18/03 : Moyen-Orient : la poudrière. Allons-nous vers un basculement historique ?

par L'équipe du Lab' le 10 mars 2026
Face aux bouleversements qui traversent aujourd’hui le Moyen-Orient, les démocraties occidentales doivent repenser leurs grilles de lecture et leurs stratégies. Pour éclairer ces transformations et analyser les recompositions en cours, le Laboratoire de la République organise une conférence exceptionnelle réunissant Éric Danon, Frédéric Encel et Brice Couturier. Un échange pour comprendre les dynamiques géopolitiques, diplomatiques et historiques qui redessinent la région et interrogent l’avenir de l’ordre international, le 18 mars à 19h15, à la Maison de l’Amérique latine.
Alors que les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient vacillent, cette rencontre réunira trois regards complémentaires pour analyser les mutations en cours. Le Laboratoire de la République reçoit Éric Danon, diplomate et ancien ambassadeur de France en Israël, Frédéric Encel, essayiste et géopolitologue spécialisé du Moyen-Orient, et Brice Couturier, journaliste et éditorialiste. La rencontre sera animée par Rachel grosheitsch, responsable du développement territorial du Laboratoire de la République. À travers leurs analyses diplomatique, stratégique et historique, les intervenants reviendront sur les recompositions régionales à l’œuvre. Entre la possible chute du régime iranien et la transformation rapide des rapports de force, sommes-nous les témoins de la fin d’un cycle ouvert par la révolution iranienne de 1979 ? La conférence décryptera les logiques de puissance à l’œuvre dans la région et les marges de manœuvre des démocraties face aux recompositions en cours. Quand ? Mercredi 18 mars, 19h15 Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, Paris 7e S'inscrire

Roberto Saviano à Assas : la démocratie face au crime organisé

par L'équipe du Lab' le 27 février 2026
Invité à l’Université Panthéon-Assas, l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano a livré une réflexion puissante sur les mutations du crime organisé et les vulnérabilités contemporaines des démocraties. Lors de cette conférence consacrée aux rapports entre mafias et institutions, organisée notamment avec le Laboratoire de la République, il a appelé à défendre l’indépendance de la justice et à repenser les instruments politiques face à des organisations criminelles désormais pleinement intégrées à la mondialisation économique.
Invité à l’Université Panthéon-Assas, l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano a donné une conférence exceptionnelle intitulée La démocratie face au crime organisé. Organisée en partenariat avec le Laboratoire de la République, Italia France Future et Assas Perspectives, la rencontre a été co-modérée par Francesco Martucci et Jean-Michel Blanquer. Devant un amphithéâtre comble, Roberto Saviano a livré une analyse dense et engagée des mutations contemporaines du crime organisé et de leurs effets sur les institutions démocratiques en Europe et à l’échelle internationale. Une parole forgée par l’expérience Né à Naples en 1979, auteur de Gomorra, enquête majeure sur la Camorra napolitaine, Roberto Saviano vit depuis près de vingt ans sous protection policière permanente en raison des menaces qui pèsent sur lui. Cette situation singulière confère à son intervention une force particulière : son analyse du phénomène mafieux est à la fois intellectuelle et existentielle. Revenant sur son dernier ouvrage consacré au juge Giovanni Falcone, assassiné en 1992, il a rappelé combien la lutte contre les mafias se joue d’abord sur le terrain économique et financier. Falcone, a-t-il souligné, avait compris que l’arme décisive résidait dans la traque des flux et des patrimoines plutôt que dans la seule répression pénale. L’indépendance de la justice comme ligne de front Une part importante de la conférence a été consacrée à la comparaison entre les systèmes judiciaires italien et français. Roberto Saviano a insisté sur l’indépendance institutionnelle de la magistrature italienne, qu’il considère comme un rempart essentiel face aux pressions politiques et criminelles. À ses yeux, toute fragilisation du parquet ouvre un espace aux organisations mafieuses, dont la stratégie première consiste à neutraliser les contre-pouvoirs. Au-delà des différences juridiques, il a défendu une idée simple : sans magistrature indépendante, il n’y a pas de démocratie capable de résister durablement aux logiques de corruption. Des mafias transformées, plus diffuses, plus intégrées Roberto Saviano a ensuite décrit la profonde mutation des organisations criminelles. Moins enclines à la violence spectaculaire, celles-ci privilégient désormais l’infiltration économique, la corruption administrative et la délégitimation progressive des institutions. L’objectif n’est plus d’affronter l’État, mais de le contourner, voire de le rendre superflu. Il a évoqué les pratiques d’achat de votes, la personnalisation extrême des promesses politiques et la réduction du débat public à une logique transactionnelle. Les mafias, selon lui, prospèrent là où la confiance collective s’effondre et où la politique se réduit à la gestion d’intérêts particuliers. La conférence a enfin mis en lumière la dimension internationale du crime organisé : circulation des capitaux, zones grises fiscales, affaiblissement des États fragiles. Roberto Saviano a souligné que les mafias exploitent les failles de la mondialisation économique avec une agilité que les démocraties peinent à égaler. Il a également mis en garde contre certaines politiques de sanctions ou de fermeture brutale des marchés, susceptibles de renforcer paradoxalement les réseaux criminels les plus structurés. Défendre la démocratie par la lucidité En conclusion, Roberto Saviano a posé une question centrale : les démocraties européennes disposent-elles encore des instruments intellectuels et institutionnels pour faire face au crime organisé ? Sa réponse tient en un appel à la lucidité : comprendre les mécanismes financiers, défendre l’indépendance de la justice et réhabiliter une ambition réformiste capable de retisser la confiance collective. Plus qu’un diagnostic, son intervention aura constitué une invitation à penser la démocratie non comme un acquis, mais comme un équilibre fragile, à défendre face à des organisations criminelles devenues expertes dans l’art d’en exploiter les failles. https://youtu.be/OsqRjgKX60M

