Cette table ronde "S'engager pour la protection de la biodiversité" a été organisée avec des associations de jeunesse, ainsi que des intervenants faisant valoir leurs expériences et approches s’agissant de la protection de la biodiversité. Science, sensibilisation, et institutions ont été autant de thèmes évoqués avec la présence de Philippe Vallette (président du Forum mondial des aquariums, membre du Conseil scientifique de la Fondation de la Mer), Antoine Gardarin (agronome-écologue AgroParisTech) et Virginie Atlan (présidente de Nous Les Ambitieuses ! , fondatrice du concours « Embarquement immédiat »). L'évènement a marqué l'ouverture d'une nouvelle antenne du Laboratoire de la République.
Mercredi 21 février, AgroParisTech a été le théâtre d’un événement marquant pour la protection de la biodiversité. En effet, cette table ronde a célébré l’ouverture d’une nouvelle antenne du Laboratoire de la République dédiée à cette cause essentielle. Plusieurs personnalités se sont rassemblées pour discuter des enjeux actuels et des actions concrètes à entreprendre pour préserver la diversité biologique de notre planète. L’événement a ainsi été l’occasion de souligner l’importance de s’engager activement dans la protection de la biodiversité et d’encourager la collaboration entre les différentes parties prenantes pour relever ce défi crucial pour l’avenir de notre environnement.
Au cours de son séjour en Chine, Cassandra Arribas, référente de l’antenne Panthéon-Assas du Laboratoire de la République, a eu l’opportunité de rencontrer Marus Gbomagba, juriste engagé dans la cause climatique et auteur du traité AU-China Equitable Transition Treaty (ACETT). À travers cet échange, elle nous livre un éclairage sur les paradoxes de la transition énergétique africaine, entre dépendance persistante et immense potentiel, et sur la manière dont le droit peut devenir un outil de souveraineté et de justice climatique.
L’Afrique incarne l’une des contradictions les plus brutales de l’ère climatique : responsable de moins de 4 % des émissions mondiales de CO₂, elle subit pourtant de plein fouet les impacts du dérèglement, sécheresses, inondations, crises alimentaires. Et pourtant, le continent recèle un potentiel énergétique exceptionnel : solaire, éolien, hydroélectricité, capable non seulement de répondre à ses besoins croissants, mais aussi de contribuer à la décarbonation mondiale. Le paradoxe est criant : plus de 600 millions d’Africains demeurent privés d’accès à l’électricité.
Face à ce dilemme, la coopération internationale est cruciale. La Chine, devenue un investisseur majeur dans les énergies vertes, occupe une place centrale. Mais les modèles actuels, marqués par de profondes asymétries économiques, technologiques et juridiques, posent un risque majeur : celui d’une dépendance accrue qui fragilise la souveraineté énergétique africaine.
C’est dans ce contexte qu’a été mené l’entretien dont est issu le présent article. Tous les propos rapportés ici émanent directement de Marus Gbomagba, juriste visionnaire et architecte du traité AU-China Equitable Transition Treaty (ACETT), qui propose une révolution silencieuse mais décisive : faire du droit le levier d’une coopération énergétique fondée sur la justice climatique et l’autonomie africaine.
Docteur en droit de l’environnement, formé à l’Université de Wuhan, il a consacré sa thèse à une question centrale pour l’avenir du continent : comment transformer la coopération sino-africaine en un moteur de résilience, de souveraineté et de prospérité durable. À travers l’ACETT, il esquisse un cadre inédit, pensé comme une feuille de route pour une coopération Sud-Sud plus transparente, équitable et véritablement bénéfique aux populations. Une vision ambitieuse où la transition énergétique s’inscrit au cœur d’un projet politique et civilisationnel pour l’Afrique.
Entretien_Marus_Gbomagba_Cassandra_Arribas_VFTélécharger
L’antenne Panthéon du Laboratoire de la République a le plaisir de vous inviter à une table ronde consacrée à un enjeu majeur de notre temps : la responsabilité de l’État dans la protection des milieux marins, face au dérèglement climatique et à l’accélération de la crise écologique avec Guillaume Sainteny et Joëlle Casanova.
Alors que les écosystèmes marins subissent une pression sans précédent — réchauffement des eaux, pollution, effondrement de la biodiversité — le rôle de l’État, ses obligations juridiques et ses leviers d’action deviennent des questions fondamentales pour notre avenir commun. Cet événement vise à éclairer ces enjeux avec précision et nuance, en donnant la parole à deux spécialistes reconnus.
Deux intervenants de référence
Pour analyser les défis juridiques, environnementaux et économiques liés à la sauvegarde de nos espaces maritimes, nous aurons l’honneur d’accueillir :
Guillaume Sainteny, président du Plan Bleu pour l’environnement et le développement en Méditerranée ;
Joëlle Casanova, magistrate et vice-présidente de l’Association française des magistrats pour la justice environnementale, coordinatrice de formation à l'ENM.
