis signe bien tardivement, car il y séjournait à cette époque. Comme toujours, il répondit oui. Et le voici avec Sabah m’accompagnant dans un lycée préparant les élèves au baccalauréat professionnel de cuisine. Il les interroge, disserte sur les vertus du sens gustatif, du geste de la main, de la gastronomie française. Bonhommie, simplicité, générosité, spontanéité, bonté, profondeur des vues… Tout était là et les élèves le percevaient avec l’enthousiasme des grands jours. La cohérence splendide de Morin entre sa théorie et sa vie se voyait dans ces moments-là. Il disait à la suite de Beethoven qu’il ne s’inclinait que devant la bonté. Dans La Méthode, le principe hologrammatique correspond à l’idée que le tout est fait de parties, mais que l’on trouve aussi le tout dans chacune des parties. Il s’est nourri de tout ce qui l’entourait tout en devenant partie intégrante de tous ceux qui l’ont absorbé. Et c’est ainsi qu’il pouvait affirmer : « J’ai pu grâce à vous tous devenir Edgar Morin ». Jean-Michel Blanquer Cet hommage est paru dans La Tribune Dimanche le 31 mai 2026. Crédit photo : Laurent CERINO/REA

Duo F. Baroin et J.-M. Blanquer : « République et territoire : la voie française » – Université d’été 2025

par François Baroin , Jean-Michel Blanquer le 3 septembre 2025 UE_Laboratoire_Republique_2025_10
Lors de la deuxième édition de l’Université d’été du Laboratoire de la République, organisée à Autun, François Baroin et Jean-Michel Blanquer ont échangé autour du thème « République et territoire ». Ils ont rappelé d’emblée que ce sujet constituait un enjeu majeur pour l’avenir national. « La République ne peut pas être un concept abstrait : elle doit vivre dans chaque ville, dans chaque village », a souligné François Baroin en ouverture, mettant l’accent sur l’ancrage territorial comme condition de la cohésion nationale.
Jean-Michel Blanquer a insisté sur l’importance de la République comme cadre protecteur face aux tentations de fragmentation. « Dans un monde traversé par les crispations identitaires, nous devons rappeler qu’il existe une voie française, à la fois universaliste et attentive à ses territoires », a-t-il déclaré. L’ancien ministre de l’Éducation a présenté cette articulation entre unité et diversité comme une clé de la stabilité démocratique. François Baroin a rappelé son expérience de maire et d’ancien président de l’Association des maires de France pour souligner le rôle concret des collectivités locales. Selon lui, « les maires sont les gardiens de la République au quotidien », capables de maintenir la confiance citoyenne par leur proximité. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les moyens donnés aux élus locaux afin qu’ils puissent répondre aux attentes sociales, économiques et culturelles des territoires, en particulier dans les zones rurales et périurbaines. Jean-Michel Blanquer a ensuite évoqué la question institutionnelle et la place de l’État déconcentré. Pour lui, l’enjeu n’est pas de céder à un fédéralisme régional mais de « bâtir une République décentralisée qui respecte ses principes fondateurs ». Il a insisté sur le fait que la République devait « conjuguer unité et souplesse », afin de s’adapter aux réalités locales sans renoncer à l’égalité entre les citoyens. Cette approche vise, selon lui, à éviter à la fois le centralisme excessif et la tentation du repli local. En conclusion, les deux intervenants ont convergé sur l’idée qu’une voix française devait se faire entendre sur la question républicaine et territoriale. « La République n’est pas seulement un héritage, c’est une promesse à tenir », a résumé François Baroin. Jean-Michel Blanquer a quant à lui affirmé que « penser la République par les territoires, c’est refuser l’opposition entre Paris et la province, et travailler à une même ambition nationale ». Ce dialogue a ainsi posé les bases d’une réflexion commune sur la manière de concilier attachement républicain et enracinement territorial. On en parle dans la presse JEUDY Bruno, VIGOGNE Ludovic. « François Baroin, maire de Troyes et Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation : « La France n’est pas dans la situation de la Grèce » ». 31/08/25. https://youtu.be/XST_jnx8KyY?feature=shared