Retour sur la Conversation éclairée : Servane Mouton et Laure Miller

par L'équipe du Lab' le 13 février 2026
Le 10 février à 19h, le Laboratoire de la République organisait une nouvelle Conversation éclairée consacrée à une question devenue centrale dans le débat public : l’impact des écrans sur les enfants et les adolescents. Une rencontre nourrie, à la croisée des enjeux sanitaires, éducatifs et démocratiques.
Des regards croisés pour éclairer un enjeu de société Pour analyser les effets du numérique sur les plus jeunes, cette Conversation éclairée réunissait Serge Lameyton, médecin, neurologue et neurophysiologiste, ainsi que Laure Miller, députée de la Marne et auteure d’une proposition de loi visant à mieux protéger les mineurs face aux réseaux sociaux. Les échanges étaient animés par Chloé Morin et Brice Couturier. Une première victoire législative, mais des limites persistantes Les intervenants sont revenus sur l’interdiction du téléphone portable au collège, instaurée en 2018. Cette mesure fait aujourd’hui consensus : elle constitue une avancée majeure, désormais appliquée dans la grande majorité des établissements.Pour autant, le constat est partagé : le problème ne s’arrête pas aux portes du collège. Une extension de cette interdiction au lycée a été évoquée, au regard des risques sanitaires et cognitifs toujours présents à l’adolescence. Dans cette continuité, une nouvelle proposition de loi, votée en première lecture à l’Assemblée nationale, ambitionne de fixer un cadre plus protecteur. Elle recommande l’absence de smartphone avant 13 ans et l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, en s’inspirant notamment du modèle australien. Des effets sanitaires désormais incontestables Les données scientifiques présentées lors de la discussion confirment l’ampleur des risques. Sur le plan physique, l’exposition prolongée aux écrans entraîne des troubles du sommeil liés à la lumière bleue, un risque accru de myopieet une sédentarité préoccupante, facteur de surpoids, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Sur le plan cognitif et psychologique, les effets sont tout aussi alarmants : troubles de l’attention, retards de langage chez les enfants de moins de trois ans, et augmentation de 4 % du risque de syndrome dépressif liée à l’usage des réseaux sociaux. Les performances scolaires se dégradent nettement au-delà de deux heures d’écran par jour. Plateformes numériques : une responsabilité structurelle Au cœur des échanges, la question du modèle économique des plateformes. Celles-ci reposent sur des techniques issues de la captologie, conçues pour capter l’attention et créer de l’addiction. Les algorithmes de recommandation enferment les utilisateurs dans des contenus toujours plus polarisants, souvent fondés sur les émotions négatives. Résultat : les jeunes passent en moyenne quatre à cinq heures par jour devant les écrans. Une exposition qui accentue également les inégalités sociales, les enfants issus de familles moins informées ou moins disponibles étant davantage livrés à eux-mêmes face au numérique. Un paradoxe éducatif de plus en plus visible Les échanges ont mis en lumière un paradoxe frappant : une hyperprotection des enfants dans l’espace physique, contrastant avec une forme de laisser-faire dans l’univers numérique. Cette contradiction se retrouve aussi à l’école, entre discours de prévention et usages pédagogiques du numérique parfois