Auteur : L'équipe du Lab'

Retour sur la conférence « Qui défendra le droit international ? »

par L'équipe du Lab' le 29 septembre 2026
Le 23 septembre 2026, Sciences Po accueillait l’événement « Who will stand up for international law ? », organisé par la Paris School of International Affairs et ¡Aguanta Ucrania!, en partenariat avec le Laboratoire de la République. Diplomates, universitaires et experts ont croisé leurs regards sur les défis qui pèsent aujourd’hui sur le droit international et sur le rôle que peuvent jouer l’Europe, l’Ukraine et l’Amérique latine pour le défendre. An English version of this event report is available at the bottom of the page.
Le 23 septembre 2026, la Paris School of International Affairs (PSIA) de Sciences Po et ¡Aguanta Ucrania!, en partenariat avec le Laboratoire de la République, ont organisé à Sciences Po l’événement « Who will stand up for international law ? ». Depuis quatre ans, ¡Aguanta Ucrania! mobilise la solidarité latino-américaine autour de l’Ukraine. Cette rencontre s’inscrivait dans cette dynamique, avec un objectif : réfléchir aux moyens de renforcer les liens entre l’Europe, l’Ukraine et l’Amérique latine pour défendre le droit international. Modérée par Sergio Jaramillo, ancien Haut-Commissaire pour la paix de Colombie, la discussion a réuni Jean-Michel Blanquer, ancien ministre français de l’Éducation nationale, Pavlo Klimkin, ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, Norton Rapesta, ancien ambassadeur du Brésil en Ukraine, Rosemary Ann Byrne, professeure de droit international à la Paris School of International Affairs (PSIA), et Michael Reid, auteur et ancien responsable de la rubrique Amériques de The Economist. Leurs échanges ont permis de croiser les regards sur un même constat : le droit international est aujourd’hui soumis à une pression croissante, alors que les rapports de force reprennent une place centrale dans les relations entre États. Retrouvez le replay de cette conférence sur le site de Sciences Po. Un droit international sous pression Le constat posé au début de la rencontre est celui d’un changement profond des relations internationales. Là où les États pouvaient compter sur des accords et des engagements relativement stables, les relations entre puissances deviennent plus transactionnelles. Les règles sont toujours là, mais leur respect est moins évident. Les nouvelles formes de conflit, à commencer par les cyberattaques, compliquent encore la situation : à partir de quel moment une attaque informatique devient-elle un acte d’agression ou un acte de guerre ? Pour Jean-Michel Blanquer, il serait toutefois erroné d’en conclure à la disparition du droit international. Il a préféré parler d’une « lutte entre le droit international et les ennemis du droit international ». Une manière de rappeler que les règles internationales continuent de jouer un rôle essentiel, mais que leur défense exige une mobilisation constante. L’ancien ministre a notamment pris l’exemple de la Colombie. Les efforts engagés en faveur de la paix ont demandé des années avant d’aboutir. Ce précédent montre, selon lui, l’importance de construire dans la durée des réseaux réunissant responsables politiques, universitaires, étudiants et acteurs de la société civile. Les initiatives qui semblent modestes aujourd’hui peuvent produire des résultats plusieurs années plus tard. L’Ukraine, bien au-delà d’un conflit européen La guerre en Ukraine a naturellement occupé une place centrale dans les échanges. Pour Pavlo Klimkin, elle pose une question qui dépasse largement les frontières de son pays : celle de la souveraineté des États et de leur capacité à décider librement de leur avenir. L’ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères a également insisté sur la difficulté de négocier lorsqu’un adversaire remet en cause l’existence même de l’autre partie. Le dialogue reste nécessaire, mais une négociation ne peut être crédible, selon lui, que si elle ne se fait pas depuis une position de faiblesse. Norton Rapesta a, de son côté, raconté la guerre à travers son expérience personnelle d’ambassadeur du Brésil en Ukraine. Présent dans le pays au début de l’invasion à grande échelle, il a évoqué le réveil au son des explosions, puis le quotidien rythmé par les alertes aériennes, les drones et les missiles. Il a également raconté comment, bien après ces événements, entendre le son d’une alarme dans un documentaire consacré à Kharkiv avait provoqué chez lui une réaction physique immédiate. Ce témoignage a permis de mettre en lumière l’une des difficultés rencontrées pour mobiliser en Amérique latine : la distance. Pour une partie de la population, la guerre en Ukraine reste un conflit lointain, alors que les pays de la région sont confrontés à leurs propres difficultés économiques, sociales et sécuritaires. Pour Norton Rapesta, il est donc essentiel de mieux expliquer la réalité ukrainienne et de s’adresser davantage aux sociétés