Auteur : L'équipe du Lab'

Retour sur la Conversation éclairée de Denis Olivennes

par L'équipe du Lab' le 15 janvier 2026
Le 8 janvier 2026, le Laboratoire de la République a accueilli Denis Olivennes à l’occasion d’une Conversation éclairée consacrée à son dernier ouvrage, le Dictionnaire amoureux des Juifs de France. Animée par Brice Couturier, cette conférence a donné lieu à un échange approfondi sur l’histoire des Juifs de France, la singularité du modèle républicain français et les mutations contemporaines de l’antisémitisme, dans un contexte marqué par les événements du 7 octobre et la montée des tensions antijuives.
Ancien directeur général de Canal+, PDG de la FNAC, du Nouvel Observateur et d’Europe 1, directeur général de Libération, Denis Olivennes est aujourd’hui président d’Editis. Le pari républicain français : intégrer sans effacer les identités Denis Olivennes a ouvert la discussion en revenant sur la genèse de son Dictionnaire amoureux des Juifs de France. Il y rappelle son histoire familiale, celle d’une famille de juifs allemands sauvée en 1938 grâce à l’action de Marx Dormoy, ministre socialiste de l’Intérieur, qui permit l’entrée en France de juifs et d’antinazis. Plus récemment, il a souligné combien cet ouvrage est né du choc du 7 octobre et de la montée contemporaine de l’antisémitisme. Les dernières années ont, selon lui, révélé une méconnaissance profonde de l’histoire des Juifs de France, pourtant indissociable de l’histoire nationale. L’ouvrage identifie au moins cinq grandes familles de Juifs de France, présentes sur le territoire depuis près de deux mille ans, notamment en Provence dès le Ier siècle, en Alsace à partir du IXᵉ siècle, ou encore à Bordeaux depuis le XVIᵉ siècle. Denis Olivennes a rappelé le caractère fondateur de l’émancipation des juifs par la Révolution française, qui permit en 1791 aux juifs de devenir citoyens de plein droit sans renoncer à leur identité religieuse. Ce choix républicain, résumé par la formule de Clermont-Tonnerre (« tout aux juifs en tant qu’individus et rien en tant que nation ») constitue, selon lui, une singularité française. Contrairement aux modèles britannique, fondé sur le multiculturalisme, ou allemand, structuré autour d’une conception ethno-nationale, la République française repose sur le « droit à l’indifférence » plutôt que sur le droit à la différence, reconnaissant des citoyens avant toute appartenance communautaire. Cette singularité se retrouve dans les trajectoires de grandes figures évoquées dans l’ouvrage, telles que Georges Mandel ou Marc Bloch, dont l’attachement indéfectible à la France illustre la possibilité d’une intégration républicaine exigeante, et non assimilationniste. Antisémitisme : héritages historiques et mutations contemporaines Si l’affaire Dreyfus constitue un moment majeur de l’antisémitisme en France, Denis Olivennes souligne que ce qui distingue fondamentalement le cas français n’est pas la montée de l’antisémitisme (alors présente dans toute l’Europe) mais le fait que Charles Péguy, Jean Jaurès et Émile Zola se soient dressés aux côtés de Bernard Lazare et Léon Blum pour défendre un capitaine juif, et qu’ils aient finalement triomphé de l’appareil d’État et de l’armée. L’auteur est également revenu sur le rôle historique de l’Église catholique, marquée par une « théologie négative » selon laquelle les juifs devaient continuer à exister comme témoins de leur refus du Messie. Cette doctrine ambivalente a nourri à la fois des persécutions et, paradoxalement, des formes de protection. Denis Olivennes a souligné le caractère décisif du concile Vatican II, qui permit à l’Église de rompre avec cet « enseignement du mépris », notamment sous l’influence de l’historien Jules Isaac. Il a ensuite proposé une lecture historique de l’antisémitisme, distinguant plusieurs formes successives : l’antijudaïsme chrétien (les juifs comme peuple déicide), dont l’Église s’est progressivement purgée ; l’antijudaïsme socialiste du XIXᵉ siècle (Fourier, Proudhon, Marx), dont la gauche s’est affranchie à travers l’affaire Dreyfus ; l’antisémitisme racial porté par le nazisme ; et enfin un antisémitisme contemporain, apparu depuis une vingtaine d’années, fondé sur l’équation « Israël = génocidaire = juif ». Les données issues de l’enquête Radiographie de l’antisémitisme 2024 (IFOP pour la Fondation pour l’innovation politique) confirment à la fois la persistance d’un noyau dur de personnes exprimant des préjugés antisémites et acceptant la violence, et l’existence d’une majorité de Français refusant l’antisémitisme et toute forme de violence. Elles mettent également en lumière des disparités marquées selon les milieux sociaux et politiques : les électeurs d’extrême gauche représenteraient ainsi 30 % des personnes exprimant des préjugés et acceptant la violence à l’encontre des juifs, soit trois fois plus que la moyenne. Éducation civique et clarté politique : les conditions d’une réponse républicaine Face à ce constat, Denis Olivennes a identifié deux axes d’action prioritaires. Le premier est éducatif : il s’agit de déconstruire les amalgames contemporains, de transmettre une histoire longue du judaïsme français et de réaffirmer les principes républicains d’universalité et de citoyenneté. Le second est politique : il appelle à une ligne de clarté face aux forces qui banalisent ou instrumentalisent l’antisémitisme, et plaide pour l’instauration d’un cordon sanitaire républicain. Plus largement, l’auteur a inscrit cette réflexion dans une analyse critique de la situation politique et économique française, qu’il juge marquée par une difficulté structurelle à conduire les réformes nécessaires. Malgré ce diagnostic, il a exprimé une confiance persistante dans la solidité du modèle républicain français, estimant que la mobilisation civique observée après le 7 octobre témoigne de la vitalité de la communauté nationale. Il a conclu sur une conviction forte : seule l’éducation, entendue au sens large (scolaire, civique et culturelle) permettra de contenir durablement l’antisémitisme et de préserver le pacte républicain. https://youtu.be/SjmV1A_xb_w?si=MimFVRFypURaXPKl

