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Retour sur la conversation éclairée d’Antonio Rodriguez Castiñeira

par L'équipe du Lab' le 30 juin 2026
Pour sa dernière « Conversation éclairée » de l’année 2025-2026, le Laboratoire de la République recevait Antonio Rodriguez Castiñeira, journaliste à l’AFP et auteur du Chemin de la colère. De la Galice à la Suisse, son récit suit les routes de l’émigration et raconte une autre Europe : celle de la désindustrialisation, du déclassement et des territoires qui se sentent abandonnés. Une plongée dans les racines économiques et sociales d’une colère devenue politique.
De la crise financière à la colère politique : une Europe vue depuis ses marges Pourquoi la colère sociale s’est-elle installée durablement en Europe ? Et comment expliquer qu’elle nourrisse aujourd’hui les votes populistes et d’extrême droite ? Pour la dernière « Conversation éclairée » de l’année 2025-2026, le Laboratoire de la République a choisi de partir du terrain, avec Antonio Rodriguez Castiñeira, journaliste à l’AFP et auteur du Chemin de la colère. Son livre est d’abord un voyage. De la Côte de la Mort, en Galice, jusqu’au lac Léman, en Suisse, l’auteur emprunte les routes suivies depuis des décennies par les travailleurs espagnols partis chercher un emploi au nord de l’Europe. Un road trip placé sous le patronage des Raisins de la colère de John Steinbeck : à la Grande Dépression américaine répond ici la Grande Récession provoquée par la crise financière de 2008. Quand l’émigration recommence Pour Antonio Rodriguez Castiñeira, l’histoire est aussi familiale. Fils d’un émigré galicien, né en Suisse, il raconte avoir longtemps vu dans la construction européenne une promesse de progrès et de convergence. L’entrée de l’Espagne dans la Communauté européenne, en 1986, avait représenté un immense espoir. La crise de 2008 marque une rupture. Alors que l’émigration économique espagnole semblait appartenir au passé, de jeunes Galiciens reprennent la route de leurs parents et grands-parents, notamment vers la Suisse. C’est de ce retour en arrière que naît la colère racontée dans le livre. Sur ces routes circulent encore des taxis collectifs, parfois des Mercedes, qui transportent directement les travailleurs galiciens sur près de 2 000 kilomètres jusqu’à leur lieu de travail en Suisse. Antonio Rodriguez Castiñeira a voyagé avec eux et recueilli les témoignages de celles et ceux qui ont vécu la crise loin des salles de réunion de Bruxelles, Francfort ou Washington. Le prix humain de la crise La discussion est revenue sur les choix effectués après la crise financière : sauvetage des banques, politiques d’austérité, hausse des taux de la BCE en 2011 ou encore traitement réservé aux pays du sud de l’Europe. L’auteur ne nie pas les réponses apportées par l’Union européenne. Il rend notamment hommage à l’action de Mario Draghi et à son « whatever it takes », qui a contribué à stabiliser la zone euro. Mais son propos se situe ailleurs : dans le temps qui sépare la décision économique de ses conséquences humaines. Pendant que les institutions cherchaient une réponse à la crise, rappelle-t-il, des Européens perdaient leur emploi ou leur logement et se retrouvaient parfois à dormir dans leur voiture, dans des campings ou des auberges de jeunesse. Le sauvetage d’établissements bancaires continuant, dans certains cas, à distribuer des bonus a également nourri un profond sentiment d’injustice. C’est ce décalage entre rationalité économique et expérience vécue qui constitue l’un des fils rouges du Chemin de la colère. Des territoires qui décrochent Au-delà de la crise de 2008, la rencontre a élargi la réflexion à la désindustrialisation et à la métropolisation. Emplois, habitants et services se concentrent dans les grandes villes tandis que certains territoires connaissent une perte progressive d’activité, de services publics et de perspectives. La question industrielle occupe à ce titre une place centrale. Antonio Rodriguez Castiñeira défend le maintien d’une capacité de production en Europe et souligne le contraste avec la Suisse, où l’industrie conserve une place importante et où l’apprentissage contribue à maintenir des savoir-faire et des emplois. Le débat a également porté sur le libre-échange. L’auteur en critique les effets lorsqu’il conduit à privilégier systématiquement le prix le plus bas au détriment de l’emploi, des conditions sociales ou de l’environnement. Quand le déclassement se transforme en vote Reste une question politique : pourquoi cette colère profite-t-elle aujourd’hui autant aux formations populistes et à l’extrême droite ? Antonio Rodriguez Castiñeira rappelle que la crise économique a d’abord produit des réponses politiques diverses. En Espagne, elle a notamment favorisé l’émergence de Podemos. Mais dans plusieurs territoires français frappés par la désindustrialisation, le vote en faveur du Rassemblement national s’est progressivement installé. L’auteur évoque notamment La Souterraine, dans la Creuse, et le combat des salariés de l’équipementier automobile GM&S en 2017. À l’époque, certains ouvriers s’interrogeaient sur l’opportunité d’inviter Marine Le Pen sur le site, non nécessairement par adhésion, mais pour attirer l’attention des médias sur leur situation. Quelques années plus tard, le territoire a basculé électoralement vers le RN. L’exemple résume une partie du propos de la soirée : lorsque le sentiment d’abandon perdure, la colère économique peut finir par trouver une traduction électorale. Faire remonter le terrain Face à cette fracture, Antonio Rodriguez Castiñeira revendique moins une théorie qu’une méthode : celle du journaliste qui retourne sur le terrain. Prendre les routes, entrer dans les usines, écouter les travailleurs, comprendre ce que les grandes transformations économiques produisent dans les vies quotidiennes. Regarder l’Europe non seulement depuis ses institutions et ses métropoles, mais depuis ses périphéries. Le chemin de la colère raconte ainsi l’Europe de ceux qui, selon l’image de l’auteur, voient passer les TGV sans pouvoir y monter et finissent dans les TER. Une formule qui résume l’enjeu de cette dernière « Conversation éclairée » : derrière la montée de la colère politique se trouvent des trajectoires individuelles, des territoires et un sentiment de déclassement que les démocraties européennes ne peuvent se permettre de ne plus entendre. https://www.youtube.com/watch?v=Gbh_KRwvDcI