civiles, et pas seulement aux gouvernements et aux diplomates. L’Amérique latine, une tradition à réaffirmer Cette distance contraste avec la longue tradition latino-américaine de défense du multilatéralisme, des droits humains et du principe de non-intervention. Plusieurs intervenants ont rappelé le rôle joué par les pays de la région dans la construction de l’ordre international après la Seconde Guerre mondiale. L’affaire du Nicaragua contre les États-Unis devant la Cour internationale de Justice a notamment été citée : elle avait montré qu’un État moins puissant pouvait utiliser le droit international pour faire valoir ses droits face à une grande puissance. Mais cette tradition ne se traduit pas toujours par une mobilisation concrète sur l’Ukraine. Rosemary Ann Byrne a rappelé que 33 États avaient déposé des déclarations d’intervention dans la procédure engagée par l’Ukraine contre la Russie devant la Cour internationale de Justice, sans qu’aucun État latino-américain, africain ou asiatique ne le fasse. Sur les 43 États ayant saisi le procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Ukraine, seuls trois venaient d’Amérique latine. Ces chiffres ont alimenté une discussion plus large sur la cohérence de la défense du droit international. Les échanges ont notamment porté sur les différences de mobilisation face aux guerres en Ukraine et à Gaza. Selon plusieurs intervenants, défendre des règles communes suppose de les appliquer avec la même exigence, quel que soit le pays concerné. Rosemary Ann Byrne a ainsi insisté sur la nécessité de repartir de principes simples et partagés, comme la protection des civils, les règles encadrant le recours à la force ou encore la responsabilité des États. Une bataille qui se joue aussi dans l’opinion La question de l’opinion publique a occupé une autre partie importante de la discussion. Michael Reid a souligné l’activité de la propagande russe en Amérique latine et cité une enquête, qui n’avait pas encore été publiée au moment de la rencontre. Selon ces données, 39 % des personnes interrogées avaient une opinion favorable de la Russie, contre 34 % en 2023. Dans le même temps, les opinions favorables à l’Ukraine étaient passées de 42 % à 35 %. Pour Michael Reid, ces évolutions s’inscrivent dans un contexte plus large : l’Amérique latine peine aujourd’hui à faire émerger une vision commune en matière de politique étrangère. Entre des gouvernements aux orientations très différentes et des opinions publiques davantage préoccupées par les enjeux nationaux, construire une position commune sur des crises internationales éloignées reste difficile. La réponse passe donc aussi par la communication. Les participants ont insisté sur la nécessité de mieux expliquer ce que les principes défendus en Ukraine peuvent signifier pour d’autres régions du monde. La souveraineté, la non-intervention ou le respect des frontières ne sont pas seulement des préoccupations européennes : ils concernent tous les États, et en particulier ceux qui ne disposent pas de la puissance nécessaire pour imposer seuls leurs intérêts. Renforcer les liens entre l’Europe et l’Amérique latine Comment agir dans ce contexte ? Une piste évoquée pendant la rencontre est celle d’une coopération renforcée entre les « puissances intermédiaires », capables de défendre ensemble le multilatéralisme sans dépendre entièrement des grandes puissances. Les relations entre l’Europe et l’Amérique latine pourraient jouer un rôle important dans cette dynamique, les deux régions partageant une histoire et de nombreux principes communs en matière de droit international. Mais cette coopération ne peut pas se limiter aux États. Les intervenants ont souligné le rôle des universités, des étudiants, des chercheurs, des médias et des organisations de la société civile. C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit l’action menée depuis quatre ans par ¡Aguanta Ucrania! : créer des liens entre l’Ukraine et l’Amérique latine et faire mieux connaître les enjeux de la guerre auprès des sociétés latino-américaines. Au terme de la rencontre, une idée s’est ainsi dégagée : le droit international n’a pas disparu, mais sa défense ne peut plus être considérée comme acquise. Elle suppose de construire des alliances, de mieux faire connaître les réalités des conflits et de défendre les mêmes principes d’une crise à l’autre. À la question posée par le titre de l’événement (« Who will stand up for international law ? »), les échanges de Sciences Po ont apporté une réponse collective : États et institutions ont leur rôle à jouer, mais universitaires, étudiants, médias et sociétés civiles ont, eux aussi, une part de responsabilité dans la défense d’un ordre international fondé sur des règles. English version On 23 September 2026, Sciences Po’s Paris School of International Affairs (PSIA) and ¡Aguanta Ucrania!, in partnership with the Laboratoire de la République, organised the event “Who will stand up for international