Mardi 30 avril, l'Assemblée nationale a été le lieu d'une forte mobilisation pour la promotion et le combat des valeurs démocratiques dans la région du Moyen-Orient et du Caucase.
« Défendre nos valeurs, c’est aussi défendre nos intérêts »
Le mardi 30 avril 2024, la conférence ayant eu lieu à l’Assemblée nationale avait pour objectif de débattre des défis auxquels sont confrontées les forces démocratiques au Moyen-Orient et dans le Caucase, en mettant notamment en lumière les situations de l’Arménie, d’Israël et du Kurdistan.
La conférence a offert une tribune d’échange et de réflexion autour des enjeux cruciaux pour la démocratie dans cette région complexe du monde.
Parmi les intervenants, on comptait des personnalités de renom telles qu’Eric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël, Frédéric Encel, géopolitologue et essayiste, Patrice Franceschi, écrivain spécialiste de la région, Anne-Laurence Petel, députée et présidente du groupe d’amitié France-Arménie, Hasmik Tolmajian, Ambassadrice d’Arménie en France, et Tigrane Yegavian, journaliste et chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement.
Les débats ont abordé plusieurs thématiques majeures, notamment les perspectives d’élargissement des alliances pour les forces démocratiques, les relations avec les pays prônant une logique de paix et le soutien aux oppositions dans les régimes hostiles au modèle démocratique. Les intervenants ont souligné l’importance de renforcer les liens entre les nations partageant des valeurs démocratiques et de soutenir activement les mouvements en faveur de la démocratie dans les régions où elle est menacée. On a noté que certaines alliances paradoxales et contradictoires aux intérêts démocratiques de la région devraient être remises en cause.
Merci aux députés Sarah Tanzilli, Benjamin Haddad et Mathieu Lefèvre pour leur intervention.
Lundi dernier à Lille, une centaine d’étudiants ont participé à la table ronde organisée par le Laboratoire de la République, en partenariat avec Gorgias et Espo Mun, sur le thème : « Les conflits mondiaux négligés par les médias ». Avec Marc Semo et Fahimeh Robiolle.
Lundi dernier, une centaine d’étudiants se sont réunis à Lille pour une table ronde organisée par Le Laboratoire de la République, en partenariat avec Gorgias et Espo Mun.Une rencontre stimulante intellectuellement et culturellement, pour comprendre pourquoi certains conflits occupent les unes des journaux quand d’autres disparaissent dans le silence médiatiqueDeux voix pour éclairer ces angles morts de l’information :- Marc Semo, journaliste spécialiste des relations internationales (Libération, Le Monde, France Culture).- Fahimeh Robiolle, militante pour les droits des femmes en Iran et en Afghanistan.
De nombreux drames humains se déroulent loin des caméras : la guerre au Soudan, les violences en République démocratique du Congo, la répression en Birmanie, ou encore la lutte des femmes afghanes et iraniennes pour leurs droits.Autant de réalités souvent éclipsées par une actualité jugée plus “stratégique” ou “spectaculaire”.Les obstacles à la couverture médiatique sont nombreux :
la complexité des conflits, comme dans les Grands Lacs africains,
l’absence d’images ou de reporters sur place, notamment au Yémen ou au Soudan,
la fatigue des opinions publiques, lassées par la guerre,
la guerre des narratifs, où chaque puissance façonne sa propre vérité,
et la course à l’instantanéité, qui remplace l’analyse par le flux.
Ces freins contribuent à invisibiliser certaines tragédies, tandis que d’autres — comme la guerre en Ukraine ou le conflit israélo-palestinien — captent toute l’attention médiatique.
Cette rencontre a rappelé que l’information n’est jamais neutre. Elle est le reflet de choix économiques, politiques et culturels qui façonnent notre regard sur le monde.
Un grand merci aux étudiants présents pour la richesse de leurs échanges et leur engagement dans ce débat essentiel.
Retour sur le colloque « Neutralité en entreprise » organisé par le Laboratoire de la République à Villers-Cotterêts le 29 avril 2026. Entre témoignages du monde économique, de l'éducation et de l'insertion, une conviction partagée : le vivre-ensemble au travail ne va pas de soi, il se construit.
Le 29 avril 2026, le Laboratoire de la République réunissait à la Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts élus, dirigeants d'entreprise, chercheurs et professionnels de l'insertion autour d'une question aussi simple qu'exigeante : comment garantir la neutralité au travail dans une société traversée par les tensions identitaires et le bouillonnement des réseaux sociaux ?
