Le 30 mars 2023, la commission d'enquête "visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France" a rendu son rapport. Ses conclusions décryptent les raisons de ce constat. Le député Antoine Armand évoque pour la commission Défi environnemental du Laboratoire les pistes de solution pour regagner en souveraineté et favoriser sobriété et transition énergétique vertueuse.
Antoine Armand, dans le cadre des travaux de la commission « défi environnemental » du Laboratoire de la République, nous éclaire sur les décisions politiques qui ont conduit à la situation de dépendance énergétique actuelle.
Celle-ci a impliqué, l’hiver dernier, la nécessité de prendre des mesures d’urgence en matière de sobriété. Le parlementaire, en revenant sur les principales conclusions de la commission d’enquête, nous explique les grandes orientations qui permettront de retrouver notre souveraineté énergétique et d’optimiser la transition écologique.
Regarder l’entretien en entier sur notre chaîne Youtube :
Entretien avec le député Antoine Armand, rapporteur de la commission d’enquête « visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France »
Et si la santé publique relevait aussi des responsabilités municipales ? Dans cette note, première de notre série consacrée aux élections municipales, David Smadja défend l’idée d’un maire pleinement acteur de la santé des citoyens et appelle à intégrer la culture scientifique au cœur de la décision locale pour renforcer la démocratie.
Dans cette note « Pour une République des savoirs partagés : le maire, acteur oublié de la santé publique », David Smadja défend une thèse claire : la santé publique ne se joue pas uniquement à l’hôpital, mais dans l’ensemble des politiques locales (urbanisme, logement, transports, environnement). À rebours d’une vision strictement sanitaire, il rappelle que le maire, par sa proximité avec le terrain et ses compétences en matière d’aménagement et de gouvernance, devrait être reconnu comme un acteur central de la santé des populations.
Pourtant, face à la technicité croissante des enjeux contemporains (crises sanitaires, changement climatique, pollutions, risques environnementaux…), les élus locaux restent insuffisamment armés pour dialoguer avec les experts, interpréter les données scientifiques et anticiper les impacts de long terme de leurs décisions. La pandémie de Covid-19 a mis en lumière ce décalage entre savoir scientifique et pouvoir local, révélant l’isolement de nombreux maires face à des décisions complexes.
S’inscrivant dans la dynamique portée par la Fondation Charpak, l’auteur plaide pour une véritable « République des savoirs partagés ». Cela suppose de renforcer la formation scientifique des élus, d’organiser un dialogue structuré entre chercheurs et décideurs, et d’intégrer pleinement la culture de la preuve dans la gouvernance territoriale. À l’heure des crises multiples, il en va non seulement de l’efficacité des politiques publiques, mais aussi de la qualité démocratique de nos institutions.
David Smadja est professeur d'hématologie (Université Paris Cité, Inserm PARCC et Hôpital Européen Georges Pompidou) et responsable de la commission Santé du Laboratoire de la République.
Municipales 2026 - Note SantéTélécharger
Face à l’accélération des crises climatiques et sanitaires, le système hospitalier est appelé à se transformer en profondeur. À la croisée des enjeux de santé publique et de transition écologique, cette note propose la création d’un label « Hôpital de Santé Environnementale » pour structurer, valoriser et accélérer les démarches de soins durables. Une initiative ambitieuse pour faire de l’hôpital un acteur central de la santé de demain, à la fois plus responsable, plus préventif et mieux ancré dans les réalités territoriales.
La note de David Smadja et Marin de Nebehay met en lumière la nécessité urgente de repenser le rôle de l’hôpital face aux défis environnementaux, désormais reconnus comme des déterminants majeurs de santé. Pollution, dérèglement climatique et expositions multiples influencent directement l’état de santé des populations, tandis que le secteur hospitalier contribue lui-même significativement aux émissions de gaz à effet de serre.
Pour répondre à ce paradoxe, les auteurs s’appuient sur le concept d’exposome, qui permet d’appréhender la santé comme le résultat de l’ensemble des expositions subies tout au long de la vie. Cette approche ouvre la voie à une médecine plus préventive et territorialisée.
La note souligne également que de nombreuses initiatives existent déjà dans les établissements de santé (réduction des examens inutiles, logistique décarbonée, mutualisation des équipements), mais restent dispersées et insuffisamment valorisées.
La création d’un label national « Hôpital de Santé Environnementale » est ainsi proposée pour structurer ces démarches autour d’un référentiel commun : réduction des émissions, pertinence des soins, gestion des déchets, formation, mobilité durable ou encore sobriété numérique. Adaptable aux réalités locales, ce label constituerait un levier d’attractivité et d’innovation pour les établissements.
Enfin, les auteurs plaident pour un financement hybride, inspiré de modèles européens, afin d’accompagner cette transformation sans alourdir les charges hospitalières. Au-delà d’une simple réforme, il s’agit d’inscrire durablement l’hôpital dans une logique de « santé planétaire », conciliant qualité des soins, responsabilité environnementale et justice sociale.