law?” at Sciences Po. For the past four years, ¡Aguanta Ucrania! has been mobilising Latin American solidarity around Ukraine. The event built on this momentum, with one objective: to explore ways of strengthening ties between Europe, Ukraine and Latin America in defence of international law. Moderated by Sergio Jaramillo, former High Commissioner for Peace of Colombia, the discussion brought together Jean-Michel Blanquer, former French Minister of National Education, Pavlo Klimkin, former Minister of Foreign Affairs of Ukraine, Norton Rapesta, former Ambassador of Brazil to Ukraine, Rosemary Ann Byrne, Professor of International Law at the Paris School of International Affairs (PSIA), and Michael Reid, author and former Americas Editor at The Economist. Their contributions brought together different perspectives around a shared observation: international law is under growing pressure at a time when power politics are once again playing a central role in relations between states. International law under pressure The discussion began with the observation that international relations are undergoing a profound shift. Where states could once rely on relatively stable agreements and commitments, relations between powers are becoming increasingly transactional. The rules remain, but compliance with them can no longer be taken for granted. New forms of conflict, starting with cyberattacks, are making the situation even more complex: at what point does a cyberattack become an act of aggression or an act of war? For Jean-Michel Blanquer, however, it would be wrong to conclude that international law is disappearing. Instead, he described the current situation as a “struggle between international law and the enemies of international law”. It was a way of stressing that international rules continue to play an essential role, but that defending them requires sustained mobilisation. The former minister pointed in particular to the example of Colombia. Efforts to build peace took years before producing results. In his view, this experience demonstrates the importance of building long-term networks bringing together political leaders, academics, students and civil society. Initiatives that may appear modest today can produce results many years later. Ukraine, far beyond a European conflict The war in Ukraine naturally occupied a central place in the discussion. For Pavlo Klimkin, it raises a question that extends far beyond his country’s borders: the sovereignty of states and their ability to freely determine their own future. The former Ukrainian Foreign Minister also stressed the difficulty of negotiating when an adversary challenges the very existence of the other party. Dialogue remains necessary, but in his view negotiations can only be credible if they are not conducted from a position of weakness. Norton Rapesta, for his part, described the war through his personal experience as Brazil’s Ambassador to Ukraine. Present in the country at the beginning of the full-scale invasion, he recalled waking to the sound of explosions and then living with the daily reality of air-raid warnings, drones and missiles. He also described how, long after those events, hearing the sound of an air-raid siren in a documentary about Kharkiv triggered an immediate physical reaction. His testimony highlighted one of the main challenges in mobilising support in Latin America: distance. For part of the population, the war in Ukraine remains a distant conflict, while countries across the region are dealing with their own economic, social and security challenges. For Norton Rapesta, it is therefore essential to better explain the reality of the war in Ukraine and to engage more directly with civil society, rather than focusing solely on governments and diplomatic channels. Latin America : a tradition to reaffirm This sense of distance contrasts with Latin America’s longstanding tradition of supporting multilateralism, human rights and the principle of non-intervention. Several speakers recalled the role played by countries in the region in building the international order after the Second World War. Nicaragua’s case against the United States before the International Court of Justice was cited in particular: it demonstrated that a less powerful state could use international law to assert its rights against a major power. Yet this tradition has not always translated into concrete mobilisation over Ukraine. Rosemary Ann Byrne noted that 33 states had submitted declarations of intervention in Ukraine’s proceedings against Russia before the International Court of Justice, without a single Latin American, African or Asian state doing so. Of the 43 states that referred the situation in Ukraine to the prosecutor of the International Criminal Court, only three were from Latin America. These figures prompted a broader discussion about consistency in the defence of international law. The conversation notably addressed