Mercredi 22 mars, l'antenne lilloise du Laboratoire de la République a organisé une table ronde sur le sujet : "Penser la Défense en République". Retour sur les échanges qui ont animé la soirée avec nos intervenants : Anne-Pascale Guedon, représentante de l'association "Avec les femmes de la Défense" et colonelle de la réserve citoyenne de l'armée de l'air, le vice-amiral Loïc Finaz, ex-directeur de l'Ecole de guerre et fondateur de la Fondation de la mer et Michel Guérin, ancien inspecteur général de la DGSI et ancien professeur à Sciences Po.
La relation entre la Défense et la République est très ancienne et importante dans notre société. Elle protège notre démocratie et nos libertés. En République, la question militaire est l’apanage des militaires mais aussi des citoyens. Il faut savoir penser les rapports de force et les enjeux de Défense dans l’univers numérique et cosmique. Dans cette table ronde, il s’agit de décloisonner les questions de Défense et les articuler dans un sens républicain. Nous avons besoin de défendre plus largement notre idéal républicain et démocratique. Il n’y a jamais de réussite de défense sans un idéal.
De nombreux sujets ont été évoqués : celui du cyberespace et les moyens de la France pour lutter contre les réseaux d’influence, celui de la situation des femmes dans l’armée ou encore la vision d’une défense commune européenne…
Comment conjuguer liberté religieuse et vivre-ensemble dans notre République ?
C’est à cette question brûlante qu’ont répondu, le 24 septembre 2025 à Bordeaux, le grand imam Tareq Oubrou, le professeur de droit public Ferdinand Mélin-Soucramanien, la présidente de la LICRA Bordeaux-Gironde Sarah Bromberg et le prêtre Basile Dumont. Entre cadre juridique, éducation des jeunes, égalité femmes-hommes et diversité des pratiques spirituelles, la soirée a offert un débat riche et sans détour sur la laïcité, ce pilier républicain qui nous unit tous.
Le 24 septembre 2025, le Laboratoire de la République inaugurait son antenne bordelaise à l’occasion d’une conférence consacrée au thème « Laïcité et religions : quels chemins pour vivre ensemble ? », en présence de Ferdinand Mélin-Soucramanien (professeur de droit public), Tareq Oubrou (grand imam de Bordeaux), Sarah Bromberg (présidente de la LICRA Bordeaux-Gironde) et de Basile Dumont (prêtre de la paroisse de Talence).
Les échanges ont permis d’explorer ce principe fondateur de la République sous ses dimensions historique, juridique, sociologique et contemporaine, confirmant que la laïcité est une condition essentielle du vivre-ensemble, tout en révélant les tensions qui traversent son application dans un contexte marqué par la pluralité religieuse et l’évolution des pratiques sociales.
Un cadre historique et juridique en constante évolution
La laïcité s’enracine dans des jalons législatifs majeurs, comme le souligne Ferdinand Mélin-Soucramanien : la laïcisation de l’enseignement en 1882, la séparation des Églises et de l’État en 1905, ou encore la récente loi de juillet 2025 contre le racisme et l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Trois piliers en structurent la définition : liberté de conscience, séparation de l’État et des cultes, et obligation de se conformer aux règles communes sans invoquer ses croyances.
Le Conseil constitutionnel a lui-même cherché à la définir, notamment dans une décision de 2004, au moment où se posait la question de l’articulation entre la Constitution française et le projet de Traité pour une Constitution européenne. Il avait alors affirmé que la laïcité interdit à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes. Cette interprétation, à laquelle Ferdinand Mélin-Soucramanien dit se rallier, fait de la laïcité non seulement une garantie de liberté mais aussi une condition du vivre-ensemble et un pilier de la République.
Religion, société et jeunesse : des rapports contrastés
Loin d’être un principe figé, la laïcité s’adapte aux évolutions sociétales. Tareq Oubrou rappelle que toute religion ne se vit pas seulement, elle se pense également. Faute d’un travail d’interprétation et de médiation doctrinale, une « sainte ignorance » traverse toutes les religions. L’accès direct et sans filtre aux contenus religieux via les réseaux sociaux favorise ce qu’il appelle une « désécularisation sauvage », où les jeunes, souvent plus connectés à TikTok qu’à leurs propres parents ou à des médiateurs, se montrent parfois plus religieux que la génération précédente.
Dès lors, l’enjeu de la transmission devient central. « On ne peut pas obliger quelqu’un à adorer Dieu », rappelle Tareq Oubrou, soulignant que la coercition religieuse, physique ou psychologique, est non seulement juridiquement interdite mais théologiquement vaine. La foi suppose liberté et intention. D’où l’importance, selon lui, d’introduire le doute, la pédagogie et une éducation au discernement dès l’enfance.
Dans cette perspective, Sarah Bromberg insiste sur la dimension éducative et citoyenne de la laïcité, notamment auprès des jeunes, mais aussi sur l’égalité entre femmes et hommes, qui doit demeurer un principe intangible dans la société.
Liberté religieuse, espace public et ordre républicain
La laïcité se situe à l’intersection de la liberté religieuse garantie par le droit, y compris européen, et de la neutralité attendue des institutions. Les discussions ont rappelé une distinction fondamentale : si les agents du service public doivent rester neutres, l’espace public ne saurait être totalement aseptisé.
Ferdinand Mélin-Soucramanien a insisté sur la nécessité de renforcer la neutralité dans certains services particulièrement sensibles, comme l’hôpital public et les transports. Mais il met en garde contre une crispation excessive sur les signes religieux dans l’espace public.
