Face aux bouleversements qui traversent aujourd’hui le Moyen-Orient, les démocraties occidentales doivent repenser leurs grilles de lecture et leurs stratégies. Pour éclairer ces transformations et analyser les recompositions en cours, le Laboratoire de la République organise une conférence exceptionnelle réunissant Éric Danon, Frédéric Encel et Brice Couturier. Un échange pour comprendre les dynamiques géopolitiques, diplomatiques et historiques qui redessinent la région et interrogent l’avenir de l’ordre international, le 18 mars à 19h15, à la Maison de l’Amérique latine.
Alors que les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient vacillent, cette rencontre réunira trois regards complémentaires pour analyser les mutations en cours.
Le Laboratoire de la République reçoit Éric Danon, diplomate et ancien ambassadeur de France en Israël, Frédéric Encel, essayiste et géopolitologue spécialisé du Moyen-Orient, et Brice Couturier, journaliste et éditorialiste. La rencontre sera animée par Rachel Grosheitsch, responsable du développement territorial du Laboratoire de la République.
À travers leurs analyses diplomatique, stratégique et historique, les intervenants reviendront sur les recompositions régionales à l’œuvre. Entre la possible chute du régime iranien et la transformation rapide des rapports de force, sommes-nous les témoins de la fin d’un cycle ouvert par la révolution iranienne de 1979 ?
La conférence décryptera les logiques de puissance à l’œuvre dans la région et les marges de manœuvre des démocraties face aux recompositions en cours.
Quand ? Mercredi 18 mars, 19h15
Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, Paris 7e
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Invité à l’Université Panthéon-Assas, l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano a livré une réflexion puissante sur les mutations du crime organisé et les vulnérabilités contemporaines des démocraties. Lors de cette conférence consacrée aux rapports entre mafias et institutions, organisée notamment avec le Laboratoire de la République, il a appelé à défendre l’indépendance de la justice et à repenser les instruments politiques face à des organisations criminelles désormais pleinement intégrées à la mondialisation économique.
Invité à l’Université Panthéon-Assas, l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano a donné une conférence exceptionnelle intitulée La démocratie face au crime organisé. Organisée en partenariat avec le Laboratoire de la République, Italia France Future et Assas Perspectives, la rencontre a été co-modérée par Francesco Martucci et Jean-Michel Blanquer.
Devant un amphithéâtre comble, Roberto Saviano a livré une analyse dense et engagée des mutations contemporaines du crime organisé et de leurs effets sur les institutions démocratiques en Europe et à l’échelle internationale.
Une parole forgée par l’expérience
Né à Naples en 1979, auteur de Gomorra, enquête majeure sur la Camorra napolitaine, Roberto Saviano vit depuis près de vingt ans sous protection policière permanente en raison des menaces qui pèsent sur lui. Cette situation singulière confère à son intervention une force particulière : son analyse du phénomène mafieux est à la fois intellectuelle et existentielle.
Revenant sur son dernier ouvrage consacré au juge Giovanni Falcone, assassiné en 1992, il a rappelé combien la lutte contre les mafias se joue d’abord sur le terrain économique et financier. Falcone, a-t-il souligné, avait compris que l’arme décisive résidait dans la traque des flux et des patrimoines plutôt que dans la seule répression pénale.
L’indépendance de la justice comme ligne de front
Une part importante de la conférence a été consacrée à la comparaison entre les systèmes judiciaires italien et français. Roberto Saviano a insisté sur l’indépendance institutionnelle de la magistrature italienne, qu’il considère comme un rempart essentiel face aux pressions politiques et criminelles. À ses yeux, toute fragilisation du parquet ouvre un espace aux organisations mafieuses, dont la stratégie première consiste à neutraliser les contre-pouvoirs.
Au-delà des différences juridiques, il a défendu une idée simple : sans magistrature indépendante, il n’y a pas de démocratie capable de résister durablement aux logiques de corruption.
Des mafias transformées, plus diffuses, plus intégrées
Roberto Saviano a ensuite décrit la profonde mutation des organisations criminelles. Moins enclines à la violence spectaculaire, celles-ci privilégient désormais l’infiltration économique, la corruption administrative et la délégitimation progressive des institutions. L’objectif n’est plus d’affronter l’État, mais de le contourner, voire de le rendre superflu.
Il a évoqué les pratiques d’achat de votes, la personnalisation extrême des promesses politiques et la réduction du débat public à une logique transactionnelle. Les mafias, selon lui, prospèrent là où la confiance collective s’effondre et où la politique se réduit à la gestion d’intérêts particuliers.
La conférence a enfin mis en lumière la dimension internationale du crime organisé : circulation des capitaux, zones grises fiscales, affaiblissement des États fragiles. Roberto Saviano a souligné que les mafias exploitent les failles de la mondialisation économique avec une agilité que les démocraties peinent à égaler. Il a également mis en garde contre certaines politiques de sanctions ou de fermeture brutale des marchés, susceptibles de renforcer paradoxalement les réseaux criminels les plus structurés.