differences in international mobilisation over the wars in Ukraine and Gaza. Several speakers argued that defending common rules requires applying them with the same level of commitment regardless of the country concerned. Rosemary Ann Byrne stressed the need to return to simple, shared principles, including the protection of civilians, the rules governing the use of force and state responsibility. A battle also being fought in public opinion Public opinion was another important part of the discussion. Michael Reid highlighted the activity of Russian propaganda in Latin America and cited a survey that had not yet been published at the time of the event. According to the figures he presented, 39% of respondents had a favourable view of Russia, compared with 34% in 2023. Over the same period, favourable views of Ukraine had fallen from 42% to 35%. For Michael Reid, these trends are part of a broader context: Latin America is currently struggling to develop a common vision on foreign policy. With governments pursuing very different political agendas and public opinion more focused on domestic concerns, building a shared position on distant international crises remains difficult. Part of the response therefore lies in communication. Participants stressed the need to better explain what the principles at stake in Ukraine mean for other regions of the world. Sovereignty, non-intervention and respect for borders are not exclusively European concerns: they matter to all states, particularly those that do not have the power to impose their interests on their own. Strengthening ties between Europe and Latin America What can be done in this context? One avenue discussed during the event was greater cooperation between “middle powers” capable of defending multilateralism together without being entirely dependent on major powers. Relations between Europe and Latin America could play an important role in this effort, given the two regions’ shared history and many common principles regarding international law. But this cooperation cannot be limited to states. Speakers highlighted the role of universities, students, researchers, the media and civil society organisations. This is precisely where the work carried out by ¡Aguanta Ucrania! over the past four years comes in: building connections between Ukraine and Latin America and raising awareness of the war and its implications among Latin American societies. By the end of the discussion, one idea had clearly emerged: international law has not disappeared, but its defence can no longer be taken for granted. It requires building alliances, improving understanding of the realities of conflicts and defending the same principles from one crisis to another. To the question posed by the title of the event (“Who will stand up for international law?”), the discussion at Sciences Po offered a collective answer: states and institutions have a role to play, but academics, students, the media and civil society also share responsibility for defending an international order based on rules.

28/09 : Conversation éclairée avec David Smadja

par L'équipe du Lab' le 21 septembre 2026
Comment passer d’un système de santé qui soigne à une société qui sait aussi prévenir ? À l’occasion des « Conversations éclairées » du Laboratoire de la République, Brice Couturier et Chloé Morin reçoivent David Smadja, auteur de La République de la prévention, pour penser les grands défis sanitaires de notre temps et les contours d’un nouveau pacte entre prévention, démocratie et solidarité.
Dans le cadre des « Conversations éclairées » du Laboratoire de la République, Brice Couturier & Chloé Morin recevront David Smadja pour un échange autour de son ouvrage « La République de la prévention » publié aux Éditions LEH. En s’appuyant sur son expérience de chercheur, de biologiste hospitalier et d'observateur engagé des mutations du système de santé, David Smadja dresse le constat d'une société bâtie pour soigner, mais pas pour prévenir. En interrogeant la santé mentale des jeunes, les déserts médicaux, la désinformation sanitaire ou encore la révolution de l'intelligence artificielle, il confronte les grands défis sanitaires contemporains à l'absence d'une véritable culture de l'anticipation. Lors de cette rencontre, il décryptera comment un nouveau pacte entre prévention, démocratie et solidarité pourrait transformer notre système de santé, en France et en Europe. L’échange sera suivi d’un moment de convivialité, avec un cocktail et une séance de dédicaces. Informations pratiques :🗓️ Lundi 28 septembre 2026🕖 19h00📍 Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris. S'inscrire

Université d’été de Sens 2026 : revivez les débats du samedi !

par L'équipe du Lab' le 8 septembre 2026
Revivez les débats du samedi 29 août tenus lors de la troisième Université d’été du Laboratoire de la République, à Sens, autour de la question « Quel projet de société pour la France au XXIe siècle ? ».