Un moment pour comprendre, débattre et agir
Cette soirée sera l’occasion de mieux saisir :
les responsabilités juridiques de l’État face à la dégradation des océans ;
les instruments d’action publique existants ou à imaginer ;
les perspectives d’avenir pour renforcer la protection des milieux marins ;
les enjeux géopolitiques et économiques associés à la mer.
Quand ? Mardi 9 décembre 2025 à 19hOù ? au Centre Panthéon de l'Université d'Assas – Salle 0312 place du Panthéon, Paris 5e
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Invité à l’Université Panthéon-Assas, l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano a livré une réflexion puissante sur les mutations du crime organisé et les vulnérabilités contemporaines des démocraties. Lors de cette conférence consacrée aux rapports entre mafias et institutions, organisée notamment avec le Laboratoire de la République, il a appelé à défendre l’indépendance de la justice et à repenser les instruments politiques face à des organisations criminelles désormais pleinement intégrées à la mondialisation économique.
Invité à l’Université Panthéon-Assas, l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano a donné une conférence exceptionnelle intitulée La démocratie face au crime organisé. Organisée en partenariat avec le Laboratoire de la République, Italia France Future et Assas Perspectives, la rencontre a été co-modérée par Francesco Martucci et Jean-Michel Blanquer.
Devant un amphithéâtre comble, Roberto Saviano a livré une analyse dense et engagée des mutations contemporaines du crime organisé et de leurs effets sur les institutions démocratiques en Europe et à l’échelle internationale.
Une parole forgée par l’expérience
Né à Naples en 1979, auteur de Gomorra, enquête majeure sur la Camorra napolitaine, Roberto Saviano vit depuis près de vingt ans sous protection policière permanente en raison des menaces qui pèsent sur lui. Cette situation singulière confère à son intervention une force particulière : son analyse du phénomène mafieux est à la fois intellectuelle et existentielle.
Revenant sur son dernier ouvrage consacré au juge Giovanni Falcone, assassiné en 1992, il a rappelé combien la lutte contre les mafias se joue d’abord sur le terrain économique et financier. Falcone, a-t-il souligné, avait compris que l’arme décisive résidait dans la traque des flux et des patrimoines plutôt que dans la seule répression pénale.
L’indépendance de la justice comme ligne de front
Une part importante de la conférence a été consacrée à la comparaison entre les systèmes judiciaires italien et français. Roberto Saviano a insisté sur l’indépendance institutionnelle de la magistrature italienne, qu’il considère comme un rempart essentiel face aux pressions politiques et criminelles. À ses yeux, toute fragilisation du parquet ouvre un espace aux organisations mafieuses, dont la stratégie première consiste à neutraliser les contre-pouvoirs.
Au-delà des différences juridiques, il a défendu une idée simple : sans magistrature indépendante, il n’y a pas de démocratie capable de résister durablement aux logiques de corruption.
Des mafias transformées, plus diffuses, plus intégrées
Roberto Saviano a ensuite décrit la profonde mutation des organisations criminelles. Moins enclines à la violence spectaculaire, celles-ci privilégient désormais l’infiltration économique, la corruption administrative et la délégitimation progressive des institutions. L’objectif n’est plus d’affronter l’État, mais de le contourner, voire de le rendre superflu.
Il a évoqué les pratiques d’achat de votes, la personnalisation extrême des promesses politiques et la réduction du débat public à une logique transactionnelle. Les mafias, selon lui, prospèrent là où la confiance collective s’effondre et où la politique se réduit à la gestion d’intérêts particuliers.
La conférence a enfin mis en lumière la dimension internationale du crime organisé : circulation des capitaux, zones grises fiscales, affaiblissement des États fragiles. Roberto Saviano a souligné que les mafias exploitent les failles de la mondialisation économique avec une agilité que les démocraties peinent à égaler. Il a également mis en garde contre certaines politiques de sanctions ou de fermeture brutale des marchés, susceptibles de renforcer paradoxalement les réseaux criminels les plus structurés.
Défendre la démocratie par la lucidité
En conclusion, Roberto Saviano a posé une question centrale : les démocraties européennes disposent-elles encore des instruments intellectuels et institutionnels pour faire face au crime organisé ? Sa réponse tient en un appel à la lucidité : comprendre les mécanismes financiers, défendre l’indépendance de la justice et réhabiliter une ambition réformiste capable de retisser la confiance collective.
Plus qu’un diagnostic, son intervention aura constitué une invitation à penser la démocratie non comme un acquis, mais comme un équilibre fragile, à défendre face à des organisations criminelles devenues expertes dans l’art d’en exploiter les failles.
https://youtu.be/OsqRjgKX60M
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