Défendre la démocratie par la lucidité
En conclusion, Roberto Saviano a posé une question centrale : les démocraties européennes disposent-elles encore des instruments intellectuels et institutionnels pour faire face au crime organisé ? Sa réponse tient en un appel à la lucidité : comprendre les mécanismes financiers, défendre l’indépendance de la justice et réhabiliter une ambition réformiste capable de retisser la confiance collective.
Plus qu’un diagnostic, son intervention aura constitué une invitation à penser la démocratie non comme un acquis, mais comme un équilibre fragile, à défendre face à des organisations criminelles devenues expertes dans l’art d’en exploiter les failles.
https://youtu.be/OsqRjgKX60M
À l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif Il était une fois Boualem Sansal (éditions Frantz Fanon), Boualem Sansal sera l’invité d’une soirée de rencontre et d’échanges consacrée à son œuvre, à son parcours et aux grandes questions qui traversent ses écrits. L’événement se tiendra à la Maison de l’Amérique latine, le jeudi 19 février à 19h.
À l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif Il était une fois Boualem Sansal, dirigé par Kamel Bencheikh et publié aux éditions Frantz Fanon, cette soirée propose une rencontre exceptionnelle avec l’écrivain Boualem Sansal.
Figure majeure de la littérature contemporaine, Boualem Sansal reviendra sur son parcours intellectuel et littéraire, ainsi que sur les grandes thématiques qui traversent son œuvre : liberté de pensée, mémoire, autoritarisme, identité et responsabilité de l’écrivain. La discussion prendra la forme d’un dialogue ouvert, propice à l’échange et à la réflexion critique.
Entrée gratuite, inscription obligatoire sur le lien suivant : Inscription.
En raison du nombre de places limité, nous vous demandons de bien vouloir nous informer si, après vous être inscrit, vous ne pouvez être présent.
Quand ? Jeudi 19 février, 19h
Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris
Brice Couturier et Chloé Morin recevront Servane Mouton, neurologue et auteure de Écrans, un désastre sanitaire, ainsi que Laure Miller, députée de la Marne, pour une conversation consacrée aux risques liés à l’exposition des mineurs aux écrans et aux réseaux sociaux. La soirée aura lieu à la Maison de l’Amérique latine, le mardi 10 février, à 19h.
À l’heure où l’exposition des mineurs aux écrans et aux réseaux sociaux suscite une inquiétude croissante, le Laboratoire de la République propose d’éclairer les risques sanitaires, cognitifs et psychologiques liés aux usages numériques des plus jeunes.
Servane Mouton, neurologue, co-présidente de la commission sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans et autrice de Écrans, un désastre sanitaire, analysera les effets d’une exposition excessive aux écrans et alertera sur ses conséquences à long terme.
Cette conversation sera également l’occasion d’un échange avec Laure Miller, députée de la Marne, rapporteure de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs et de la proposition de loi Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux. Ensemble, elles aborderont les réponses politiques et législatives à apporter face à ces nouveaux défis.
La rencontre sera animée par Brice Couturier et Chloé Morin.
Entrée gratuite, inscription obligatoire sur le lien suivant : Inscription.
En raison du nombre de places limité, nous vous demandons de bien vouloir nous informer si, après vous être inscrit, vous ne pouvez être présent.
Échanges suivis d’un temps de discussion avec le public
Quand ? Mardi 10 février, 19h00
Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris
Le 8 janvier 2026, le Laboratoire de la République a accueilli Denis Olivennes à l’occasion d’une Conversation éclairée consacrée à son dernier ouvrage, le Dictionnaire amoureux des Juifs de France. Animée par Brice Couturier, cette conférence a donné lieu à un échange approfondi sur l’histoire des Juifs de France, la singularité du modèle républicain français et les mutations contemporaines de l’antisémitisme, dans un contexte marqué par les événements du 7 octobre et la montée des tensions antijuives.
Ancien directeur général de Canal+, PDG de la FNAC, du Nouvel Observateur et d’Europe 1, directeur général de Libération, Denis Olivennes est aujourd’hui président d’Editis.
Le pari républicain français : intégrer sans effacer les identités
Denis Olivennes a ouvert la discussion en revenant sur la genèse de son Dictionnaire amoureux des Juifs de France. Il y rappelle son histoire familiale, celle d’une famille de juifs allemands sauvée en 1938 grâce à l’action de Marx Dormoy, ministre socialiste de l’Intérieur, qui permit l’entrée en France de juifs et d’antinazis. Plus récemment, il a souligné combien cet ouvrage est né du choc du 7 octobre et de la montée contemporaine de l’antisémitisme. Les dernières années ont, selon lui, révélé une méconnaissance profonde de l’histoire des Juifs de France, pourtant indissociable de l’histoire nationale.