Le samedi 29 août, la dernière journée de l’Université d’été du Laboratoire de la République a donné une place particulière au débat politique. En direct de Sens et sur l’antenne de LCI, deux rencontres ont prolongé les réflexions menées pendant trois jours par responsables politiques, experts, universitaires et acteurs de la société civile autour des défis économiques, sociaux, éducatifs et démocratiques auxquels la France est confrontée.   Sébastien Lecornu et Jean-Michel Blanquer : qu'est-ce qu'être souverain pour la France aujourd'hui ? La première séquence a réuni le Premier ministre Sébastien Lecornu et Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République et ancien ministre de l’Éducation nationale. Présenté par Darius Rochebin, ce grand entretien d’un peu plus d’une heure a été diffusé en direct de Sens dans le cadre de l’Université d’été.   https://www.youtube.com/watch?v=bIrSXhIfLhE François Hollande et Édouard Philippe : France 2027, quelles perspectives ? La seconde séquence a pris la forme d’un face-à-face entre François Hollande, ancien président de la République et député de Corrèze, et Édouard Philippe, ancien Premier ministre, président d’Horizons et maire du Havre. Annoncée autour de la question « France 2027, quelles perspectives ? », la rencontre avait pour vocation de confronter deux visions politiques et deux projets pour le pays, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Elle a ainsi constitué l’un des temps forts de clôture d’une Université d’été conçue comme un espace de confrontation des idées et d’élaboration de propositions pour la France du XXIe siècle.   https://www.youtube.com/watch?v=x4OOZbc76cM Le discours de clôture de Jean-Michel Blanquer Après trois jours de débats et de rencontres, Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République, a prononcé le discours de clôture de la troisième Université d’été, samedi 29 août à Sens. Des territoires à l’économie, de l’école à la laïcité, de la santé aux institutions, de l’intelligence artificielle à la souveraineté, les différentes séquences de l’Université d’été avaient pour ambition de confronter les diagnostics et de faire émerger des propositions concrètes. Pendant deux jours, responsables politiques, experts, universitaires, élus et acteurs de la société civile ont ainsi été invités à dépasser les constats pour contribuer à l’élaboration d’une vision commune.   Le discours de clôture de Jean-Michel Blanquer s’inscrit dans cette ambition générale et vient refermer une Université d’été placée sous le mot d’ordre « Faire sens ensemble » : créer les conditions du dialogue entre différentes sensibilités républicaines et contribuer à construire une direction commune pour la France à l’approche des échéances de 2027.   https://www.youtube.com/watch?v=f4ZxS3tOdpE Baromètre de la République, économie, immigration : quelles réponses pour la France ? La matinée du samedi 29 août a permis de croiser les regards sur plusieurs des grands défis auxquels la France est confrontée. La matinée s’est ouverte par la présentation du Baromètre de la République 2026, modérée par Maxime Bigot, directeur des études du Laboratoire de la République. Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos BVA, et le philosophe Pierre-Henri Tavoillot ont analysé les valeurs auxquelles les Français restent attachés et proposé un décryptage de la situation politique, mettant en lumière les attentes, les préoccupations et les évolutions qui traversent aujourd’hui la société française. https://www.youtube.com/watch?v=Y4KOqjL4IXk Les échanges se sont ensuite concentrés sur les enjeux économiques. Après une intervention de Philippe Aghion, prix Nobel d’économie, consacrée à la politique économique à conduire pour la France en 2027, une table ronde consacrée à la construction d’un nouveau pacte économique a réuni Roland Lescure, Yves Perrier, Emmanuel Combe, Stéphanie Dameron et Philippe Aghion, modérée par Anne de Guigné. https://www.youtube.com/watch?v=bFLe-O0RZCs https://www.youtube.com/watch?v=JJyRaURDT-g La matinée s’est poursuivie autour d’un autre enjeu majeur : « Immigration et intégration : comment refaire Nation ? » Sarah El Haïry, Guillaume Larrivé et Valérie Pécresse ont débattu de cette question sous la modération de Didier Leschi. https://www.youtube.com/watch?v=Ti4JES5cd44 Enfin, Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, est intervenu sur la question « Quelle coalition pour quelle réconciliation républicaine ? ». https://www.youtube.com/watch?v=-5FfDlyAHP0 Quel projet pour réenchanter la France ? L’après-midi a été marqué par un débat intitulé « Quel projet pour réenchanter la France ? ». Une question destinée à dépasser le seul constat des difficultés du pays pour mettre en discussion les orientations susceptibles de redonner une perspective collective à la France.  Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen-sur-Seine et vice-président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a débattu avec Natacha Polony, directrice de la revue L’Audace ! et essayiste. https://www.youtube.com/watch?v=f4hB7i9Aka8 Un second débat a réuni Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations et Jérôme Guedj, député de l’Essonne, sous la modération d’Ambre Xerri. https://www.youtube.com/watch?v=ocQLTd9BkNg

Université d’été de Sens 2026 : revivez les débats du vendredi !

par L'équipe du Lab' le 8 septembre 2026
Revivez les débats du vendredi 28 août tenus lors de la troisième Université d’été du Laboratoire de la République, à Sens, autour de la question « Quel projet de société pour la France au XXIe siècle ? ».
