La jeunesse au cœur de la République à Lyon ! Le 6 décembre dernier était inaugurée l'ouverture de l'antenne lyonnaise du Laboratoire de la République, en présence de Jean-Michel Blanquer.
Cette inauguration à l’école HEIP, Lyon OMNES Éducations, fut l’occasion de mettre en lumière les problématiques dont se saisit le Laboratoire de la République depuis un an : comment faire face à la crise climatique ? Comment expliquer la montée des extrêmes ? Comment lutter contre les fléaux du 21ème siècle ? En digne héritier des valeurs républicaines, le Laboratoire de la République a vocation à apporter des réponses à ces nouveaux défis.
La jeunesse est une des priorités du Laboratoire. À Lyon, elle pourra désormais se saisir de toutes les questions et de tous les sujets. Cette ouverture offre, en outre, l’occasion d’envoyer un signal important aux acteurs locaux et aux nombreux étudiants de la région lyonnaise : le laboratoire de la République, c’est la République au concret !
Au cours de la soirée, de nombreux projets du Laboratoire ont pu être présentés, notamment le projet impulsé par le responsable de la commission République laïque, Monsieur le Préfet Michel Lalande, intitulé « Ils incarnent la République ». Ce projet a vocation à mettre en avant des parcours exceptionnels permis par les valeurs républicaines.
Indira Tsirikhova est ensuite intervenue, en parfait exemple d’un de ces parcours particulièrement inspirants. D’origine russe, Indira est arrivée en France à l’adolescence, a suivi scolaire public exemplaire jusqu’à obtenir un Master psycho-clinique à Lyon 2 avant d’intégrer une école labellisée Grande École du Numérique, Simplon qui, avec Microsoft, a déployé des écoles gratuites d’apprentissage dédiées aux nouveaux métiers du numérique et en particulier à l’intelligence artificielle. Elle est aujourd’hui data analyste.
De même, le parcours d’Anaïs Esteve a illustré ce projet ambitieux. Âgée de dix-huit ans, elle a eu son baccalauréat au lycée hôtelier de Toulouse. La passion de l’hôtellerie lui vient de plusieurs stages réalisés dans des restaurants étoilés toulousains. En 2020, elle rejoint l’Institut Paul Bocuse pour y suivre la formation Bachelor Arts Culinaires et Entrepreneuriat.
Ce moment fut enfin l’occasion d’échanger sur le thème de la santé mentale, une problématique particulièrement présente chez les jeunes, mise en lumière notamment depuis la période du Covid, et avant cela, avec l’émergence dans le débat public de la précarité étudiante. Après avoir fait un état des lieux des troubles qui touchent particulièrement les jeunes aujourd’hui, différentes solutions concrètes ont pu être évoquées.
Merci aux intervenants de la table ronde : Jennifer Guesdon, Anne De Danne, Thierry Taboy, Marion Fabre, Serge Bizouerne, et Julie Zelbat. Cette table ronde a donné suite à un échange entre les étudiants et les intervenants.
Un grand merci à tous les étudiants présents et les intervenants qui ont fait vivre l’ouverture de l’antenne lyonnaise !
À l’occasion du 120ᵉ anniversaire de la loi de 1905, le Laboratoire de la République et le Parti radical ont réuni, le 6 décembre 2025, universitaires, acteurs associatifs et praticiens pour interroger « les nouvelles frontières de la laïcité ». Entre héritage historique et défis contemporains, les intervenants ont rappelé que la laïcité demeure au cœur du pacte républicain. De l’école à l’espace public, du sport aux entreprises, les débats ont mis en lumière l’urgence de sortir de la défensive et de réaffirmer un projet commun capable de réunir tous les citoyens autour de l’idéal républicain.
Le 6 décembre 2025, le Laboratoire de la République et le Parti radical ont organisé, avec l’appui de la LICRA et du Comité Laicité République, un colloque consacré aux 120 ans de la loi de 1905.
La présidente du Parti Radical, Nathalie Delattre a introduit la matinée en rappelant les mots d’Aristide Briand, « La laïcité n’est pas une arme, c’est une prudence » et en insistant sur l’importance de bien définir la laïcité. Pour elle, la laïcité n’est pas contre les religions mais contre les privilèges, elle n’est pas contre les croyants mais contre les ingérences, elle n’est pas contre la diversité, mais au service de la liberté de tous.