Le travail, premier espace du vivre-ensemble ?
C'est dans le cadre majestueux du château de Villers-Cotterêts, berceau de la langue française, que le Laboratoire de la République a choisi d'ancrer ce colloque. Un symbole fort : la langue, comme la neutralité, est un bien commun qui transcende les appartenances particulières.
Nicolas Fayol, directeur des ressources humaines de Toyota Motor Manufacturing France, a posé d'emblée la question centrale : « Comment les individus acceptent-ils de bien vivre ensemble ? » Un enjeu devenu plus aigu encore à l'heure des réseaux sociaux, qui font entrer les conflits de la sphère privée au cœur de l'espace professionnel.
« Avec les réseaux sociaux, les problèmes de la sphère privée interviennent dans le monde du travail. » Nicolas Fayol, DRH, Toyota Motor Manufacturing France
La neutralité, condition du bien-être au travail
Pour Peggy Brione, ancienne directrice générale adjointe de la Caisse d'Épargne Hauts-de-France, la neutralité se définit d'abord par ce qu'elle permet : venir travailler sereinement, sans être heurté par les croyances ou les engagements des autres. En entreprise, chacun doit faire fi de ses convictions personnelles. Non par renoncement à soi, mais par respect de l'espace commun.
« Le monde du travail est un endroit où les salariés doivent ressentir du bien-être et où il doit y avoir de la cohésion. » Peggy Brione, ancienne DGA, Caisse d'Épargne Hauts-de-France
Le service public, garant de l'égalité de traitement
Alice Lemeret, directrice départementale Aisne de France Travail, a rappelé ce qui fonde la neutralité dans le service public : permettre à chaque individu de bénéficier de la même qualité de service, quelles que soient ses opinions. Une exigence républicaine, mais aussi une réalité opérationnelle quotidienne pour les agents au contact de publics très divers.
L'uniforme, outil de cohésion et non d'effacement
Jérôme Blanchard, directeur du Centre EPIDE de Margny-lès-Compiègne, a apporté un éclairage particulièrement frappant à partir de l'expérience des jeunes en insertion qu'il accompagne. Dans cet établissement qui accueille des profils aux parcours difficiles, l'uniforme n'a pas pour vocation d'effacer les personnalités, il crée de la cohésion.
« On essaie de leur apprendre que, quelles que soient leurs convictions, il faut accepter les différences dans le respect de l'autre. » Jérôme Blanchard, directeur du Centre EPIDE de Margny-lès-Compiègne
Médiation plutôt qu'interdiction : la voie de l'éducation
Stéphanie Rodrigues, proviseure du Lycée professionnel de Château-Thierry, a témoigné d'une approche pédagogique fondée sur le dialogue. Face aux tensions entre élèves, l'institution scolaire ne peut pas se contenter d'interdire : elle doit expliquer, mettre en débat, construire du sens.
« Avec les élèves, on passe par la médiation et la communication plutôt que par l'interdiction. » Stéphanie Rodrigues, proviseure du Lycée Professionnel de Château-Thierry
En conclusion : le vivre-ensemble, priorité absolue de la République
C'est Michel Lalande, préfet honoraire et responsable de la commission République laïque du Laboratoire de la République, qui a conclu les échanges avec une conviction forte : le vivre-ensemble est plus important que tout le reste. Et pour en rappeler les fondements, il a convoqué la mémoire collective, celle d'une histoire douloureuse dont le 14 juillet reste le symbole vivant, chaque année, des conditions du pacte républicain.
« Le vivre-ensemble est plus important que tout le reste. » Michel Lalande, préfet honoraire, commission République laïque
https://youtu.be/ADGoX2w5wmY
Le mercredi 13 mai, le Laboratoire de la République recevait l'essayiste et journaliste Frédéric Martel à la Maison de l'Amérique latine, dans le cadre de ses « Conversations Éclairées ». Animée par Brice Couturier et Chloé Morin, la soirée a été l'occasion d'un échange exigeant et sans détours autour de son dernier ouvrage Occidents, Enquête sur nos ennemis, paru aux éditions Plon.