Note Santé environnementaleTélécharger
À l’occasion du lancement de la newsletter hebdomadaire « Les mardis de l’innovation en santé »,David Smadja et Léa Behr proposent une réflexion fondatrice sur les transformations qui redessinent aujourd’hui le paysage sanitaire. À la croisée des sciences du vivant, de l’intelligence artificielle, des données de santé, des biotechnologies et des innovations organisationnelles, cette première contribution expose les ambitions de cette nouvelle série de publications : décrypter les innovations émergentes, éclairer leurs enjeux pour les patients et les professionnels, et nourrir le débat public autour des choix qui façonneront la santé du XXIe siècle.
La santé entre dans une nouvelle phase de transformation. Après les révolutions thérapeutiques, biologiques et numériques des dernières décennies, une nouvelle dynamique est désormais à l’œuvre, portée par la convergence entre les sciences du vivant, les données de santé, l’intelligence artificielle, les biotechnologies et les innovations organisationnelles.
Cette évolution dépasse largement le cadre du progrès technologique. Elle modifie en profondeur notre manière de prévenir les maladies, d’établir les diagnostics, de personnaliser les traitements, d’organiser les parcours de soins et de piloter les politiques publiques de santé. Les innovations qui émergent aujourd’hui dessinent progressivement un nouveau modèle de santé, plus prédictif, plus préventif, plus personnalisé et potentiellement plus efficient.
Dans le même temps, les défis auxquels notre système de santé est confronté n’ont jamais été aussi importants. Vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques, tensions sur les ressources humaines, contraintes budgétaires, attentes croissantes des citoyens, enjeux de souveraineté sanitaire et compétition internationale imposent de repenser les modalités d’organisation et de financement de la santé.
L’innovation apparaît ainsi non seulement comme un facteur de progrès médical mais également comme un levier stratégique permettant de répondre aux défis structurels auxquels notre pays est confronté. C’est dans cet esprit que le Laboratoire de la République lance une série de notes hebdomadaires consacrées à l’innovation en santé.
L’ambition de cette initiative est de contribuer au débat public en apportant un éclairage rigoureux, indépendant et prospectif sur les transformations qui façonnent la médecine et le système de santé du XXIe siècle. Dans un environnement où les annonces se multiplient et où les cycles d’innovation s’accélèrent, il est devenu essentiel de distinguer les ruptures technologiques majeures des évolutions plus incrémentales, d’identifier les innovations réellement créatrices de valeur et de mieux comprendre les conditions de leur déploiement au bénéfice des patients et de la collectivité.
Ces publications n’ont pas vocation à promouvoir des acteurs particuliers ni à défendre des intérêts sectoriels. Elles visent à analyser les évolutions scientifiques, médicales, technologiques et organisationnelles qui pourraient avoir un impact significatif sur la santé publique, la qualité des soins, l’organisation du système de santé et la compétitivité de notre écosystème d’innovation.
Notre conviction est simple : l’innovation ne doit pas être évaluée uniquement à travers sa performance technologique. Sa véritable valeur réside dans sa capacité à améliorer la santé des populations, renforcer la prévention, faciliter le travail des professionnels, optimiser les parcours de soins et contribuer à la soutenabilité du système de santé.
Au cours des prochains mois, les Notes du Laboratoire de la République exploreront les principaux champs de transformation de la santé contemporaine.
L’intelligence artificielle occupera naturellement une place centrale dans cette réflexion. Longtemps considérée comme un simple outil d’aide à la décision, l’IA devient progressivement une technologie structurante capable de transformer l’ensemble de la chaîne de valeur de la santé. Ses applications concernent déjà l’interprétation de l’imagerie médicale, l’analyse biologique, l’aide au diagnostic, la médecine prédictive, la découverte de nouveaux médicaments, l’optimisation des parcours de soins ou encore l’automatisation de nombreuses tâches administratives.
Mais au-delà de ces usages, une nouvelle étape se dessine : celle des systèmes de santé dits « IA-Native ». À l’image des organisations nativement numériques qui ont profondément transformé d’autres secteurs économiques, les futures organisations de santé pourraient être conçues dès l’origine autour des capacités offertes par l’intelligence artificielle. Dans cette perspective, l’IA ne constituerait plus une couche technologique supplémentaire venant améliorer des processus existants ; elle deviendrait un élément constitutif de la conception même des parcours de soins, de la prévention, de la recherche clinique, de l’organisation hospitalière et de la santé publique. Cette transformation pourrait favoriser une médecine davantage prédictive, une prévention personnalisée à grande échelle, une détection plus précoce des maladies, une meilleure allocation des ressources et une coordination renforcée des parcours patients. Elle soulève également des questions fondamentales relatives à la gouvernance des données, à la transparence des algorithmes, à la souveraineté numérique, à la cybersécurité et à la préservation de la relation humaine au cœur du soin.
Les futures notes s’intéresseront également aux évolutions de la biologie médicale, devenue un acteur central de la décision clinique. Les progrès des technologies analytiques, des biomarqueurs, du diagnostic moléculaire et de la biologie délocalisée ouvrent de nouvelles perspectives pour accélérer les diagnostics, personnaliser les prises en charge et améliorer l’efficience des parcours de soins. La biologie médicale n’est plus seulement un outil de confirmation diagnostique ; elle participe désormais pleinement à la médecine de précision et à la prévention.