Cette distinction a été largement reprise par les intervenants : la République est laïque, mais l'ensemble des individus constituant notre société ne l’est pas. La laïcité n’est pas une religion ni une idéologie, mais une branche commune « sur laquelle tout le monde est assis », selon l’expression de Tareq Oubrou, et que chacun, croyant ou non, a le devoir de défendre car elle protège tous les citoyens.
Une recomposition du paysage religieux
Les évolutions religieuses en France reflètent à la fois un reflux global et des dynamiques de renouveau. Basile Dumont souligne par exemple l’augmentation significative du nombre d’adultes demandant le baptême, multiplié par deux en quelques années, signe d’un regain de quête spirituelle. En parallèle, les travaux de politistes comme Yann Raison du Cléziou mettent en évidence un mouvement plus général de reflux des pratiques religieuses.
Tareq Oubrou cite aussi Peter Berger, sociologue américain, qui dès les années 1980 constatait le retour du religieux dans l’espace politique, notamment à travers les mouvements évangéliques. La France n’échappe pas à cette recomposition, où coexistent désaffiliation et réinvestissement religieux.
Perspectives et recommandations
Les intervenants ont formulé plusieurs recommandations pour l’avenir :
• Clarifier davantage encore la distinction entre liberté dans l’espace public et règles strictes de neutralité dans les services publics, à renforcer dans certains services particulièrement sensibles.
• Promouvoir une sensibilisation large aux valeurs républicaines et encourager un dialogue respectueux entre convictions.
• Encourager un portage politique large de la laïcité, afin qu’elle demeure un projet républicain d’espérance partagé et défendu par le plus grand nombre.
• Développer une éducation au discernement et à la liberté de conscience, en protégeant les jeunes contre toute forme de coercition.
https://www.youtube.com/watch?v=SxaB1GuYIg4
Face aux bouleversements qui traversent aujourd’hui le Moyen-Orient, les démocraties occidentales doivent repenser leurs grilles de lecture et leurs stratégies. Pour éclairer ces transformations et analyser les recompositions en cours, le Laboratoire de la République organise une conférence exceptionnelle réunissant Éric Danon, Frédéric Encel et Brice Couturier. Un échange pour comprendre les dynamiques géopolitiques, diplomatiques et historiques qui redessinent la région et interrogent l’avenir de l’ordre international, le 18 mars à 19h15, à la Maison de l’Amérique latine.
Alors que les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient vacillent, cette rencontre réunira trois regards complémentaires pour analyser les mutations en cours.
Le Laboratoire de la République reçoit Éric Danon, diplomate et ancien ambassadeur de France en Israël, Frédéric Encel, essayiste et géopolitologue spécialisé du Moyen-Orient, et Brice Couturier, journaliste et éditorialiste. La rencontre sera animée par Rachel Grosheitsch, responsable du développement territorial du Laboratoire de la République.
À travers leurs analyses diplomatique, stratégique et historique, les intervenants reviendront sur les recompositions régionales à l’œuvre. Entre la possible chute du régime iranien et la transformation rapide des rapports de force, sommes-nous les témoins de la fin d’un cycle ouvert par la révolution iranienne de 1979 ?
La conférence décryptera les logiques de puissance à l’œuvre dans la région et les marges de manœuvre des démocraties face aux recompositions en cours.
Quand ? Mercredi 18 mars, 19h15
Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, Paris 7e
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Le 19 mars 2026, une conférence-débat consacrée à la laïcité à l’école s’est tenue à Guyancourt, réunissant experts et acteurs institutionnels autour d’un principe au cœur des tensions contemporaines. En présence de Jean-Michel Blanquer, les échanges ont permis de questionner les enjeux politiques, juridiques et éducatifs liés à son application dans l’espace scolaire.
Le 19 mars 2026, la Faculté de droit et science politique de Guyancourt a accueilli une conférence-débat consacrée à la laïcité à l’école, un sujet au croisement des enjeux juridiques, éducatifs et politiques contemporains. Organisée dans un contexte de débats renouvelés autour de ce principe fondamental, la rencontre a réuni un public attentif, venu interroger les évolutions et les tensions qui traversent aujourd’hui l’institution scolaire.
Animée par Nathalie Wolff, vice-doyenne en charge de la culture et chargée de mission à la présidence de l’université, la conférence a proposé un retour structuré sur les fondements de la laïcité, tout en mettant en lumière les difficultés de compréhension et d’application qui peuvent émerger dans le cadre scolaire. Les échanges ont permis de rappeler que la laïcité, loin d’être un principe figé, s’inscrit dans une dynamique d’interprétation et d’adaptation aux réalités sociales.
La présence de Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale et président du Laboratoire de la République, a apporté un éclairage institutionnel sur les politiques publiques mises en œuvre ces dernières années. Son intervention a notamment souligné les défis auxquels l’école est confrontée, entre affirmation du cadre républicain et gestion de situations concrètes parfois complexes sur le terrain.
Au fil des prises de parole, plusieurs lignes de tension ont été identifiées : la persistance de malentendus autour de la notion de laïcité, les attentes contradictoires qui pèsent sur l’institution scolaire, ainsi que la nécessité de renforcer la formation et l’accompagnement des personnels éducatifs. La question de la transmission des valeurs républicaines est ainsi apparue comme un enjeu central, dans un contexte marqué par des recompositions sociales et culturelles.
Cette conférence s’inscrit pleinement dans les travaux du Laboratoire de la République, qui œuvre à nourrir le débat public sur les principes qui fondent le pacte républicain. En proposant un espace de dialogue entre acteurs institutionnels, universitaires et citoyens, elle contribue à éclairer les enjeux contemporains de la laïcité et à renforcer la compréhension collective de ses implications concrètes.
Retrouvez l'intégralité de la conférence sur notre chaine Youtube !
https://youtu.be/WZjUwsgbyTE?si=vokZxWeXTjawsU0M
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