30/06 : Conversation éclairée avec Antonio Rodriguez Castiñeira

par L'équipe du Lab' le 16 juin 2026
Le Laboratoire de la République vous invite aux « Conversations éclairées » avec une rencontre consacrée aux fractures sociales et territoriales en Europe. Antonio Rodriguez Castiñeira viendra échanger autour de son ouvrage Les chemins de la colère, dans un contexte marqué par la montée des populismes et le sentiment d’abandon qui nourrit les tensions sociales et politiques à travers le continent.
Dans le cadre des « Conversations éclairées » du Laboratoire de la République, Brice Couturier recevra Antonio Rodriguez Castiñeira pour un échange autour de son ouvrage « Les chemins de la colère » publié aux Éditions Bayard. À travers une enquête menée entre l’Espagne et la Suisse, le journaliste politique à l’AFP met en lumière les conséquences concrètes de la crise économique de 2008. En allant à la rencontre des ouvriers, des ruraux et des populations périurbaines, il a confronté les chiffres économiques à la réalité du terrain et du sentiment d’abandon. Lors de cette rencontre, il décryptera comment ces fractures territoriales et cette violence sociale nourrissent aujourd’hui le populisme et la colère, en France et en Europe. L’échange sera suivi d’un moment de convivialité, avec un cocktail et une séance de dédicaces. Informations pratiquesMardi 30 juin 2026 à 19h00Maison de l’Amérique latine217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris S'inscrire

13/05 : CONVERSATION ÉCLAIRÉE AVEC FRÉDÉRIC MARTEL

par L'équipe du Lab' le 4 mai 2026
À l’heure où les tensions géopolitiques et culturelles redéfinissent les rapports entre nations, le Laboratoire de la République propose une rencontre avec Frédéric Martel autour de son dernier ouvrage. Une soirée de réflexion et d’échanges pour interroger les fractures contemporaines de l’Occident.
Le Laboratoire de la République poursuit son cycle « Conversations éclairées » avec une nouvelle rencontre consacrée aux grands enjeux internationaux. Le mercredi 13 mai à 19h, Brice Couturier et Chloé Morin recevront l’essayiste et journaliste Frédéric Martel à la Maison de l’Amérique latine, à Paris. Invité pour présenter son ouvrage Occidents. Enquête sur nos ennemis, Frédéric Martel propose une analyse approfondie des tensions qui traversent aujourd’hui les sociétés occidentales. À rebours d’une lecture strictement géographique ou idéologique, son enquête met en lumière la multiplicité des adversaires, qu’ils soient extérieurs ou internes, et interroge la fragilité des démocraties libérales dans un contexte de recomposition mondiale. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le Laboratoire de la République, qui vise à nourrir le débat public à travers des échanges exigeants entre intellectuels, chercheurs et citoyens. Le dialogue entre les intervenants promet d’articuler analyse politique, regard médiatique et réflexion stratégique, dans un format accessible mais rigoureux. Au-delà de la conférence, la soirée se prolongera par un moment convivial autour d’un cocktail, suivi d’une séance de dédicaces. Une manière d’inscrire la réflexion dans un cadre d’échange direct avec le public, dans un lieu historiquement associé aux débats intellectuels et diplomatiques. Dans un contexte marqué par la montée des rivalités internationales, les guerres d’influence et les fractures internes aux sociétés occidentales, cet événement entend offrir des clés de compréhension et ouvrir des pistes de réflexion sur l’avenir des démocraties. S'inscrire