Refonder le contrat territorial Au Théâtre municipal de Sens, la journée du vendredi 28 août était placée sous le signe de la refondation du contrat territorial. Après les discours d’ouverture de Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République, et de Paul-Antoine de Carville, maire de Sens et président de l’Agglomération du Grand Sénonais, une première séquence consacrée à l’intelligence artificielle a ouvert les réflexions sur les grandes transformations à venir, avec Frédéric Dabi et Olivier Girard.  La matinée s’est ensuite concentrée sur l’organisation territoriale de la France et la nécessité de repenser les rapports entre l’État et les territoires. La table ronde « Vers une DATAR+ : repenser l’aménagement du territoire » a réuni Clément Beaune, Bruno Bonnell, Éric Hazan et Fabien Verdier, sous la modération de Nicolas Burblis et Laurianne Rossi. Elle a été suivie d’une intervention de Benjamin Morel sur la « République de la subsidiarité », avant un débat consacré aux nouvelles libertés locales avec François Baroin, Xavier Bertrand, Carole Delga et Hervé Marseille. Ces échanges ont placé au centre des discussions la décentralisation, la capacité d’action des collectivités et la recherche d’un nouvel équilibre territorial.   La matinée s’est achevée avec l’écrivain et académicien Érik Orsenna, autour de la place de l’agriculture et de l’eau dans l’aménagement du territoire. L’après-midi a élargi cette réflexion aux conditions concrètes de la vie quotidienne. La table ronde modérée par Marin de Nebehay « Mieux vivre, mieux se déplacer, mieux habiter : le défi écologique du quotidien » a réuni François Durovray, Franck Leroy, Agnès Pannier-Runacher, Laurianne Rossi et Guillaume Vuilletet. Mobilités, logement, infrastructures et transition écologique ont ainsi été abordés à partir de leur traduction concrète dans la vie des Français et dans l’action des territoires.  La journée s’est poursuivie avec une séquence géopolitique consacrée à « La France face au réarmement du monde », modérée par Christian Lequesne et Jean-François Cervel. Eléonore Caroit, Éric Danon, Frédéric Encel, Pierre Heilbronn, Nathalie Loiseau et Pierre Vimont ont confronté leurs analyses sur les bouleversements de l’ordre international et la place que la France et l’Europe doivent y tenir. Plusieurs cartes blanches données à Florian Bachelier, Fahimeh Robiolle, Patrice Franceschi et Hélé Béji ont prolongé la réflexion. Une table ronde fut ensuite consacrée à « L’engagement des jeunes » et a réuni Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, Giulia Acha Miljkovic, conseillère municipale de Kingersheim, Alexia Fossaluzza, présidente d’Ambitions Républicaines, les Jeunes du Laboratoire de la République, et Charlyne Péculier, directrice générale de l’association Un abri qui sauve des vies et première adjointe au maire de Cesson. Une séquence consacrée aux nouvelles formes d’engagement et à la place que les jeunes générations peuvent prendre dans la vie civique et politique.  La réflexion s’est poursuivie sur le terrain économique avec François Baroin, maire de Troyes et ancien ministre, et Thierry Breton, ancien commissaire européen et ancien ministre. Modéré par Emmanuel Combe, leur échange, intitulé « Rétablir les comptes publics pour mieux investir », a placé au cœur du débat l’articulation entre maîtrise des finances publiques et capacité de la France à préparer l’avenir.  Enfin, la soirée s’est conclue par une rencontre consacrée à « Littérature et liberté d’expression », réunissant Boualem Sansal, écrivain élu à l’Académie française, et Claudio Galderisi, président du Conseil scientifique du Laboratoire de la République et président de l’Assemblée générale de l’Institut français d’islamologie, sous la modération de Rachel Binhas. https://www.youtube.com/watch?v=dkIti78K238

Nos études inédites présentées à Sens

par L'équipe du Lab' le 8 septembre 2026
À l’occasion de son Université d’été 2026 à Sens, le Laboratoire de la République a présenté cinq travaux inédits pour éclairer les transformations politiques, démocratiques et sociales à l’œuvre. Valeurs républicaines, intelligence artificielle et démocratie, décentralisation, neutralité dans l’entreprise et adaptation au changement climatique : ces études et guides proposent à la fois des éléments de diagnostic et des pistes concrètes pour l’action publique.