Débat E. Philippe et B. Cazeneuve : « Comment sortir de l’impasse ? » – Université d’été 2025

par Bernard Cazeneuve , Edouard Philippe , Jean-Michel Blanquer le 2 septembre 2025 UE_Laboratoire_Republique_2025_6
À l’occasion de la deuxième université d’été du Laboratoire de la République, qui s’est tenue à Autun du 28 au 30 août 2025, un débat d’exception a réuni deux anciens Premiers ministres, Bernard Cazeneuve et Édouard Philippe. Modérée par Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire, la rencontre devait initialement s’intituler « Dans un monde en crise, quelles politiques pour la France ? ». Mais face à la gravité de l’actualité, le débat a été rebaptisé « Comment sortir de l’impasse ? ». Un échange porteur d’un message clair : la France ne pourra s’en sortir que par la responsabilité et le compromis.
Les deux anciens Premiers ministres ont dressé un constat partagé : la pratique verticale du pouvoir et l’absence de projet présidentiel ont affaibli durablement l’exécutif. Tous deux ont plaidé pour la recherche d’un compromis, estimant qu’il est indispensable de préserver la stabilité institutionnelle et d’éviter une nouvelle dissolution. Sans aborder leurs ambitions personnelles, B. Cazeneuve et E. Philippe ont délivré un message commun : face aux fractures politiques et sociales, seule la responsabilité collective et l’esprit de rassemblement républicain permettront à la France de surmonter ses crises. On en parle dans la presse MONTAGGIONI Benoît. «Trois anciens Premiers ministres réunis à Autun ce vendredi». Le Journal de Saône et Loire. 28/08/2025 DELAIR Victor. «« Il ne fait pas tout ça pour être Premier ministre » : à Autun, Bernard Cazeneuve reste discret sur ses ambitions». Le Parisien. 29/30/2025 MONTAGGIONI Benoît. «Édouard Philippe à propos de la crise politique : « Nous ne devons pas nuire »». Le Journal de Saône et Loire. 30/08/2025 ««Comment en sommes nous arrivés là ?» Les constats et les pistes de sortie de Bernard Cazeneuve et Edouard Philippe pour s’en sortir». Autun Infos. 30/08/2025 DUFAY Samuel. «À Autun, Bernard Cazeneuve, Édouard Philippe et le non-dit de Matignon.» Le Point. 30/08/2025 https://youtu.be/Nw_9SRpR7-Q

Discours de Jean-Michel Blanquer : « Quel idéal de société pour notre République ? » – Université d’été 2025

par Jean-Michel Blanquer le 2 septembre 2025 UE_Laboratoire_Republique_2025_9
À l’occasion de la clôture de la deuxième Université d’été du Laboratoire de la République, tenue à Autun, Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire, a prononcé un discours ambitieux et rassembleur intitulé « Quel idéal de société pour notre République ? ». Devant les participants réunis pendant trois jours d’ateliers et de débats, il a appelé à réaffirmer la force des valeurs républicaines, à dépasser les logiques d’affrontement et à redonner à la jeunesse un horizon commun. Son intervention a posé les bases d’un projet de société qui conjugue liberté, unité, justice sociale, laïcité et confiance dans l’avenir. Jean-Michel Blanquer a lancé un appel à tous : refuser le fatalisme, cultiver l’esprit républicain et œuvrer ensemble à un idéal de société fidèle à la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité.
Un idéal commun face aux défis de notre temps Jean-Michel Blanquer a ouvert son discours en rappelant le sens profond de cette rencontre : aimer la France, la République et la démocratie, préférer la concorde au conflit, et refuser toute fatalité face aux discours de division ou de chaos.Face à la montée des autoritarismes dans le monde, il a défendu une conviction claire : « les forces de liberté seront plus fortes », à condition de porter une vision cohérente et des projets concrets pour l’ensemble des citoyens. Autun, symbole de l’histoire et de l’unité française En choisissant Autun pour ce rendez-vous républicain, l’ancien ministre de l’Éducation a souligné la dimension historique et géographique de la ville, témoin de la rencontre entre Gaulois et Romains et du développement de la civilisation gallo-romaine. Autun incarne ainsi la construction progressive d’une nation qui fut d’abord une idée avant de devenir une réalité politique et sociale. Une République indivisible, sociale et laïque Dans son intervention, Jean-Michel Blanquer a décliné les principes fondateurs de la République : La République indivisible, avec une vision renouvelée des libertés locales : simplifier les institutions, clarifier les compétences, renforcer l’efficacité publique et garantir l’unité nationale tout en donnant aux territoires la capacité d’agir. La République sociale, qui place la jeunesse au cœur du projet républicain. Investir dans l’éducation, la natalité, la cohésion intergénérationnelle et une économie juste est, selon lui, la condition pour sortir du pessimisme et redonner foi en l’avenir. La République laïque, « trésor national » qu’il faut défendre avec détermination face aux replis communautaristes et aux tentations de renoncement. La laïcité, a-t-il affirmé, n’est pas une option mais un socle de liberté et d’égalité, notamment dans le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes. La République démocratique, enfin, car la démocratie est aujourd’hui fragilisée par des menaces extérieures et intérieures. Jean-Michel Blanquer a rappelé son concept d’« asymétrie démocratique » : les ennemis de la démocratie, tels que les ingérences russes sur les réseaux sociaux, disposent de moyens considérables que les démocraties n’ont pas. Conscients de ces faiblesses, nous devons agir pour renforcer la démocratie et léguer un héritage républicain plus solide aux générations futures. Un appel à la jeunesse et aux Français sociétaires Jean-Michel Blanquer a insisté sur le rôle de la jeunesse, qui doit être actrice et non spectatrice de la République. L’éducation, la santé, la prévention, la transition écologique et l’innovation doivent être pensées comme des leviers pour bâtir une société optimiste et solidaire.Mais cet appel vaut pour l’ensemble des citoyens : chacun doit assumer sa part de responsabilité en tant que Français sociétaire, c’est-à-dire acteur de la République et non simple bénéficiaire. Conclusion : vers une République intégrale Ce discours de clôture a marqué la volonté du Laboratoire de la République de poursuivre sa mission : unir, éclairer et proposer des solutions concrètes au service de la République et de son avenir.En conclusion, Jean-Michel Blanquer a appelé à construire une « République intégrale », qui rassemble l’indivisible, le social, le laïque et le démocratique, et qui engage pleinement chaque citoyen comme sociétaire de la République. On en parle dans la presse CASSINI Sandrine. «A Autun, le camp « républicain » exhorte le PS au « compromis » pour éviter la « crise de régime » ». Le Monde. 30/08/2025 «Jean-Michel Blanquer : «Il s’agit maintenant de créer l’unité des territoires, mais aussi celle des citoyens»». Autun Infos. 01/09/2025 https://youtu.be/wGRJJ9EgZR4