14/04 : Conversation éclairée avec Nathalie Loiseau

par L'équipe du Lab' le 4 avril 2026
Le Laboratoire de la République vous invite aux « Conversations éclairées » avec une rencontre consacrée aux enjeux de défense européenne. Nathalie Loiseau viendra échanger autour de son dernier ouvrage, dans un contexte international marqué par le retour des conflits et les recompositions stratégiques.
Dans un environnement géopolitique profondément transformé par la guerre en Ukraine et la montée des tensions internationales, la question de la défense européenne s’impose comme un enjeu central du débat public. C’est dans ce cadre que le Laboratoire de la République accueille Nathalie Loiseau à l’occasion d’une nouvelle édition des « Conversations éclairées ». Aux côtés de Brice Couturier et Chloé Morin, l’ancienne ministre et députée européenne reviendra sur les thèses développées dans son ouvrage Aux armes Européens ! Réarmer l’Europe pour éviter la guerre : que faire, comment et avec qui ?, publié aux Éditions de l’Observatoire. Cette rencontre sera l’occasion d’interroger les conditions politiques, industrielles et diplomatiques d’un renforcement de la défense européenne, ainsi que les modalités concrètes d’une autonomie stratégique de l’Union. Au-delà des constats, les échanges porteront sur les leviers d’action possibles pour les États européens, les coopérations à renforcer, et les partenariats à envisager dans un monde de plus en plus fragmenté. La discussion s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la capacité de l’Europe à assurer sa sécurité tout en contribuant à la stabilité internationale. La rencontre sera suivie d’un cocktail et d’une séance de dédicaces, offrant un temps d’échange direct entre Nathalie Loiseau et le public. Informations pratiquesMardi 14 avril à 19h00Maison de l’Amérique latine217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris S'inscrire