Présentées dans le cadre de l’Université d’été du Laboratoire de la République, organisée les 27, 28 et 29 août 2026 à Sens, cinq études inédites proposent un éclairage sur les grands enjeux qui traversent le débat public. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, elles portent notamment sur l’adhésion des Français aux valeurs républicaines, les mutations liées à l’intelligence artificielle, les libertés locales, la laïcité et la transition écologique. Le Baromètre de la République 2026 Réalisée par Ipsos bva pour le Laboratoire de la République, la deuxième vague du Baromètre de la République mesure le rapport des Français aux valeurs républicaines et leur perception du climat politique et démocratique à l’approche de 2027. L’étude met en évidence un attachement toujours très fort à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, qui contraste avec un jugement beaucoup plus sévère sur leur application concrète. Elle fait également ressortir un climat marqué par le pessimisme et la demande de changement, ainsi qu’un décalage entre les préoccupations économiques et sociales des Français et les sujets qu’ils anticipent au cœur de la campagne présidentielle.  Je découvre le Baromètre de la République 2026 Présidentielle 2027 : les Français face à l’intelligence artificielle Quelle place les Français sont-ils prêts à accorder à l’intelligence artificielle dans une campagne électorale ? L’étude réalisée par l’Ifop pour le Laboratoire de la République montre une forte défiance à l’égard de l’IA lorsqu’elle touche à l’information et au choix politiques, mais aussi une plus grande ouverture à certains usages, notamment chez les jeunes générations. Les Français peuvent envisager l’IA pour comprendre une proposition, comparer des programmes ou vérifier une information, mais refusent très majoritairement qu’elle oriente leur vote. Alors que 86 % craignent que des deepfakes puissent influencer le résultat de la présidentielle, l’étude souligne l’importance de la transparence et de l’identification des contenus générés pendant la campagne.  Je découvre l'étude Présidentielle 2027 : les Français face à l'intelligence artificielle Benjamin Morel : pour une République de la subsidiarité À l’appui d’une étude réalisée en partenariat avec l’Institut Terram, Benjamin Morel, constitutionnaliste et secrétaire général du Laboratoire de la République, propose de repenser la décentralisation à partir de la capacité d’action des pouvoirs publics. Plutôt qu’un nouvel « acte » fondé sur de nouveaux transferts de compétences, il défend une subsidiarité effective : donner à chaque niveau de pouvoir les ressources fiscales, politiques et juridiques nécessaires pour agir et rendre des comptes aux citoyens. Autonomie fiscale, liberté d’initiative locale, pouvoir réglementaire et solidarité entre les territoires constituent les principaux leviers d’une réforme pensée moins comme une réorganisation administrative que comme un enjeu démocratique. Je découvre l'étude Décentraliser : subsidiarité contre vetocratie L’avenir de la Corse : sortir de l’impasse statutaire et reconstruire une réponse républicaine Alors que le projet de loi constitutionnelle relatif à l’autonomie de la Corse ouvre la voie à une évolution majeure de son statut, Benjamin Morel, constitutionnaliste, et Michel Ruimy, économiste, proposent une analyse des conséquences institutionnelles, politiques et économiques d’une telle réforme. Au-delà de la seule question corse, l’étude interroge les principes d’égalité devant la loi et d’indivisibilité de la République, ainsi que les risques liés à l’instauration de mécanismes d’exception territoriale. Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse statutaire, les auteurs invitent à reconstruire une réponse républicaine capable de concilier la prise en compte des spécificités de l’île, l’efficacité de l’action publique et le maintien d’un cadre commun. Une contribution au débat constitutionnel qui entend éclairer les choix à venir et leurs conséquences durables pour la Corse comme pour l’ensemble de la République. Je découvre l'étude L'avenir de la Corse Faire vivre la neutralité dans l’entreprise : un guide pratique pour les employeurs, RH, managers et salariés Comment garantir que l’expression des convictions individuelles ne remette pas en cause les règles communes et le bon fonctionnement de l’entreprise ? La Commission République laïque du Laboratoire de la République, sous la plume de Pascale d'Artois et Théo Fouquer, publie un guide pratique consacré à la neutralité dans l’entreprise. Face à des manifestations plus affirmées des convictions sur le lieu de travail, il rappelle que la liberté de chacun doit s’exercer dans le respect du collectif, des nécessités de l’activité et du droit. Destiné aux employeurs, responsables des ressources humaines, managers et salariés, ce guide