Soirée de soutien à Boualem Sansal : un millier de personnes réunies pour la liberté d’expression
le 17 décembre 2024
Hier soir, au Théâtre Libre, un nom symbolique pour une cause aussi essentielle, près de mille personnes se sont rassemblées pour exprimer leur soutien à l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrêté il y a un mois par les autorités algériennes. Organisée en partenariat avec le Laboratoire de la République, cette soirée a marqué une mobilisation forte pour la libération de cet intellectuel dont la voix dérange les régimes autoritaires et peine à trouver l'écho qu'elle mérite en France.
Un mois jour pour jour après l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal par les autorités algériennes, la soirée de soutien organisée le 16 décembre a rassemblé un millier de participants au Théâtre Libre à Paris. Le Laboratoire de la République, partenaire de cet événement d’importance, s’est mobilisé aux côtés des nombreux soutiens pour défendre la liberté d’expression et appeler à la libération immédiate de cet auteur engagé.
Le choix du lieu, le « Théâtre Libre », résonne avec force pour cette cause essentielle. Comme l’a souligné Kamel Daoud, prix Goncourt et ami proche de Boualem Sansal, cette mobilisation dépasse le cas personnel de l’écrivain : « Si nous ne faisons rien, la prison de Boualem pourrait être la nôtre. C’est l’avenir de la liberté d’expression et de pensée qui se joue ici. »
Boualem Sansal, connu pour son courage et sa plume libre, dérange les oligarchies autoritaires par ses critiques régulières des dérives du pouvoir algérien. Depuis son arrestation, les voix pour sa libération se font entendre, mais peinent encore à mobiliser largement l’opinion publique en France. Cette soirée, marquée par des prises de parole poignantes et des témoignages d’intellectuels, écrivains et défenseurs des libertés fondamentales, a été un temps fort pour briser ce silence.
Le Laboratoire de la République réaffirme son engagement à soutenir toutes les initiatives en faveur de la liberté d’expression et des droits fondamentaux. Comme le rappelle Natacha Polony dans son récent article, l’incarcération de Boualem Sansal est une atteinte inacceptable à nos principes les plus fondamentaux. Ce combat est le nôtre, car défendre un homme libre, c’est défendre la liberté de tous.
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Face à l’urgence de la situation, le Laboratoire de la République invite chacun à se mobiliser pour faire entendre la voix de Boualem Sansal et celle de tous ceux qui luttent pour la liberté de pensée dans le monde.
Le mercredi 13 mai, le Laboratoire de la République recevait l'essayiste et journaliste Frédéric Martel à la Maison de l'Amérique latine, dans le cadre de ses « Conversations Éclairées ». Animée par Brice Couturier et Chloé Morin, la soirée a été l'occasion d'un échange exigeant et sans détours autour de son dernier ouvrage Occidents, Enquête sur nos ennemis, paru aux éditions Plon.
Une enquête de terrain contre le pessimisme de salonFrédéric Martel a d'emblée posé le cadre de sa démarche : plutôt que de produire un essai introspectif, il a choisi d'aller au contact direct de ceux qui critiquent, rejettent ou combattent les valeurs occidentales. « Face à un monde devenu incompréhensible, je prends le parti d'aller sur le terrain, au contact de nos ennemis, de nos détracteurs, plus ou moins méchants », a-t-il expliqué.Ce choix méthodologique n'est pas anodin. Il procède d'une conviction profonde : écouter ses adversaires est la meilleure façon de comprendre ce à quoi l'on tient. « À partir du moment où l'on écoute ce qui est dit par nos détracteurs, on arrive à comprendre à quoi on tient », a-t-il affirmé. Une posture intellectuelle rare, à rebours des débats où chacun se contente de parler à ses propres convictions.Le résultat est sans appel : ce voyage au cœur des discours hostiles à l'Occident l'a renvoyé plus convaincu que jamais. « J'en suis revenu encore plus convaincu par l'Union européenne et ses valeurs que quand je suis parti. »Décolonialisme, gauche anti-totalitaire et lucidité historiqueFrédéric Martel revendique une formation intellectuelle ancrée dans la gauche anti-totalitaire. Cette filiation le conduit à une lecture lucide et sans complaisance des décolonisations du XXe siècle. Si le mouvement décolonial mérite d'être pris au sérieux, il ne saurait faire l'économie d'un regard