peu encadrés. Réguler : une nécessité qui divise Pour les défenseurs de la régulation, une règle collective est indispensable face à la puissance des plateformes, afin de dénormaliser des usages nocifs et de protéger la santé publique. La comparaison avec l’interdiction de fumer dans les lieux publics a été régulièrement invoquée. Les objections portent principalement sur le risque de contournement, la liberté individuelle et la responsabilité parentale, avec un clivage politique marqué : une partie de la gauche se montre réservée, à l’exception notable des socialistes. Des pistes concrètes pour agir Plusieurs recommandations pratiques ont émergé : Moins de 6 ans : aucun écran 6 à 13 ans : pas de smartphone personnel 13 à 15 ans : smartphone sans réseaux sociaux À partir de 15 ans : accès à des réseaux sociaux dits « éthiques » À cela s’ajoutent des mesures structurelles : vérification obligatoire de l’âge, contrôle parental facilité, interdiction du scrolling infini, création d’un Conseil national d’éducation aux médias, et une éducation numérique pensée de la crèche à l’EHPAD. Des témoignages révélateurs La Conversation éclairée a également été marquée par des témoignages forts : une institutrice racontant voir des parents récupérer leurs enfants écouteurs aux oreilles, des élèves de CM1 capables de citer de nombreuses activités sans écran, ou encore ce collégien inquiet : « Que vais-je faire sans réseaux sociaux ? »Un témoignage familial a particulièrement résonné : « Mon frère ne joue plus avec moi depuis qu’il a un téléphone. » Une responsabilité collective à construire En conclusion, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une action coordonnée, combinant cadre légal, éducation, régulation des plateformes et responsabilisation collective des parents, de l’école et de la société. Une réflexion appelée à se poursuivre lors de la prochaine université d’été du Laboratoire de la République, les 28 et 29 août prochains. Retrouvez l'intégralité de la Conversation éclairée sur Youtube 👉 https://youtu.be/PhE-vRrTxEc

19/02 : Rencontre avec Boualem Sansal autour de son œuvre

par L'équipe du Lab' le 5 février 2026
À l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif Il était une fois Boualem Sansal (éditions Frantz Fanon), Boualem Sansal sera l’invité d’une soirée de rencontre et d’échanges consacrée à son œuvre, à son parcours et aux grandes questions qui traversent ses écrits. L’événement se tiendra à la Maison de l’Amérique latine, le jeudi 19 février à 19h.
À l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif Il était une fois Boualem Sansal, dirigé par Kamel Bencheikh et publié aux éditions Frantz Fanon, cette soirée propose une rencontre exceptionnelle avec l’écrivain Boualem Sansal. Figure majeure de la littérature contemporaine, Boualem Sansal reviendra sur son parcours intellectuel et littéraire, ainsi que sur les grandes thématiques qui traversent son œuvre : liberté de pensée, mémoire, autoritarisme, identité et responsabilité de l’écrivain. La discussion prendra la forme d’un dialogue ouvert, propice à l’échange et à la réflexion critique. Entrée gratuite, inscription obligatoire sur le lien suivant : Inscription. En raison du nombre de places limité, nous vous demandons de bien vouloir nous informer si, après vous être inscrit, vous ne pouvez être présent. Quand ? Jeudi 19 février, 19h Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris

