02/07 : Comment contrer la désinformation médicale et restaurer la confiance en la santé publique ?
le 6 juin 2025
Mercredi 2 juillet, le Laboratoire de la République organise une table ronde avec Nathalie Sonnac et David Smadja qui présenteront leur note sur "comment contrer la désinformation médicale et restaurer la confiance en la santé publique ?".
Depuis la crise sanitaire de 2020-2021, la confiance des Français envers les institutions, les médias et le monde médical a été sérieusement mise à mal. Ce scepticisme croissant envers les politiques sanitaires et les professionnels de santé affecte directement la gestion des enjeux de santé publique. Pourtant, la santé demeure la première préoccupation des citoyens.
Dans ce contexte, l’objectif de cette table ronde est double : analyser les causes de la défiance actuelle, proposer des pistes pour y remédier et présenter une note co-rédigée par Nathalie Sonnac et David Smadja, deux membres du Laboratoire de la République, apportant des recommandations précises pour encadrer les dérives informationnelles.
Nathalie Sonnac, professeure en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Panthéon-Assas et responsable de la Commission Espace Public du Laboratoire, apportera son éclairage sur le rôle des médias et des institutions dans la lutte contre la désinformation.
David Smadja, professeur d’hématologie à l’Université Paris-Cité et à l’hôpital Georges Pompidou, responsable de la Commission Santé, partagera son expertise sur les impacts de la désinformation dans le domaine médical et les solutions envisageables pour rétablir la confiance.
Dans le cadre de ses travaux sur la restauration de la confiance en la santé publique, le Laboratoire de la République a organisé le 2 juillet une conférence réunissant deux experts engagés sur ces sujets : Nathalie Sonnac, professeure en sciences de l'information et de la communication à l’université Paris-Panthéon-Assas et présidente du comité d’orientation d’éducation aux médias et à l’information, et David Smadja, professeur d’hématologie à l’Université Paris-Cité et à l’Hôpital européen Georges Pompidou, spécialiste des mécanismes vasculaires liés au Covid-19.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des travaux du Laboratoire, notamment de la note publiée fin décembre 2024 sur l’encadrement des dérives de la désinformation en santé, ainsi que de l’éditorial commun paru en mars dernier dans Stem Cell Reviews and Reports. Elle marque une nouvelle étape dans la réflexion collective en amont de l’Université d’été d’Autun.
La pandémie comme révélateur de la fragilité du lien entre science et société
David Smadja a ouvert la discussion en dressant un diagnostic des causes de la crise de confiance envers la science révélée par la pandémie de Covid-19. Il a insisté sur l’absence de culture scientifique du grand public, en particulier dans le domaine de la santé, et sur l’ampleur inédite des fausses informations qui ont circulé, nourries par des peurs légitimes mais instrumentalisées. Les médias, souvent débordés, ont peiné à apporter une réponse efficace, en partie à cause d’un manque de formation scientifique de certains journalistes et de l'absence d'une rhétorique construite face à la désinformation.
Le rôle central des plateformes et des mécanismes de désinformation
Nathalie Sonnac a ensuite analysé le rôle des réseaux sociaux et des médias dans la propagation de la désinformation. Elle a décrit un système où les algorithmes favorisent la viralité de contenus sensationnalistes, souvent faux, au détriment d’une information vérifiée qui circule plus lentement. La logique des bulles de filtres et la polarisation des opinions qu’elle engendre contribuent à l’effondrement d’un espace public fondé sur des repères partagés. Elle a illustré ce phénomène par des exemples concrets d’implosion de fake news typiques, montrant comment certaines fausses informations peuvent rapidement s’imposer dans le débat public.
La nécessaire présence des scientifiques dans l’espace public
Face à un espace médiatique saturé de contre-vérités, les scientifiques sont de plus en plus tentés de se retirer des réseaux sociaux. Pour Nathalie Sonnac, cette stratégie est une erreur : se retirer reviendrait à abandonner le terrain aux discours non fondés. Elle a plaidé pour une régulation plus efficace des plateformes, en particulier via les règlements européens DSA (Digital Services Act) et DMA (Digital Markets Act), qui imposent des obligations de transparence et de modération aux grandes plateformes.
David Smadja a quant à lui insisté sur l’importance de renforcer la présence d’experts scientifiques dans tous les espaces d’expression, qu’il s’agisse des médias traditionnels, des réseaux sociaux ou des instances de régulation comme l’Arcom. Il a également défendu une participation plus active des scientifiques aux décisions publiques, que ce soit auprès des ministères, du Parlement ou dans les instances locales.