L’ouvrage identifie au moins cinq grandes familles de Juifs de France, présentes sur le territoire depuis près de deux mille ans, notamment en Provence dès le Ier siècle, en Alsace à partir du IXᵉ siècle, ou encore à Bordeaux depuis le XVIᵉ siècle. Denis Olivennes a rappelé le caractère fondateur de l’émancipation des juifs par la Révolution française, qui permit en 1791 aux juifs de devenir citoyens de plein droit sans renoncer à leur identité religieuse. Ce choix républicain, résumé par la formule de Clermont-Tonnerre (« tout aux juifs en tant qu’individus et rien en tant que nation ») constitue, selon lui, une singularité française. Contrairement aux modèles britannique, fondé sur le multiculturalisme, ou allemand, structuré autour d’une conception ethno-nationale, la République française repose sur le « droit à l’indifférence » plutôt que sur le droit à la différence, reconnaissant des citoyens avant toute appartenance communautaire.
Cette singularité se retrouve dans les trajectoires de grandes figures évoquées dans l’ouvrage, telles que Georges Mandel ou Marc Bloch, dont l’attachement indéfectible à la France illustre la possibilité d’une intégration républicaine exigeante, et non assimilationniste.
Antisémitisme : héritages historiques et mutations contemporaines
Si l’affaire Dreyfus constitue un moment majeur de l’antisémitisme en France, Denis Olivennes souligne que ce qui distingue fondamentalement le cas français n’est pas la montée de l’antisémitisme (alors présente dans toute l’Europe) mais le fait que Charles Péguy, Jean Jaurès et Émile Zola se soient dressés aux côtés de Bernard Lazare et Léon Blum pour défendre un capitaine juif, et qu’ils aient finalement triomphé de l’appareil d’État et de l’armée.
L’auteur est également revenu sur le rôle historique de l’Église catholique, marquée par une « théologie négative » selon laquelle les juifs devaient continuer à exister comme témoins de leur refus du Messie. Cette doctrine ambivalente a nourri à la fois des persécutions et, paradoxalement, des formes de protection. Denis Olivennes a souligné le caractère décisif du concile Vatican II, qui permit à l’Église de rompre avec cet « enseignement du mépris », notamment sous l’influence de l’historien Jules Isaac.
Il a ensuite proposé une lecture historique de l’antisémitisme, distinguant plusieurs formes successives : l’antijudaïsme chrétien (les juifs comme peuple déicide), dont l’Église s’est progressivement purgée ; l’antijudaïsme socialiste du XIXᵉ siècle (Fourier, Proudhon, Marx), dont la gauche s’est affranchie à travers l’affaire Dreyfus ; l’antisémitisme racial porté par le nazisme ; et enfin un antisémitisme contemporain, apparu depuis une vingtaine d’années, fondé sur l’équation « Israël = génocidaire = juif ».
Les données issues de l’enquête Radiographie de l’antisémitisme 2024 (IFOP pour la Fondation pour l’innovation politique) confirment à la fois la persistance d’un noyau dur de personnes exprimant des préjugés antisémites et acceptant la violence, et l’existence d’une majorité de Français refusant l’antisémitisme et toute forme de violence. Elles mettent également en lumière des disparités marquées selon les milieux sociaux et politiques : les électeurs d’extrême gauche représenteraient ainsi 30 % des personnes exprimant des préjugés et acceptant la violence à l’encontre des juifs, soit trois fois plus que la moyenne.
Éducation civique et clarté politique : les conditions d’une réponse républicaine
Face à ce constat, Denis Olivennes a identifié deux axes d’action prioritaires. Le premier est éducatif : il s’agit de déconstruire les amalgames contemporains, de transmettre une histoire longue du judaïsme français et de réaffirmer les principes républicains d’universalité et de citoyenneté. Le second est politique : il appelle à une ligne de clarté face aux forces qui banalisent ou instrumentalisent l’antisémitisme, et plaide pour l’instauration d’un cordon sanitaire républicain.
Plus largement, l’auteur a inscrit cette réflexion dans une analyse critique de la situation politique et économique française, qu’il juge marquée par une difficulté structurelle à conduire les réformes nécessaires. Malgré ce diagnostic, il a exprimé une confiance persistante dans la solidité du modèle républicain français, estimant que la mobilisation civique observée après le 7 octobre témoigne de la vitalité de la communauté nationale.
Il a conclu sur une conviction forte : seule l’éducation, entendue au sens large (scolaire, civique et culturelle) permettra de contenir durablement l’antisémitisme et de préserver le pacte républicain.
https://youtu.be/SjmV1A_xb_w?si=MimFVRFypURaXPKl
Jeudi 15 janvier, la librairie Decitre Bellecour recevra Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République. La rencontre donnera lieu à un échange avec le public, suivi d’une séance de dédicaces de son nouvel ouvrage, Civilisation française.
À l’occasion de cette rencontre à la librairie Decitre Bellecour, Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République et ancien ministre de l’Éducation nationale, échangera avec le public autour de ses réflexions sur la société française et les grands enjeux contemporains.
Cette discussion sera suivie d’une séance de dédicaces de son nouvel ouvrage, Civilisation française (Éditions Albin Michel), offrant un moment privilégié pour dialoguer avec l’auteur et permettant d’approfondir les thématiques abordées dans son livre.
Quand ? Jeudi 15 janvier, de 17h00 à 18h30.
Où ? Librairie Decitre, 29 place Bellecour, 69002 LYON.
https://twitter.com/labrepublique/status/2009677250560503958?s=46
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