Santé

Désinformation en santé : les propositions du Laboratoire retenues dans un rapport ministériel

par L'équipe du Lab' le 13 janvier 2026
La désinformation en santé n’est plus un phénomène marginal : elle constitue désormais une menace majeure pour la qualité des soins, la confiance dans la science et la cohésion sociale. Un rapport remis au ministre de la Santé le 12 janvier 2026 dresse un constat préoccupant et formule des recommandations ambitieuses pour endiguer la propagation de fausses informations médicales. Le rapport reprend plusieurs axes structurants défendus par le Laboratoire de la République, sous l’impulsion de David Smadja et Nathalie Sonnac.

Désinformation en santé : un enjeu majeur de santé publique

Le rapport remis au ministre de la Santé le 12 janvier 2026 tire la sonnette d’alarme : la désinformation en santé fragilise notre système de soins et met à mal le débat public. À l’heure des réseaux sociaux et de l’information instantanée, les fausses nouvelles circulent plus vite que jamais, souvent au détriment de la rigueur scientifique.

Le document met en lumière plusieurs constats préoccupants. Plus de la moitié des jeunes âgés de 15 à 30 ans (53 %) s’informent principalement via Instagram, TikTok ou YouTube. Sur ces plateformes, les algorithmes favorisent les contenus émotionnels, spectaculaires ou polarisants, au détriment des informations fondées sur des données scientifiques solides.

Dans ce contexte, les fausses informations relatives aux vaccins, aux traitements médicaux, à l’alimentation ou encore à la santé mentale se diffusent rapidement, bien plus vite que les réponses institutionnelles. Ces dernières peinent souvent à suivre le rythme et à adopter les codes de communication propres aux nouveaux usages numériques.

Le rapport souligne également le rôle actif de certains acteurs de la désinformation : influenceurs, groupes militants, scientifiques dévoyés ou encore lobbies industriels exploitent les failles du système informationnel. À l’inverse, les scientifiques, journalistes ou lanceurs d’alerte qui défendent les faits et l’intégrité scientifique sont fréquemment exposés à des campagnes de harcèlement, des menaces ou des procédures-bâillons.

Des recommandations structurantes pour enrayer la désinformation

Face à ce constat, le rapport formule une série de recommandations destinées à structurer une réponse durable et collective.

Il préconise d’abord de renforcer l’éducation à l’esprit critique dès l’école et tout au long de la vie, afin de permettre à chacun de mieux évaluer la fiabilité des informations auxquelles il est exposé. La formation des professionnels de santé, des journalistes et des cadres publics à la communication scientifique et à la lutte contre la désinformation constitue également un levier essentiel.

Parmi les propositions phares figure la création d’un Info-Score Santé, inspiré du Nutri-Score, destiné à évaluer la fiabilité des sources d’information en santé. Le rapport recommande également la mise en place d’un Observatoire de l’information en santé, s’appuyant sur une intelligence artificielle dédiée et un système d’infovigilance capable de détecter et de contrer les fausses informations en temps réel.

Enfin, le texte insiste sur la nécessité de sanctionner les désinformateurs, tout en renforçant la protection des scientifiques et experts qui contribuent à l’information du public.

Des propositions déjà formulées par le Laboratoire de la République

Dès décembre 2024, le Laboratoire de la République, à travers les travaux de David Smadja et Nathalie Sonnac, avait formulé plusieurs propositions pour lutter contre la désinformation en santé. Ces analyses et recommandations sont disponibles sur notre site internet.

Le rapport officiel peut quant à lui être consulté sur le site du ministère de la Santé.

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