10/02 : Conversations éclairées Écrans, un désastre sanitaire

par L'équipe du Lab' le 5 février 2026
Brice Couturier et Chloé Morin recevront Servane Mouton, neurologue et auteure de Écrans, un désastre sanitaire, ainsi que Laure Miller, députée de la Marne, pour une conversation consacrée aux risques liés à l’exposition des mineurs aux écrans et aux réseaux sociaux. La soirée aura lieu à la Maison de l’Amérique latine, le mardi 10 février, à 19h.
À l’heure où l’exposition des mineurs aux écrans et aux réseaux sociaux suscite une inquiétude croissante, le Laboratoire de la République propose d’éclairer les risques sanitaires, cognitifs et psychologiques liés aux usages numériques des plus jeunes. Servane Mouton, neurologue, co-présidente de la commission sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans et autrice de Écrans, un désastre sanitaire, analysera les effets d’une exposition excessive aux écrans et alertera sur ses conséquences à long terme. Cette conversation sera également l’occasion d’un échange avec Laure Miller, députée de la Marne, rapporteure de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs et de la proposition de loi Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux. Ensemble, elles aborderont les réponses politiques et législatives à apporter face à ces nouveaux défis. La rencontre sera animée par Brice Couturier et Chloé Morin. Entrée gratuite, inscription obligatoire sur le lien suivant : Inscription. En raison du nombre de places limité, nous vous demandons de bien vouloir nous informer si, après vous être inscrit, vous ne pouvez être présent. Échanges suivis d’un temps de discussion avec le public Quand ? Mardi 10 février, 19h00 Où ? Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris

Retour sur la Conversation éclairée de Denis Olivennes

par L'équipe du Lab' le 15 janvier 2026
Le 8 janvier 2026, le Laboratoire de la République a accueilli Denis Olivennes à l’occasion d’une Conversation éclairée consacrée à son dernier ouvrage, le Dictionnaire amoureux des Juifs de France. Animée par Brice Couturier, cette conférence a donné lieu à un échange approfondi sur l’histoire des Juifs de France, la singularité du modèle républicain français et les mutations contemporaines de l’antisémitisme, dans un contexte marqué par les événements du 7 octobre et la montée des tensions antijuives.
Ancien directeur général de Canal+, PDG de la FNAC, du Nouvel Observateur et d’Europe 1, directeur général de Libération, Denis Olivennes est aujourd’hui président d’Editis. Le pari républicain français : intégrer sans effacer les identités Denis Olivennes a ouvert la discussion en revenant sur la genèse de son Dictionnaire amoureux des Juifs de France. Il y rappelle son histoire familiale, celle d’une famille de juifs allemands sauvée en 1938 grâce à l’action de Marx Dormoy, ministre socialiste de l’Intérieur, qui permit l’entrée en France de juifs et d’antinazis. Plus récemment, il a souligné combien cet ouvrage est né du choc du 7 octobre et de la montée contemporaine de l’antisémitisme. Les dernières années ont, selon lui, révélé une méconnaissance profonde de l’histoire des Juifs de France, pourtant indissociable de l’histoire nationale. L’ouvrage identifie au moins cinq grandes familles de Juifs de France, présentes sur le territoire depuis près de deux mille ans, notamment en Provence dès le Ier siècle, en Alsace à partir du IXᵉ siècle, ou encore à Bordeaux depuis le XVIᵉ siècle. Denis Olivennes a rappelé le caractère fondateur de l’émancipation des juifs par la Révolution française, qui permit en 1791 aux juifs de devenir citoyens de plein droit sans renoncer à leur identité religieuse. Ce choix républicain, résumé par la formule de Clermont-Tonnerre (« tout aux juifs en tant qu’individus et rien en tant que nation ») constitue, selon lui, une singularité française. Contrairement aux modèles britannique, fondé sur le multiculturalisme, ou allemand, structuré autour d’une conception ethno-nationale, la République française repose sur le « droit à l’indifférence » plutôt que sur le droit à la différence, reconnaissant des citoyens avant toute appartenance communautaire. Cette singularité se retrouve dans les trajectoires de grandes figures évoquées dans l’ouvrage, telles que Georges Mandel ou Marc Bloch, dont l’attachement indéfectible à la France illustre la possibilité d’une intégration républicaine exigeante, et non assimilationniste. Antisémitisme : héritages historiques et mutations contemporaines Si l’affaire Dreyfus constitue un moment majeur de l’antisémitisme en France, Denis Olivennes souligne que ce qui distingue fondamentalement le cas français n’est pas la montée de l’antisémitisme (alors présente dans toute l’Europe) mais le fait que Charles Péguy, Jean Jaurès et Émile Zola se soient dressés aux côtés de Bernard Lazare et Léon Blum pour défendre un capitaine juif, et qu’ils aient finalement triomphé de l’appareil d’État et de l’armée. L’auteur est également revenu sur le rôle historique de l’Église catholique, marquée par une « théologie négative » selon laquelle les juifs devaient continuer à exister comme témoins de leur refus du Messie. Cette doctrine ambivalente a nourri à la fois des persécutions et, paradoxalement, des formes de protection. Denis Olivennes a souligné le caractère décisif du concile Vatican II, qui permit à l’Église de rompre avec cet « enseignement du mépris », notamment sous l’influence de l’historien Jules Isaac. Il a ensuite proposé une lecture historique de l’antisémitisme, distinguant plusieurs formes successives : l’antijudaïsme chrétien (les juifs comme peuple déicide), dont l’Église s’est progressivement purgée ; l’antijudaïsme socialiste du XIXᵉ siècle (Fourier, Proudhon, Marx), dont la gauche s’est affranchie à travers l’affaire Dreyfus ; l’antisémitisme racial porté par le nazisme ; et enfin un antisémitisme contemporain, apparu depuis une vingtaine d’années, fondé sur l’équation « Israël = génocidaire = juif ». Les données issues de l’enquête Radiographie de l’antisémitisme 2024 (IFOP pour la Fondation pour l’innovation politique) confirment à la fois la persistance d’un noyau dur de personnes exprimant des préjugés antisémites et acceptant la violence, et l’existence d’une majorité de Français refusant l’antisémitisme et toute forme de violence. Elles mettent également en lumière des disparités marquées selon les milieux sociaux et politiques : les électeurs d’extrême gauche représenteraient ainsi 30 % des personnes exprimant des préjugés et acceptant la violence à l’encontre des juifs, soit trois fois plus que la moyenne. Éducation civique et clarté politique : les conditions d’une réponse républicaine Face à ce constat, Denis Olivennes a identifié deux axes d’action prioritaires. Le premier est éducatif : il s’agit de déconstruire les amalgames contemporains, de transmettre une histoire longue du judaïsme français et de réaffirmer les principes républicains d’universalité et de citoyenneté. Le second est politique : il appelle à une ligne de clarté face aux forces qui banalisent ou instrumentalisent l’antisémitisme, et plaide pour l’instauration d’un cordon sanitaire républicain. Plus largement, l’auteur a inscrit cette réflexion dans une analyse critique de la situation politique et économique française, qu’il juge marquée par une difficulté structurelle à conduire les réformes nécessaires. Malgré ce diagnostic, il a exprimé une confiance persistante dans la solidité du modèle républicain français, estimant que la mobilisation civique observée après le 7 octobre témoigne de la vitalité de la communauté nationale. Il a conclu sur une conviction forte : seule l’éducation, entendue au sens large (scolaire, civique et culturelle) permettra de contenir durablement l’antisémitisme et de préserver le pacte républicain. https://youtu.be/SjmV1A_xb_w?si=MimFVRFypURaXPKl

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