Éduquer toute la société à l’esprit critique et à la santé
Les deux intervenants ont insisté sur l’urgence de repenser l’éducation aux médias et à l’information, non seulement pour les jeunes, mais aussi pour les adultes, souvent plus exposés et plus vulnérables aux fausses informations. Nathalie Sonnac a plaidé pour une éducation à la citoyenneté numérique qui ne se limite pas à l’école, mais qui engage aussi les parents, les enseignants, les associations et les institutions. Elle a évoqué la création d’un Conseil national de l’éducation aux médias, afin de coordonner une action ambitieuse et transversale à l’échelle nationale.
Sur le terrain scolaire, David Smadja a souligné la nécessité de repenser l’enseignement des sciences, en insistant davantage sur l’éthique scientifique, l’éducation à la santé, mais aussi les enjeux écologiques et environnementaux. Il a rappelé que l’esprit critique ne s’improvise pas : il se construit, dès le plus jeune âge, à partir d’un rapport rationnel aux faits et d’un apprentissage des méthodes scientifiques.
En conclusion, cette conférence a permis de remettre au cœur du débat public un enjeu majeur pour la démocratie contemporaine : la confiance dans la santé publique. En croisant les regards d’un spécialiste du système de santé et d’une experte en communication et médias, elle a mis en lumière l’ampleur des défis à relever pour réconcilier la société avec la science. Un combat qui exige des moyens, de la pédagogie et une mobilisation collective à toutes les échelles.
Lire la note : Santé et médias : comment lutter contre la désinformation ? – Laboratoire de la République
https://youtu.be/EMsG5HmSSdw
Face à la Russie de Vladimir Poutine, les puissances occidentales doivent aujourd’hui faire des choix stratégiques décisifs. Pour éclairer ces enjeux et décrypter les nouvelles lignes de tension qui redessinent l’ordre mondial, le Laboratoire de la République organise une rencontre exceptionnelle avec Sylvie Kauffmann et Bruno Tertrais, animée par Christian Lequesne et Jean-François Cervel.
Un échange pour comprendre les dynamiques géopolitiques, stratégiques et diplomatiques qui façonneront les prochaines années, le 17 décembre 2025, à 19h30, à la Maison de l’Amérique Latine.
À travers des perspectives complémentaires, les intervenants apporteront un éclairage sur les enjeux géopolitiques, stratégiques et diplomatiques qui entourent la position de l’Occident face à la Russie de Vladimir Poutine.Christian Lequesne, responsable de la commission Géopolitique du Laboratoire de la République, ancien directeur du CERI et professeur à Sciences Po Paris et Jean-François Cervel, responsable de la commission Géopolitique du Laboratoire de la république reçoivent :
Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde et ancienne directrice de la rédaction et Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique.
Une rencontre pour décrypter les nouvelles lignes de tension qui redessinent l’ordre mondial et les choix déterminants auxquels sont confrontées les puissances occidentales.Quand ? 17 décembre 2025, 19h30
Où ? Maison de l’Amérique Latine, 217 boulevard Saint-Germain, Paris 7e
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Le Laboratoire de la République, antenne de Sciences Po Paris, organise un ciné-débat consacré aux violences intra-familiales. À travers la projection du documentaire « Didier, moi et les autres… les enfants du silence » et un échange avec des intervenants engagés, cet événement entend ouvrir un espace de discussion sur une réalité encore trop souvent tue.
Le Laboratoire de la République poursuit son engagement en faveur du débat public en proposant, le lundi 30 mars, une soirée dédiée à une question sociale majeure : les violences intra-familiales. Organisé au sein de l’antenne étudiante de Sciences Po Paris, cet événement s’inscrit dans une volonté de sensibilisation et de réflexion collective auprès des étudiants.
Au programme, la projection du documentaire « Didier, moi et les autres… les enfants du silence », réalisé par Nicolas Bourgouin. Ce film donne à voir et à entendre des trajectoires marquées par la violence au sein du cadre familial, en mettant en lumière des récits souvent invisibilisés dans l’espace public. Par son approche, il interroge les mécanismes du silence, les conséquences à long terme et les enjeux de reconnaissance des victimes.
La projection sera suivie d’un échange avec deux intervenants directement impliqués dans le projet et dans la lutte contre ces violences. Steffy Alexandrian, fondatrice et présidente de l’association Carl, apportera son expertise de terrain et son regard sur l’accompagnement des victimes. À ses côtés, Patrick Spica, producteur du documentaire, reviendra sur la genèse du film et les choix de mise en récit.
Au-delà de la diffusion d’un film, cette soirée vise à créer un espace de dialogue entre étudiants et acteurs engagés, dans un cadre propice à la prise de parole et à la compréhension des enjeux sociaux et politiques liés aux violences intra-familiales. La question de la prévention, du rôle des institutions et de la responsabilité collective pourra ainsi être abordée.
L’événement se tiendra de 19h15 à 21h, au 27 rue Saint-Guillaume, dans l’amphithéâtre Jeannie de Clarens. Il est réservé aux étudiants de Sciences Po.
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