La génétique constituera également un axe majeur de réflexion. Les avancées du séquençage à haut débit, l’amélioration des capacités d’analyse des données biologiques et le développement de nouvelles approches thérapeutiques permettent d’envisager une médecine toujours plus individualisée. Ces progrès concernent aussi bien les maladies rares que l’oncologie, la prévention, le dépistage ou encore l’identification précoce des facteurs de risque.
L’imagerie médicale et la radiologie connaissent elles aussi une évolution profonde. L’intégration croissante des outils d’intelligence artificielle, l’amélioration des capacités d’acquisition et la convergence entre données cliniques, biologiques et radiologiques ouvrent la voie à des approches diagnostiques toujours plus précises et personnalisées.
La prévention occupera une place particulière dans cette série. Pendant longtemps, les systèmes de santé ont principalement été organisés autour du traitement des maladies. Les défis démographiques et économiques imposent aujourd’hui un changement de paradigme. Les innovations permettant d’identifier plus précocement les risques, d’anticiper les complications et de personnaliser les stratégies préventives pourraient constituer l’un des principaux leviers d’amélioration de la santé des populations au cours des prochaines décennies.
Au-delà des innovations technologiques, ces notes s’intéresseront également aux innovations organisationnelles, aux nouveaux modèles de financement, aux transformations des parcours de soins et aux évolutions des politiques publiques de santé. L’histoire montre en effet que les progrès les plus significatifs résultent souvent de la combinaison entre innovation scientifique, innovation organisationnelle et innovation réglementaire.
L’innovation en santé est aujourd’hui devenue un enjeu majeur de souveraineté. La maîtrise des technologies stratégiques, des infrastructures numériques, des données de santé, des capacités de recherche et de production constitue désormais un déterminant essentiel de la résilience des nations. Dans un environnement international marqué par une accélération des investissements et une compétition technologique croissante, la France dispose d’atouts considérables : une recherche biomédicale reconnue, un système hospitalier de qualité, des professionnels hautement qualifiés et un écosystème d’innovation dynamique. Ces forces devront néanmoins être pleinement mobilisées pour permettre l’émergence d’innovations créatrices de valeur pour les patients et pour la société.
Conscient que la diffusion des connaissances ne peut plus aujourd’hui reposer sur un seul format, le Laboratoire de la République développera une approche éditoriale multicanale associant notes d’analyse, tribunes, décryptages, entretiens, podcasts et contenus audiovisuels. Chaque sujet pourra ainsi être abordé selon plusieurs niveaux de lecture, depuis l’analyse approfondie destinée aux décideurs publics, aux professionnels de santé et aux experts, jusqu’à des formats plus accessibles permettant de toucher un public plus large.
Cette diversité des formats répond à une même ambition : rendre les enjeux scientifiques, technologiques et organisationnels de la santé plus compréhensibles, plus accessibles et plus utiles au débat public. Les notes hebdomadaires constitueront le socle de cette démarche. Elles pourront être complétées par des podcasts réunissant chercheurs, cliniciens, entrepreneurs, représentants des patients, experts et décideurs publics, ainsi que par des vidéos pédagogiques permettant d’expliquer les grandes innovations qui transforment la santé et leurs implications pour notre société.
Au-delà de l’analyse, cette démarche vise également à créer un espace d’échange entre les différents acteurs de l’écosystème de santé. L’innovation ne se construit pas uniquement dans les laboratoires, les hôpitaux, les universités ou les entreprises ; elle se nourrit de la confrontation des expériences, des expertises et des points de vue. En associant différents formats et différentes voix, le Laboratoire de la République entend contribuer à faire émerger une réflexion collective sur les transformations de la santé, leurs opportunités et leurs conditions de réussite.
Chaque semaine, les Notes du Laboratoire de la République auront ainsi pour objectif de décrypter les innovations émergentes, d’en analyser les bénéfices potentiels, d’en identifier les limites et d’éclairer les choix qui devront être faits dans les années à venir. La santé de demain ne se construira ni contre la science, ni contre l’innovation. Elle devra au contraire s’appuyer sur les avancées technologiques tout en demeurant fidèle aux principes d’équité, de solidarité, de confiance et d’humanisme qui fondent notre modèle de santé.
Parce que les décisions prises aujourd’hui détermineront les capacités de notre système de santé à répondre aux défis de demain, il est essentiel de comprendre, d’évaluer et d’anticiper les innovations qui transforment déjà notre présent.
À travers ses notes, ses podcasts, ses vidéos et ses travaux de prospective, le Laboratoire de la République souhaite contribuer à éclairer les choix qui façonneront la santé de demain, en plaçant l’innovation, la prévention, la science et l’intérêt général au cœur du débat public.
Rendez-vous le mardi 23 juin pour la première note
« Les mardis de l’innovation en santé »
David Smadja est professeur d’hématologie à l'AP-HP et à l'Université Paris Cité, responsable de la Commission Santé du Laboratoire de la République.
Léa Behr est CEO de RespublicIA et membre de la commission Santé du Laboratoire de la République.
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