Désinformation en santé : les propositions du Laboratoire retenues dans un rapport ministériel

par L'équipe du Lab' le 13 janvier 2026
La désinformation en santé n’est plus un phénomène marginal : elle constitue désormais une menace majeure pour la qualité des soins, la confiance dans la science et la cohésion sociale. Un rapport remis au ministre de la Santé le 12 janvier 2026 dresse un constat préoccupant et formule des recommandations ambitieuses pour endiguer la propagation de fausses informations médicales. Le rapport reprend plusieurs axes structurants défendus par le Laboratoire de la République, sous l’impulsion de David Smadja et Nathalie Sonnac.
Désinformation en santé : un enjeu majeur de santé publique Le rapport remis au ministre de la Santé le 12 janvier 2026 tire la sonnette d’alarme : la désinformation en santé fragilise notre système de soins et met à mal le débat public. À l’heure des réseaux sociaux et de l’information instantanée, les fausses nouvelles circulent plus vite que jamais, souvent au détriment de la rigueur scientifique. Le document met en lumière plusieurs constats préoccupants. Plus de la moitié des jeunes âgés de 15 à 30 ans (53 %) s’informent principalement via Instagram, TikTok ou YouTube. Sur ces plateformes, les algorithmes favorisent les contenus émotionnels, spectaculaires ou polarisants, au détriment des informations fondées sur des données scientifiques solides. Dans ce contexte, les fausses informations relatives aux vaccins, aux traitements médicaux, à l’alimentation ou encore à la santé mentale se diffusent rapidement, bien plus vite que les réponses institutionnelles. Ces dernières peinent souvent à suivre le rythme et à adopter les codes de communication propres aux nouveaux usages numériques. Le rapport souligne également le rôle actif de certains acteurs de la désinformation : influenceurs, groupes militants, scientifiques dévoyés ou encore lobbies industriels exploitent les failles du système informationnel. À l’inverse, les scientifiques, journalistes ou lanceurs d’alerte qui défendent les faits et l’intégrité scientifique sont fréquemment exposés à des campagnes de harcèlement, des menaces ou des procédures-bâillons. Des recommandations structurantes pour enrayer la désinformation Face à ce constat, le rapport formule une série de recommandations destinées à structurer une réponse durable et collective. Il préconise d’abord de renforcer l’éducation à l’esprit critique dès l’école et tout au long de la vie, afin de permettre à chacun de mieux évaluer la fiabilité des informations auxquelles il est exposé. La formation des professionnels de santé, des journalistes et des cadres publics à la communication scientifique et à la lutte contre la désinformation constitue également un levier essentiel. Parmi les propositions phares figure la création d’un Info-Score Santé, inspiré du Nutri-Score, destiné à évaluer la fiabilité des sources d’information en santé. Le rapport recommande également la mise en place d’un Observatoire de l’information en santé, s’appuyant sur une intelligence artificielle dédiée et un système d’infovigilance capable de détecter et de contrer les fausses informations en temps réel. Enfin, le texte insiste sur la nécessité de sanctionner les désinformateurs, tout en renforçant la protection des scientifiques et experts qui contribuent à l’information du public. Des propositions déjà formulées par le Laboratoire de la République Dès décembre 2024, le Laboratoire de la République, à travers les travaux de David Smadja et Nathalie Sonnac, avait formulé plusieurs propositions pour lutter contre la désinformation en santé. Ces analyses et recommandations sont disponibles sur notre site internet. Le rapport officiel peut quant à lui être consulté sur le site du ministère de la Santé.

Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025 !

par L'équipe du Lab' le 13 octobre 2025
Le Laboratoire de la République adresse ses plus chaleureuses félicitations à Philippe Aghion, lauréat du prix Nobel d’économie 2025 !
Créé en 1969 par la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en l’honneur d’Alfred Nobel, plus connu sous le nom de prix Nobel d’économie, récompense chaque année des chercheurs dont les travaux ont profondément renouvelé la compréhension des mécanismes économiques. Décerné par l’Académie royale des sciences de Suède, il distingue des contributions majeures à la recherche sur la croissance, les marchés, les inégalités ou encore les politiques publiques. Au fil des décennies, le prix Nobel d’économie a salué des figures qui ont transformé la pensée économique mondiale. Cette année, le prix Nobel revient à l'économiste français Philippe Aghion pour ses travaux pionniers sur la « théorie de la croissance soutenue par la destruction créatrice », développée avec Peter Howitt. Cette reconnaissance internationale souligne l'importance de ses recherches pour comprendre les dynamiques économiques actuelles. Le Laboratoire de la République adresse ses plus chaleureuses félicitations à Philippe Aghion. Le 29 août 2025, lors de la deuxième Université d'été du Laboratoire, il a partagé ses réflexions sur la situation économique en France et en Europe, avant de participer à notre table ronde consacrée au « nouveau pacte économique pour la France ».Retrouvez son discours en intégralité : https://www.youtube.com/watch?v=Bhw7XE8FFno

La Fresque de la République

par L'équipe du Lab' le 23 septembre 2025 seance-fresque-republique
Face aux crises démocratiques et au désengagement citoyen, nous avons créé la Fresque de la République : un atelier collaboratif, apolitique et pédagogique, permettant de comprendre le fonctionnement et les principes qui façonnent notre République. Ce format de 2 heures s’adresse aux lycéens, étudiants, mais aussi aux associations, organismes publics et entreprises.
La Fresque de la République - atelier collaboratif et pédagogique qui permet de comprendre et de s’approprier les valeurs républicaines – Liberté, Égalité, Fraternité et Laïcité – en les reliant aux grands défis de notre temps. Par le jeu, l’échange et la réflexion collective, les participants construisent ensemble une vision vivante et concrète de la République, favorisant à la fois la transmission des savoirs et le développement de l’esprit critique. Notre avancée : Une équipe de 8 facilitateurs Plus de 300 participants Des fresques partout à travers la France De nombreux partenaires (Service Militaire Volontaire, Zupdeco, Jeune Chambre Economique...) Faire un don