La loi de 1905, une loi de libertés
Jacqueline Lalouette, historienne, a rappelé que l'article 1er de la loi de 1905 proclame la liberté de conscience, donnant l'impression qu'elle n'existait pas auparavant, et démontre qu’elle existait bien avant 1905 en s’appuyant notamment sur le discours du 30 juillet 1904 de Jean Jaurès à Castres. Cependant, des failles subsistaient sur le budget des cultes et sur les questions liées à la mort. Elle a longuement rappelé l’évolution des règles en vigueur sur l’organisation des cimetières (décret du 23 prairial de l’An XII – 12 juin 1804 – imposant des divisions par culte, aboli par la loi municipale du 5 avril 1884) et la liberté des funérailles (loi du 15 novembre 1887), ainsi que le rôle de la laïcité dans la conquête de ces libertés nouvelles.
Galina Elbaz, avocate et première vice-présidente de la LICRA, a identifié les limites contemporaines de la loi de 1905 et plus particulièrement la perception négative de la laïcité chez les jeunes : la laïcité est parfois perçue par eux comme liberticide et raciste, notamment via l'accusation d'islamophobie. Cette confusion entre critique de la religion et racisme est entretenue par des mouvements communautaristes. Cette perception est nourrie par des discriminations réelles (emploi, contrôles au faciès, …) et par des applications à géométrie variable de la laïcité. Elle propose d’articuler laïcité et lutte contre les discriminations pour réenchanter la laïcité comme loi d'émancipation et d'égalité, notamment pour les femmes (droit à l'avortement, divorce, contraception).
Benjamin Morel, constitutionnaliste et secrétaire général du Laboratoire de la République, a analysé la constitutionnalisation imparfaite de la laïcité dans la décision du Conseil constitutionnel de 2013 et son figement juridique actuel. Il a souligné son application à géométrie variable (Alsace-Moselle, Guyane, Mayotte) et les confusions avec des lois récentes qui relèvent de l’ordre public et non de la laïcité, comme la loi de 2010 sur la dissimulation du visage. Après avoir comparé les trois grands modèles de rapport État/religion en Europe (sécularisme anglo-saxon, régimes concordataires allemand ou autrichien, laïcité française), il a insisté sur le fait qu’ils étaient tous en crise, pour les mêmes raisons. Dans le cas de la France, il a pointé trois grandes dérives concernant la laïcité :
Considérer la laïcité comme une valeur coercitive ;
Considérer la laïcité comme un instrument pour lutter contre l’islam ;
Considérer que la radicalisation des jeunes de toutes religions est une radicalisation religieuse, quand elle est bien plutôt une quête identitaire des jeunes face à laquelle les religions (comme les régionalismes et autres mouvement identitaires) deviennent un marqueur identitaire face à l'anomie sociale.
Il a notamment proposé d’inscrire une Charte de la laïcité dans notre bloc de constitutionnalité, à l’instar de la Charte de l'environnement de 2004, tant pour installer ce principe clairement que pour relancer un grand débat national sur le sujet et définir la manière dont notre communauté politique se définit et se projette.
Sortir d’une posture défensive : quelles nouvelles perspectives ?
Delphine Girard, professeure et membre du Conseil des sages de la laïcité, a démontré que l’école de la République était assiégée, rendant hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard, enseignants assassinés dans l’exercice de leur métier et regrettant que trop peu ne soit fait pour lutter contre l’autocensure des enseignants qui, pour la moitié d’entre eux, craignent l’anathème moral d’islamophobie. Elle a insisté sur la nécessité de contrer les discours essentialistes qui définissent la religion comme une identité, soulignant que si la religion est un héritage familial, il doit être possible de le renier, de s’en départir ou d’en choisir un autre. Concernant la jeunesse, elle décrit la montée de la radicalité qui touche toutes les jeunesses :
Celle des centres-villes, perméable à l’idéologie communautariste anglo-saxonne ;
Celle des banlieues périurbaines, qui est gagnée par le rigorisme religieux et qui a pour épouvantail la laïcité ;
Celle des campagnes rurales, abreuvée d’un identitarisme fantasmé et nationaliste qui puise dans le déclassement.
Elle a notamment proposé de faire de la laïcité à l'école une grande cause nationale, en créant un secrétariat d'État à la laïcité rattaché au ministre de l'Éducation nationale, avec budget et feuille de route propres.