Retour sur la Conversation éclairée : Servane Mouton et Laure Miller

par L'équipe du Lab' le 13 février 2026
Le 10 février à 19h, le Laboratoire de la République organisait une nouvelle Conversation éclairée consacrée à une question devenue centrale dans le débat public : l’impact des écrans sur les enfants et les adolescents. Une rencontre nourrie, à la croisée des enjeux sanitaires, éducatifs et démocratiques.
Des regards croisés pour éclairer un enjeu de société Pour analyser les effets du numérique sur les plus jeunes, cette Conversation éclairée réunissait Serge Lameyton, médecin, neurologue et neurophysiologiste, ainsi que Laure Miller, députée de la Marne et auteure d’une proposition de loi visant à mieux protéger les mineurs face aux réseaux sociaux. Les échanges étaient animés par Chloé Morin et Brice Couturier. Une première victoire législative, mais des limites persistantes Les intervenants sont revenus sur l’interdiction du téléphone portable au collège, instaurée en 2018. Cette mesure fait aujourd’hui consensus : elle constitue une avancée majeure, désormais appliquée dans la grande majorité des établissements.Pour autant, le constat est partagé : le problème ne s’arrête pas aux portes du collège. Une extension de cette interdiction au lycée a été évoquée, au regard des risques sanitaires et cognitifs toujours présents à l’adolescence. Dans cette continuité, une nouvelle proposition de loi, votée en première lecture à l’Assemblée nationale, ambitionne de fixer un cadre plus protecteur. Elle recommande l’absence de smartphone avant 13 ans et l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, en s’inspirant notamment du modèle australien. Des effets sanitaires désormais incontestables Les données scientifiques présentées lors de la discussion confirment l’ampleur des risques. Sur le plan physique, l’exposition prolongée aux écrans entraîne des troubles du sommeil liés à la lumière bleue, un risque accru de myopieet une sédentarité préoccupante, facteur de surpoids, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Sur le plan cognitif et psychologique, les effets sont tout aussi alarmants : troubles de l’attention, retards de langage chez les enfants de moins de trois ans, et augmentation de 4 % du risque de syndrome dépressif liée à l’usage des réseaux sociaux. Les performances scolaires se dégradent nettement au-delà de deux heures d’écran par jour. Plateformes numériques : une responsabilité structurelle Au cœur des échanges, la question du modèle économique des plateformes. Celles-ci reposent sur des techniques issues de la captologie, conçues pour capter l’attention et créer de l’addiction. Les algorithmes de recommandation enferment les utilisateurs dans des contenus toujours plus polarisants, souvent fondés sur les émotions négatives. Résultat : les jeunes passent en moyenne quatre à cinq heures par jour devant les écrans. Une exposition qui accentue également les inégalités sociales, les enfants issus de familles moins informées ou moins disponibles étant davantage livrés à eux-mêmes face au numérique. Un paradoxe éducatif de plus en plus visible Les échanges ont mis en lumière un paradoxe frappant : une hyperprotection des enfants dans l’espace physique, contrastant avec une forme de laisser-faire dans l’univers numérique. Cette contradiction se retrouve aussi à l’école, entre discours de prévention et usages pédagogiques du numérique parfois peu encadrés. Réguler : une nécessité qui divise Pour les défenseurs de la régulation, une règle collective est indispensable face à la puissance des plateformes, afin de dénormaliser des usages nocifs et de protéger la santé publique. La comparaison avec l’interdiction de fumer dans les lieux publics a été régulièrement invoquée. Les objections portent principalement sur le risque de contournement, la liberté individuelle et la responsabilité parentale, avec un clivage politique marqué : une partie de la gauche se montre réservée, à l’exception notable des socialistes. Des pistes concrètes pour agir Plusieurs recommandations pratiques ont émergé : Moins de 6 ans : aucun écran 6 à 13 ans : pas de smartphone personnel 13 à 15 ans : smartphone sans réseaux sociaux À partir de 15 ans : accès à des réseaux sociaux dits « éthiques » À cela s’ajoutent des mesures structurelles : vérification obligatoire de l’âge, contrôle parental facilité, interdiction du scrolling infini, création d’un Conseil national d’éducation aux médias, et une éducation numérique pensée de la crèche à l’EHPAD. Des témoignages révélateurs La Conversation éclairée a également été marquée par des témoignages forts : une institutrice racontant voir des parents récupérer leurs enfants écouteurs aux oreilles, des élèves de CM1 capables de citer de nombreuses activités sans écran, ou encore ce collégien inquiet : « Que vais-je faire sans réseaux sociaux ? »Un témoignage familial a particulièrement résonné : « Mon frère ne joue plus avec moi depuis qu’il a un téléphone. » Une responsabilité collective à construire En conclusion, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une action coordonnée, combinant cadre légal, éducation, régulation des plateformes et responsabilisation collective des parents, de l’école et de la société. Une réflexion appelée à se poursuivre lors de la prochaine université d’été du Laboratoire de la République, les 28 et 29 août prochains. Retrouvez l'intégralité de la Conversation éclairée sur Youtube 👉 https://youtu.be/PhE-vRrTxEc

10/02 : Conversations éclairées Écrans, un désastre sanitaire

par L'équipe du Lab' le 5 février 2026
Brice Couturier et Chloé Morin recevront Servane Mouton, neurologue et auteure de Écrans, un désastre sanitaire, ainsi que Laure Miller, députée de la Marne, pour une conversation consacrée aux risques liés à l’exposition des mineurs aux écrans et aux réseaux sociaux. La soirée aura lieu à la Maison de l’Amérique latine, le mardi 10 février, à 19h.
À l’heure où l’exposition des mineurs aux écrans et aux réseaux sociaux suscite une inquiétude croissante, le Laboratoire de la République propose d’éclairer les risques sanitaires, cognitifs et psychologiques liés aux usages numériques des plus jeunes. Servane Mouton, neurologue, co-présidente de la commission sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans et autrice de Écrans, un désastre sanitaire, analysera les effets d’une exposition excessive aux écrans et alertera sur ses conséquences à long terme. Cette conversation sera également l’occasion d’un échange avec Laure Miller, députée de la Marne, rapporteure de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs et de la proposition de loi Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux. Ensemble, elles aborderont les réponses politiques et législatives à apporter face à ces nouveaux défis. La rencontre sera animée par Brice Couturier et Chloé Morin. Entrée gratuite, inscription obligatoire sur le lien suivant : Inscription. En raison du nombre de places limité, nous vous demandons de bien vouloir nous informer si, après vous être inscrit, vous ne pouvez être présent. Échanges suivis d’un temps de discussion avec le public Quand ? Mardi 10 février, 19h00 Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris

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