Une enquête de terrain contre le pessimisme de salonFrédéric Martel a d'emblée posé le cadre de sa démarche : plutôt que de produire un essai introspectif, il a choisi d'aller au contact direct de ceux qui critiquent, rejettent ou combattent les valeurs occidentales. « Face à un monde devenu incompréhensible, je prends le parti d'aller sur le terrain, au contact de nos ennemis, de nos détracteurs, plus ou moins méchants », a-t-il expliqué.Ce choix méthodologique n'est pas anodin. Il procède d'une conviction profonde : écouter ses adversaires est la meilleure façon de comprendre ce à quoi l'on tient. « À partir du moment où l'on écoute ce qui est dit par nos détracteurs, on arrive à comprendre à quoi on tient », a-t-il affirmé. Une posture intellectuelle rare, à rebours des débats où chacun se contente de parler à ses propres convictions.Le résultat est sans appel : ce voyage au cœur des discours hostiles à l'Occident l'a renvoyé plus convaincu que jamais. « J'en suis revenu encore plus convaincu par l'Union européenne et ses valeurs que quand je suis parti. »Décolonialisme, gauche anti-totalitaire et lucidité historiqueFrédéric Martel revendique une formation intellectuelle ancrée dans la gauche anti-totalitaire. Cette filiation le conduit à une lecture lucide et sans complaisance des décolonisations du XXe siècle. Si le mouvement décolonial mérite d'être pris au sérieux, il ne saurait faire l'économie d'un regard critique sur ses propres échecs. « On est obligé de prendre en compte le fait que certaines décolonisations ont échoué dans leur émancipation des peuples, l'Algérie avec le FLN, ou encore la Chine », a-t-il rappelé.Il souligne également la contradiction fondamentale de l'époque de Bandung : au moment même où l'Afrique et l'Asie s'émancipaient du joug colonial, l'URSS étendait son emprise sur de nouveaux territoires. Une tension que la pensée décoloniale contemporaine peine souvent à intégrer.Les sphères de justice : une grille de lecture pour notre époqueAu cœur de l'ouvrage se trouve une notion philosophique empruntée au penseur Michael Walzer : les sphères de justice. Pour Frédéric Martel, la démocratie ne se réduit pas au seul suffrage universel. Elle repose sur l'autonomie de sphères distinctes : politique, économique, intellectuelle, religieuse, culturelle, qui doivent rester indépendantes les unes des autres et ne pas être soumises à une domination unique.C'est à l'aune de ce critère qu'il évalue les régimes contemporains. « En Chine, toutes ces sphères sont dominées. En Iran aussi. Et c'est également ce qu'essaye de faire Donald Trump. » Un constat qui refuse toute forme de double standard et s'applique avec la même rigueur, qu'il s'agisse d'adversaires déclarés ou d'alliés encombrants.L'universalisme comme pari assuméLà où beaucoup hésitent, Frédéric Martel assume pleinement une position universaliste. « Je crois profondément, jusqu'à ce que les Chinois me prouvent le contraire, que les valeurs dont je parle sont universelles. » Liberté, démocratie, économie de marché honnête et non confisquée par les oligarchies ou les kleptocraties : autant d'aspirations qu'il croit communes à tous les peuples, par-delà les frontières culturelles.Cette conviction ne relève pas d'un impérialisme naïf, mais d'un pari intellectuel et politique : refuser de concéder aux régimes autoritaires le monopole de la définition de leur propre peuple.La guerre idéologique et nos divisions comme forceLa soirée s'est conclue sur une note à la fois lucide et résolument optimiste. Frédéric Martel n'esquive pas la réalité d'une guerre idéologique en cours, ni l'existence de ce qu'il appelle des « chevaux de Troie à domicile », des acteurs intérieurs qui relaient, consciemment ou non, les narratifs de nos adversaires.Mais il refuse d'en faire un motif de désespoir. Nos démocraties se distinguent précisément par leur capacité à se déchirer en débats, à critiquer leurs propres fondements. « En France, en Europe, nous nous battons tout le temps entre nous et c'est aussi ça la démocratie. Ces débats n'existent pas en Chine, à Cuba, en Russie. Au fond, c'est très bien que nous soyons divisés, tant que nous ne sommes pas dans la violence. »Quant aux propagandistes étrangers, il relativise leur puissance réelle : « Je ne crois pas qu'ils aient plus d'idées que nous. » Et de rappeler que les vrais intellectuels — ceux capables de critiquer les leurs se trouvent rarement au sein des régimes autoritaires, mais bien souvent en exil ou à l'international.
https://youtu.be/h8qz7LMYGHQ
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