Gilbert Abergel, président du Comité Laïcité République, a alerté sur le sport comme terrain privilégié de l'entrisme islamiste. Il a illustré son propos à travers plusieurs situations observées dans des structures sportives proposant des adaptations particulières, tout en soulignant l’hétérogénéité des règles et la difficulté de certaines fédérations à soutenir clairement les principes de laïcité, à l’exception de la fédération de football.
Il a notamment proposé d’étendre la loi de 2004 sur la neutralité à l’école au secteur sportif associatif délégataire de service public.
Michel Lalande, ancien préfet et président de la commission République laïque du Laboratoire de la République, a tiré trois enseignements des échanges de la matinée.
Il a rappelé d’abord que « un État neutre est un État pleutre » : par nature, l’État doit être engagé et défendre activement les valeurs républicaines. Il a ensuite souligné que la laïcité est une bataille et que nous devons être capables de répondre sur tous les terrains, y compris les plus imprévisibles. À ce titre, il a évoqué notamment le secteur privé, où TPE et PME se trouvent parfois démunies face aux revendications religieuses et ont un réel besoin d’accompagnement juridique et de formation. Enfin, il a insisté sur l’urgence de sortir du silence, de porter un engagement politique affirmé, de renforcer les dispositifs de contrôle et d’assurer un véritable pilotage des politiques publiques. Cet engagement doit être soutenu par les intellectuels et les universitaires, qui peuvent donner à la laïcité le sens du XXIᵉ siècle, car, selon lui, elle ne peut plus s’écrire avec l’encre du XIXᵉ siècle.
Les questions/réponses avec le public ont permis d’apporter des compléments sur plusieurs points, comme par exemple le fait que de nombreuses victoires avaient été remportées, et que le tableau n’était pas exclusivement négatif : sur l’adhésion des enseignants aux principes de la République, le concours comprend une épreuve orale obligatoire sur les principes républicains ; le plan des mille a permis de former 1 000 référents laïcité qui, à leur tour, forment des enseignants dans toute la France ; Pierre-Henri Tavoillot a créé un diplôme universitaire sur la laïcité et l’initiative a été reprise dans d’autres universités.
Répondant à une question sur le caractère religieux de nos jours fériés, Jacqueline Lalouette a rappelé que seuls quatre jours fériés en France sont des jours chrétiens (Noël, l’Ascension, le 15 août et la Toussaint). Tous les autres sont non-religieux, y compris les lundis de Pâques et de la Pentecôte qui ont été votés sont difficulté en 1886 (à une époque de grande laïcisation du droit) pour des raisons commerciales, en lien avec les protêts bancaires et le fonctionnement des autres banques européennes. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui, depuis que le Vatican a renoncé à faire de ces deux jours des jours d’obligation religieuse.
Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République, a conclu en revenant sur les idées fortes qui ont traversé la matinée. Il a rappelé d’abord l’importance de l’universalisme : nous sommes avant tout des êtres humains, puis des citoyens, et c’est à partir de cette base commune que se construisent nos différences, ce qui fonde l’importance de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Il a ensuite souligné que la force du droit est déterminante : la loi doit être claire, appliquée avec constance, et soutenue par un signal politique fort. Le combat pour la laïcité est à la fois juridique et culturel et il ne peut être gagné que si ces deux dimensions avancent ensemble. Il a également insisté sur la nécessité de nommer les choses : l’islamisme représente aujourd’hui un défi, comme le catholicisme en posait un en 1905, et ne pas le reconnaître reviendrait à tomber dans une forme de paternalisme qui ne respecte pas les citoyens.
La laïcité doit être comprise non comme une contrainte, mais comme une liberté et une source d’émancipation. Dans cette optique, les mots comptent : il ne faut pas craindre d’élaborer nos propres concepts et de défendre une vision du monde face à ceux qui cherchent à l’influencer autrement.
Enfin, cette réflexion s’inscrit dans une histoire longue : la loi de 1905 est l’héritière de siècles de distinction entre le temporel et le spirituel, et d’un héritage à la fois gréco-romain et judéo-chrétien. Jean-Michel Blanquer a ainsi conclu par un appel final sur l’importance de sauver la laïcité pour préserver notre devise républicaine, liberté, égalité, fraternité.
https://youtu.be/yxJP8L-Ufoc
À Sens, les 27, 28 et 29 août, le Laboratoire de la République organise sa troisième Université d’été. Un rendez-vous structurant de la rentrée politique et intellectuelle, conçu pour confronter les visions et faire émerger des propositions concrètes au service d’un projet républicain.