Mercredi 12 mars : Crise mondiale inédite : les leçons du virage américain

par L'équipe du Lab' le 6 mars 2025 .
Nous vous invitons à participer à ce grand débat le mercredi 12 mars à 19h00 – gratuit, avec inscription obligatoire -, à la maison de l’Amérique Latine.
Vendredi 28 février, alors que Donald Trump et son vice-président, James Davis Vance, recevaient Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, les deux Américains ont pris à partie le président ukrainien avec une violence rare. Une séquence historique, symbole d’un tournant brutal de la position diplomatique américaine, qui a entraîné le départ prématuré de M. Zelensky de la Maison Blanche sans signer l'accord sur les minerais pour lequel il était venu.L’humiliation infligée par Donald Trump au président ukrainien dans le bureau ovale confirme un changement d’ère, qui prend de court les Européens.En réponse à ce virage dans les relations transatlantiques, le Laboratoire de la République organise un grand débat entre Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Education Nationale, et Nicolas Tenzer, philosophe et haut fonctionnaire. De nombreux spécialistes du sujet, parmi lesquels Frédéric Encel ou Christian Lequesne, seront aussi présents.Nouvelle architecture de la sécurité européenne, positionnement vis-à-vis des Etats-Unis, avenir de l’OTAN, nouveau plan de paix… Autant de thèmes qui seront abordés lors de cet évènement. Informations pratiques : Quand ? Mercredi 12 mars, 19h00 Où ? Maison de l'Amérique latine, 217 Bd. Saint-Germain, 75006 Paris Tarif : Gratuit Inscription obligatoire en ligne S'inscrire

Jeudi 27 mars : Lancement de l’antenne niçoise du Laboratoire de la République et conférence sur l’éducation et la République

par L'antenne de Nice , L'équipe du Lab' le 21 février 2025 Lancement de l'antenne de Nice du Laboratoire de la République, au Centre Universitaire Méditerranéen.
« Le jeudi 27 mars, au Centre Universitaire Méditerranéen (CUM) de Nice, le Laboratoire de la République organise un événement exceptionnel à l’occasion du lancement de son antenne niçoise. Cette conférence inaugurale aura pour thème: « L’éducation et la République au service d’un idéal de société ». Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’éducation nationale, président du Laboratoire de la République et Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur et Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, échangeront sur ces enjeux cruciaux pour notre société et le modèle démocratique que nous voulons promouvoir. La conférence sera précédée d’une séance de dédicace de l’ouvrage de Jean-Michel Blanquer : « La citadelle ».
A l'occasion de l'ouverture de sa nouvelle antenne à Nice, le Laboratoire de la République organise une conférence au Centre Universitaire Méditerranéen, en présence de Jean-Michel Blanquer et Christian Estrosi. Cette rencontre sera l'occasion d'explorer les liens entre éducation et citoyenneté, et d'aborder les ambitions de société qu'ils peuvent engendrer. Dans un contexte où les valeurs républicaines et les défis éducatifs sont plus que jamais au cœur des préoccupations, cette rencontre mettra en lumière l'importance de l'éducation pour renforcer les valeurs républicaines et favoriser l'égalité des chances. Elle permettra également de comprendre comment les politiques éducatives peuvent contribuer à la cohésion sociale et à la citoyenneté, en répondant aux défis actuels de l'éducation en France. Programme de l'événement : 17h : Dédicace du livre "La Citadelle" de Jean-Michel BlanquerEn partenariat avec la librairie Jean Jaurès, Jean-Michel Blanquer, ancien Ministre de l’Éducation nationale et Président du Laboratoire de la République, dédicacera son ouvrage "La Citadelle". 18h – 19h30/45 : Conférence du Laboratoire de la RépubliqueLa conférence, intitulée « L’éducation et la République au service d’un idéal de société », sera animée par Jean-Michel Blanquer et Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur et Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur afin de partager leurs visions et engagements pour l'éducation et la République. Informations pratiques : Quand ? Jeudi 27 mars, 17h00 pour la séance de dédicace et 18h00 pour la rencontre Où ? Centre Universitaire Méditerranéen, 65 Prom. des Anglais, 06000 Nice Tarif : Gratuit Inscription obligatoire en ligne S'inscrire ici

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