Les fondamentaux du Laboratoire

par Jean-Michel Blanquer le 4 octobre 2021
Pourquoi un Laboratoire de la République ?
Chers amis, Nous, Républicains convaincus, sommes nombreux à nous inquiéter des nouvelles radicalités issues des deux extrêmes de notre champ politique. Ces revendications identitaires de toute nature remettent en cause l’héritage universaliste des Lumières et morcellent dangereusement notre corps politique. Ces extrémismes de tous bords imposent des lignes de partage arbitraires entre les sommés de se taire et les sommés de s’offenser, entraînant dans leur sillon certains de nos concitoyens dans un discours et une attitude de défiance, qui sèment la haine et encouragent la violence. Face à ces idéologies, animées par des minorités activistes très organisées, des voix républicaines se font entendre. Lucides, courageuses, conscientes des risques qui pèsent sur l’exercice de nos libertés, ces voix, même si elles sont celles de la majorité, se dissipent, car elles n’ont pas suffisamment d’écho. Il est temps de nous unir et de rassembler nos forces, pour répondre haut et fort, pied à pied, à tous ceux qui veulent nous fracturer et reconquérir le terrain des idées et de notre idéal républicain, pour que nos voix portent dans le débat public à hauteur de notre nombre. Le Laboratoire de la République naît de cette volonté. La République, indivisible, laïque, démocratique et sociale, est notre bien commun. C’est un trésor que nous avons reçu, et que nous ne voulons pas laisser dilapider par ceux qui cherchent à rompre le contrat qui nous lie. Sachons protéger son intégrité en tant que lieu de notre souveraineté, de l’expression du peuple par le peuple, de la délibération démocratique, et de la défense du progrès. Sachons aussi l’inventer pour aujourd’hui, afin qu’elle fasse rempart aux idéologies populistes qui la mettent à mal. Le Laboratoire de la République est un lieu de débats et d'actions, d’expérimentation et d’élaboration d'une pensée républicaine pour répondre au moment historique que nous vivons. Nous avons besoin de toutes les forces venues de tous les horizons et de toutes les contributions, quelles que soient leurs formes. Chacun y apportera sa vision, ses talents et son énergie pour une République concrète au service de tous ses citoyens, qui épouse les défis de notre temps. En faisant vivre le Laboratoire de la République, faisons vivre ensemble la République ! Jean-Michel Blanquer,Président du Laboratoire de la République

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