Université d'été 3ème édition
Faire sens ensemble
Rendez-vous les 27, 28 et 29 août à Sens !
Du 27 au 29 août 2026, le Laboratoire de la République vous donne rendez-vous à Sens, dans l’Yonne. Cette troisième édition s’ouvrira le 27 août en soirée par une projection-débat, avant deux journées d'échanges et de réflexion, les 28 et 29 août, autour d’une question fondamentale :
« Quel projet de société pour la France au 21ème siècle ? »
À quelques mois d'échéances politiques décisives pour notre pays, cette Université d'été sera l'occasion de prendre du recul sur les transformations en cours et de réfléchir collectivement aux réponses à apporter aux défis économiques, sociaux, éducatifs, démocratiques et environnementaux qui se présentent à la France.
Durant deux jours, responsables politiques, experts, universitaires, acteurs de la société civile, élus locaux et citoyens engagés se retrouveront pour confronter leurs analyses, partager leurs expériences et nourrir le débat public. Car face à la complexité de notre époque et au risque de fragmentation, la confrontation des idées ne suffit plus : il nous faut bâtir une vision commune. C’est tout l’enjeu de cette édition : "Faire sens ensemble" pour redonner une direction claire et partagée à notre avenir collectif.
Au programme :- Une soirée d'ouverture dès le 27 août au soir placée sous le signe de la culture- Tables rondes et débats avec des personnalités issues du monde politique, intellectuel, économique et associatif- Échanges et rencontres conviviales avec les membres et partenaires du Laboratoire- Village républicain : salon du livre et dédicaces, stands d'associations partenaires
Informations pratiques :📅 Vendredi 28 et samedi 29 août 2026 (avec soirée d'ouverture le jeudi 27 août à 20h30)📍 Sens (Yonne)⚠️ Inscription obligatoire - COMPLET
Programme de l'Université d'été
Pour préparer votre venue, retrouvez le programme de l’Université d’été en consultant la page dédiée :
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Le guide du participant de l'Université d'été
Retrouvez dans ce guide toutes les informations pratiques pour préparer au mieux votre venue à la troisième Université d’été du Laboratoire de la République à Sens. Déplacements vers/depuis Sens, horaires des navettes pour vous déplacer à Sens, restauration, salon du livre et village républicain... Tout y est réuni pour vous accompagner tout au long de l’événement.
Le programme ci-dessous a été mis à jour le 27 août 2026.Il est communiqué à titre indicatif et demeure susceptible d’évoluer d’ici à l’Université d’été.
Guide du participant - 27 aoûtTélécharger
Où aura lieu l'Université d'été ? Se déplacer à Sens
Le jeudi 27 et le vendredi 28 août, les tables rondes auront lieu dans les salles suivantes :
Théâtre de Sens (n°1 sur la carte) : 21 Boulevard des Garibaldi, 89100 Sens
Hôtel de Ville de Sens (n°2 sur la carte) : 100 rue de la République, 89100 Sens
Salle Poterne (n°3 sur la carte) : 21 boulevard du 14 juillet, 89100 Sens
Salle Europe (n°4 sur la carte) : 14 boulevard du 14 juillet, 89100 Sens
La répartition des tables rondes dans les quatre salles est précisée dans le programme. Les salles Théâtre, Hôtel de Ville, Poterne et Europe sont situées à proximité les unes des autres et sont facilement accessibles à pied via la rue de la République et le boulevard du 14 Juillet.
Le samedi 29 août, toutes les tables rondes auront lieu à la Salle des fêtes de Sens (n°5 sur la carte), 58 rue René Binet, 89100 Sens.
Des navettes gratuites seront mises à disposition pendant toute la durée de l’événement afin de faciliter vos déplacements entre :
La gare de Sens (avec des rotations adaptées aux principaux trains en provenance et à destination de Paris)
Le centre-ville (Théâtre, Hôtel de Ville, Poterne, Europe et hôtel Epona)
Les hôtels situés en périphérie (Ibis, Ibis Budget et Kyriad)
La Salle des Fêtes (le samedi uniquement).
Le service est adapté aux horaires d’arrivée et de départ des trains, ainsi qu’au début et à la fin des tables rondes, afin de faciliter les correspondances des participants entre les différents lieux de la manifestation. Les horaires détaillés des navettes sont indiqués dans le guide du participant (ci-dessus).
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