critique sur ses propres échecs. « On est obligé de prendre en compte le fait que certaines décolonisations ont échoué dans leur émancipation des peuples, l'Algérie avec le FLN, ou encore la Chine », a-t-il rappelé.Il souligne également la contradiction fondamentale de l'époque de Bandung : au moment même où l'Afrique et l'Asie s'émancipaient du joug colonial, l'URSS étendait son emprise sur de nouveaux territoires. Une tension que la pensée décoloniale contemporaine peine souvent à intégrer.Les sphères de justice : une grille de lecture pour notre époqueAu cœur de l'ouvrage se trouve une notion philosophique empruntée au penseur Michael Walzer : les sphères de justice. Pour Frédéric Martel, la démocratie ne se réduit pas au seul suffrage universel. Elle repose sur l'autonomie de sphères distinctes : politique, économique, intellectuelle, religieuse, culturelle, qui doivent rester indépendantes les unes des autres et ne pas être soumises à une domination unique.C'est à l'aune de ce critère qu'il évalue les régimes contemporains. « En Chine, toutes ces sphères sont dominées. En Iran aussi. Et c'est également ce qu'essaye de faire Donald Trump. » Un constat qui refuse toute forme de double standard et s'applique avec la même rigueur, qu'il s'agisse d'adversaires déclarés ou d'alliés encombrants.L'universalisme comme pari assuméLà où beaucoup hésitent, Frédéric Martel assume pleinement une position universaliste. « Je crois profondément, jusqu'à ce que les Chinois me prouvent le contraire, que les valeurs dont je parle sont universelles. » Liberté, démocratie, économie de marché honnête et non confisquée par les oligarchies ou les kleptocraties : autant d'aspirations qu'il croit communes à tous les peuples, par-delà les frontières culturelles.Cette conviction ne relève pas d'un impérialisme naïf, mais d'un pari intellectuel et politique : refuser de concéder aux régimes autoritaires le monopole de la définition de leur propre peuple.La guerre idéologique et nos divisions comme forceLa soirée s'est conclue sur une note à la fois lucide et résolument optimiste. Frédéric Martel n'esquive pas la réalité d'une guerre idéologique en cours, ni l'existence de ce qu'il appelle des « chevaux de Troie à domicile », des acteurs intérieurs qui relaient, consciemment ou non, les narratifs de nos adversaires.Mais il refuse d'en faire un motif de désespoir. Nos démocraties se distinguent précisément par leur capacité à se déchirer en débats, à critiquer leurs propres fondements. « En France, en Europe, nous nous battons tout le temps entre nous et c'est aussi ça la démocratie. Ces débats n'existent pas en Chine, à Cuba, en Russie. Au fond, c'est très bien que nous soyons divisés, tant que nous ne sommes pas dans la violence. »Quant aux propagandistes étrangers, il relativise leur puissance réelle : « Je ne crois pas qu'ils aient plus d'idées que nous. » Et de rappeler que les vrais intellectuels — ceux capables de critiquer les leurs se trouvent rarement au sein des régimes autoritaires, mais bien souvent en exil ou à l'international.
https://youtu.be/h8qz7LMYGHQ
À l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif Il était une fois Boualem Sansal (éditions Frantz Fanon), Boualem Sansal sera l’invité d’une soirée de rencontre et d’échanges consacrée à son œuvre, à son parcours et aux grandes questions qui traversent ses écrits. L’événement se tiendra à la Maison de l’Amérique latine, le jeudi 19 février à 19h.
À l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif Il était une fois Boualem Sansal, dirigé par Kamel Bencheikh et publié aux éditions Frantz Fanon, cette soirée propose une rencontre exceptionnelle avec l’écrivain Boualem Sansal.
Figure majeure de la littérature contemporaine, Boualem Sansal reviendra sur son parcours intellectuel et littéraire, ainsi que sur les grandes thématiques qui traversent son œuvre : liberté de pensée, mémoire, autoritarisme, identité et responsabilité de l’écrivain. La discussion prendra la forme d’un dialogue ouvert, propice à l’échange et à la réflexion critique.
Entrée gratuite, inscription obligatoire sur le lien suivant : Inscription.
En raison du nombre de places limité, nous vous demandons de bien vouloir nous informer si, après vous être inscrit, vous ne pouvez être présent.
Quand ? Jeudi 19 février, 19h
Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris
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