fournit des repères concrets pour déterminer ce qui peut être accepté, encadré ou interdit. Il précise notamment le rôle du règlement intérieur et les conditions dans lesquelles des restrictions peuvent être mises en place, afin de donner aux acteurs de l’entreprise les moyens de fixer un cadre clair et de le faire respecter. Je découvre le guide Neutralité en entreprise 2026-2032 : un mandat clé pour adapter son territoire aux enjeux environnementaux Face à la multiplication des canicules, aux records de chaleur et aux incendies, l’adaptation des territoires au changement climatique devient un enjeu immédiat de l’action locale. Quelques mois après les élections municipales de mars 2026, la Commission Environnement du Laboratoire de la République, par les voix d'Agnès Pannier-Runacher et Marine de Bazelaire, propose aux nouvelles équipes municipales une méthode, des priorités et des solutions concrètes pour renforcer la résilience de leur territoire. L’objectif : faire de la transition écologique une politique locale pragmatique, capable à la fois de protéger les habitants, d’anticiper les risques et de créer de la valeur pour les communes. Je découvre le guide 2026-2032 : un mandat clé pour adapter son territoire

Le Baromètre de la République édition 2026

par L'équipe du Lab' le 8 septembre 2026
À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, la deuxième vague du Baromètre de la République, réalisée par Ipsos bva pour le Laboratoire de la République, dresse le portrait d’une société française toujours profondément attachée aux valeurs républicaines, mais inquiète quant à leur traduction concrète. Dans un climat marqué par le pessimisme, la colère et une demande de changement, l’enquête révèle également un décalage significatif entre les thèmes qui occupent le débat public et les préoccupations que les Français souhaitent voir placées au cœur de la prochaine campagne présidentielle.
Des valeurs républicaines solides dans une France inquiète La deuxième vague du Baromètre de la République confirme un attachement toujours très fort aux valeurs républicaines, mais aussi un décalage persistant entre les principes et leur application. La liberté est considérée comme importante par 96 % des Français, la fraternité par 91 % et l’égalité par 90 %. En revanche, seuls 27 % estiment que la fraternité correspond bien à la société française actuelle et 24 % portent le même jugement sur l’égalité. La laïcité reste, quant à elle, majoritairement perçue comme protectrice : 77 % considèrent qu’elle garantit la liberté de conscience et l’égalité de traitement.   À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’enquête fait également ressortir un climat de pessimisme et de mécontentement. 85 % des Français considèrent que le pays est en déclin, même si une majorité estime encore ce déclin réversible. Parallèlement, 52 % se reconnaissent dans l’image d’une France « en colère et très contestataire », contre 46 % dans celle d’une France « mécontente, mais pas forcément en colère ». Cette insatisfaction s’accompagne d’un sentiment de polarisation du débat public, particulièrement marqué sur l’immigration, les religions et la laïcité ou encore les droits des personnes LGBT.   Le Baromètre met par ailleurs en évidence un décalage entre les préoccupations des Français et les thèmes qu’ils anticipent au cœur de la campagne. Le pouvoir d’achat arrive nettement en tête des sujets qu’ils souhaitent voir abordés (46 %), devant la sécurité et la délinquance (30 %), les services publics et la protection sociale (30 %), la situation budgétaire (28 %) et l’immigration (27 %). Pourtant, 42 % pensent que l’immigration figurera parmi les principaux sujets traités pendant la campagne, devant l’insécurité (37 %) et le pouvoir d’achat (34 %).  Enfin, la présidentielle apparaît comme une échéance importante, associée à une forte demande de changement mais à des attentes limitées quant à ses effets concrets. 89 % des Français jugent le scrutin important et 79 % pensent que leurs compatriotes souhaitent de « très forts changements dans la manière dont le pays est gouverné ». Dans le même temps, seuls 25 % anticipent un effet positif du résultat de l’élection sur leur situation personnelle. Cette deuxième vague dessine ainsi une opinion toujours attachée aux valeurs républicaines, mais marquée par le pessimisme, la demande de changement et la volonté de voir les préoccupations économiques et sociales davantage prises en compte dans la campagne de 2027.   Synthèse de l'étude Synthèse - Le Baromètre de la République 2026Télécharger L'étude en intégralité Étude - Le Baromètre de la République 2026Télécharger Redécouvrez la présentation de l'étude lors de l'Université d'été 2026 du Laboratoire de la République https://www.youtube.com/watch?v=Y4KOqjL4IXk&t=16s

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